Appel national à mobilisation étudiante

Nous retransmettons à titre informatif cet appel. Dans les grandes lignes, nous nous y rallions. Nous apportons un bémol cependant à l’absence de référence à la question des organisations syndicales et politiques. En effet, les organisations de lutte, sous toutes leurs formes, ont joué et jouent un rôle fondamental dans la défense des travailleurs et des travailleuses, des étudiants et étudiantes, ainsi que des précaires et privé.e.s d’emploi.

L’emploi du terme avant-garde est parfois une déformation, qui tend à confondre les dérives opportunistes ou autoritaristes qui peuvent exister avec le besoin d’un noyau dur combatif. Non seulement ses dérives ne sont pas exclusives aux organisations, les groupes informels les pratiquent parfois même plus encore, mais cette formulation tend à nier la nécessité d’avancer politique et de progresser idéologiquement pour être en mesure de battre le capitalisme.

L’UCL appelle à ce que les étudiants et étudiantes participent à cette lutte, mais rejoignent également les organisations, les syndicats et les collectifs combatifs qui organisent celle-ci et qui lui donneront des chances de victoire.

A ce propos, nous considérons que l’attitude de la présidence de Lyon II est significative. La présence policière et la présence de groupes de sécurité sont une illustration de l’impasse dans laquelle celle-ci s’est piégée. Nous ne pensons pas que l’équipe présidentielle de l’université Lyon II soit une bande de bandits narquois qui ricanent devant les charges policières. Nous pensons qu’elle a opté pour une politique classique du “moindre mal” depuis sa nomination. Cette politique du “moindre mal” est typique de la faillite du réformisme : elle conduit à exécuter à reculons les directives du ministère et de l’Etat. Partant du principe qu’il faut mieux que ce soit eux qui le fasse plus qu’un autre plus dur, cette direction universitaire choisit de ne pas se placer en rupture avec les donneurs d’ordres. Mais, à reculons ou non, cette exécution est faite néanmoins. Répression de “gauche” ou de “droite”, lorsque les ordres sont ceux des capitalistes, la différence n’est guère palpable. Si la direction de l’université Lyon II veut vraiment agir comme la force “de gauche” qu’elle dit être : qu’elle démissionne. Rien n’est possible sinon, hormis finir par envoyer la police sur ses propres étudiants et étudiantes.

L’UCL

Nous étudiantes et étudiants de Lyon, appelons à une mobilisation générale pour nos droits, contre la précarité, et afin de faire honneur aux convictions de notre camarade et ami qui a tenté de se suicider.

À celles et ceux qui n’en peuvent plus. À celles et ceux qui peuvent encore mais en ont assez. À celles et ceux qui hésitent. Et à celles et ceux qui veulent bien nous entendre et nous comprendre.

Il y a une semaine, un camarade et ami s’est immolé devant les bureaux du CROUS. Souffrant de son extrême précarité il a décidé d’attaquer le CROUS qui lui a enlevé ses bourses. Cependant, il est la démonstration même de l’extrême précarité dans laquelle vivent certain.e.s étudiant.e.s. Sa lettre en est le catalyseur : il accuse l’Etat de ne pas réussir à subvenir aux besoins premiers des étudiant.e.s, il accuse le fascisme de créer des illusions mais surtout il appelle à ce que la lutte continue et que nous nous battions. Alors oui, définitivement, son geste est éminemment politique.

Parent.e.s, enseignant.e.s, étudiant.e.s doivent entendre et comprendre notre détresse, notre souffrance, et donc comprendre que nous sommes déterminé.e.s, puisque condamnés à « survivre » pour reprendre les mots de notre camarade. Le dialogue n’existe plus, quoique nous tentons encore de nous exprimer. Il est donc temps de prendre position et de tenir pour sortir de l’invisibilité dans laquelle nous, toutes et tous, étudiant.e.s, enseignant.e.s, et membres de cette société avons été plongés.

La situation devient insupportable alors, pour que notre camarade ne subisse pas cette violente indifférence, et pour honorer ses convictions, nos convictions, agissons. Faisons monter ensemble la pression. Car la précarité nous touche toutes et tous. Car nous sommes toutes et tous légitimes à agir, nous qui souffrons.

Dès la semaine prochaine, des actions de soutien auront lieu à Lyon. Aussi, nous appelons chacun et chacune à se mobiliser pour nos droits, pour l’amélioration de nos conditions de vie, et pour celles et ceux qui viennent après nous, aussi. Nous demandons le retrait de la loi ORE, de la loi d’augmentation des frais d’inscription pour les étudiant.e.s étranger.ère.s, des logements salubres et accessibles (avec un plafonnement des loyers) pour tou.te.s, ainsi que le salaire à vie.

Réquisitionnez des espaces publics pour rendre visible et audible notre contestation. Occupez les salles et amphithéâtres pour créer des espaces continus de discussions, et d’échanges. Bloquez vos universités car c’est notre unique droit de grève.

Nous rappelons que la lutte à la fac, ainsi que l’accès aux études supérieures, sont des privilèges que certaines personnes précaires ne possèdent pas. En effet, en tant qu’étudiant.es nous ne prétendons pas être les avant gardistes de la lutte mais nous nous situons seulement dans une continuité de mouvements sociaux et d’émeutes. Nous appelons donc à rejoindre toutes les actions de solidarité organisées dans vos villes respectives. Depuis 50 ans de multiples corps de métiers et autres personnes s’organisent et se mobilisent : luttes anti-racistes, contre l’exploitation des ouvrier.ères, contre l’homophobie et la transphobie, contre l’islamophobie ambiante, contre la présence policière dans les banlieues. Il est temps que les étudiant.e.s les rejoignent. Ne restons pas fermé.e.s, ouvrons nous à tout type de lutte et de solidarité.

Étudiant.e.s de toute la France vous disposez de vos propres forces de pression, incarnez vos propres initiatives. L’avant-garde n’existe pas.

Vive le socialisme. Vive l’autogestion. Vive la sécu.

Les étudiant.e.s de Lyon 2, Lyon 3, Sciences Po, Ens de Lyon

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