Qui sommes-nous ?

Notre organisation


L’Unité communiste de Lyon a été créée en février 2016. Elle est devenue Unité communiste (UC) en juin 2020, à l’occasion de notre premier bilan collectif à valeur de congrès, et de notre fusion avec Éco défense — une organisation créée en mars 2019 se revendiquant de l’écologie révolutionnaire et prolétarienne.

C’est à cette occasion que nous avons évalué nos premières années d’existence et renié un certain idéalisme pour repenser notre raison d’exister et devenir ce que nous sommes actuellement. Cette synthèse se fit tant au niveau pratique, théorique et idéologique, et ce à l’issue d’importants débats et d’une restructuration interne. C’est pourquoi nous reconsidérons rétrospectivement l’union entre les camarades de l’Unité communiste de Lyon et de Éco défense comme une fusion. Unité communiste revendique cette double continuité.

Notre organisation est née à Lyon, mais elle ne se circonscrit pas à une ville. Nous ambitionnons de continuer à nous développer partout en France.

International
Nous sommes membres de l’ICOR

En 2017, nous sommes devenus membres des Amis de l’ICOR, en 2018, membres à part entière de la Coordination internationale des partis et organisations révolutionnaires (ICOR). Avec nos camarades de l’Union prolétarienne marxiste-léniniste (UPML), nous sommes les deux organisations françaises qui participent à cette coordination, dans laquelle nous coopérons à ce titre.

Local
Notre initiative, Renforce ton camp

Nous avons lancé le collectif Drapeau rouge en début 2021 pour porter le mot d’ordre de la solidarité populaire pendant la crise pandémique. Ce premier essai fut immature mais riche d’enseignements. En 2022, nous avons impulsé la création de Renforce ton camp (RTC) avec pour objectif de militer à l’échelle de quartiers à reconstruire une conscience et une solidarité de classe « de la ville à la campagne ». Cependant, même si RTC est effectivement notre initiative, elle reste une organisation autonome politiquement et en pratique.

Pourquoi ?


Nous sommes fondés sur un constat simple et de longue date : il existe aujourd’hui en France un vide politique laissé par l’effondrement et la décadence des organisations communistes se revendiquant de la révolution. La mutation achevée du Parti communiste français (PCF) en parti politique comme les autres, autant dans la forme que dans le fond, en est le plus éclatant exemple. Il a abandonné la transformation radicale du monde en s’intégrant totalement à l’idéologie et aux institutions politiques bourgeoises.

Ce vide ne peut être comblé que par une nouvelle organisation, puissante, capable d’unir et d’organiser les exploités et les opprimés, pour créer une société nouvelle. Son premier but doit être de rendre possible un changement de système politique, de cette démocratie qui camoufle mal la dictature des plus riches, vers notre démocratie : par et pour celles et ceux qui font notre société en produisant toutes ses richesses, sans celles et ceux qui se les accaparent. Ce changement, nous pensons qu’il ne peut advenir que sous une forme révolutionnaire, avec un contenu de classe, c’est-à-dire communiste.

Le 21e  siècle, nous en sommes convaincus, n’est pas et ne sera pas un siècle pacifié, mais plutôt la fin d’une éphémère accalmie. C’est la dissipation d’une courte illusion qui a existé dans nos pays riches, avec la fin de la Guerre froide, la victoire éclatante mais factice du capitalisme, et l’avènement du néolibéralisme sur les ruines du consensus keynésien.

Un avenir pour le XXIe siècle

Le communisme est souvent accusé d’être une idéologie morte, la relique politique d’un échec. Nous pensons l’inverse : au contraire, nous avons trouvé dans le communisme une destination et les moyens de changer le cours du 21e  siècle, pour répondre au défi qu’il nous soumet, vers un autre futur.

Poser la question du communisme, c’est selon nous poser celle de la prise du pouvoir et de la lutte idéologique en ce sens. Cela implique le problème épineux de l’organisation politique de classe et de combat, et de sa construction. Autant d’interrogations à savoir poser et à oser résoudre.

La révolution n’est pas un caprice ou un rêve, ce n’est que la seule option raisonnable, car la seule qui rende possible une alternative. Or, cette alternative au système capitaliste-impérialiste n’est pas une interrogation d’ordre scolastique ou morale, c’est une fatalité qui s’impose à toutes et tous : soit l’on brise la machine, soit l’on meurt avec elle. Aujourd’hui est décisif : allons-nous nous unir derrière la cause du prolétariat, ou dépérir sur une terre brûlée, stagnant dans l’épuisement des ressources ?

Le communisme est — avec la même actualité maintenant qu’il y a 150 ans — une nécessité à la libération des travailleuses et travailleurs de tous les pays, et avec eux, de l’humanité tout entière. Au 3e millénaire, il est également devenu une condition impérative à la survie de nos sociétés. Le dilemme se posait et s’impose encore à nous : socialisme ou barbarie ?

Nos objectifs en trois points

L’unité des communistes est à la fois ce que nous essayons d’être et de faire. C’est notre stratégie pour la reconstruction du Parti et de l’Internationale communiste. Ces objectifs sont les premiers de notre stratégie révolutionnaire, car le Parti et l’Internationale communiste sont les conditions incontournables à la victoire politique du prolétariat et des peuples dominés, et donc de la révolution communiste mondiale. Les trois points ci-dessous constituent l’essence de notre raison d’exister.

Le Parti

La création d’une proto-unité des communistes en France, préfigurant leur unité dans le Parti communiste.

L’Internationale

La création d’une proto-unité internationale des communistes, préfigurant leur unité dans l’Internationale communiste.

Le cadre communiste

La formation de proto-cadres communistes, préfigurant les cadres communistes du Parti et de l’Internationale communiste.

Nos positions


Nous voulons participer à la création d’un Parti et d’une Internationale communiste, et à la formation de communistes professionnels. Sur quelle base ? Comment ? Nos objectifs sont dans la directe continuité de nos 16 lignes de démarcation et principes fondateurs, ci-dessous.

1

Se revendiquer du communisme.

2

Affirmer comme nécessité à l’instauration du communisme la lutte révolutionnaire pour la dictature du prolétariat.

3

Lutter pour la reconstitution d’une opposition extra-parlementaire, vers la reconstruction du Parti.

4

Vouloir mener une lutte idéologique contre l’opportunisme sous toutes ses formes, pour régénérer la théorie et l’idéologie du mouvement communiste.

5

Se prononcer comme unitaire et rejeter le sectarisme d’organisation, sous toutes ses formes et quels que soient ses prétextes, pour œuvrer à la reconstruction du Parti.

6

Être engagé dans les luttes progressistes du peuple, qu’elles soient économiques ou politiques, quelles que soient leurs formes de mobilisations.

7

Ambitionner de créer un cadre de camaraderie sain dans lequel construire sur la durée une formation militante professionnalisante.

8

Posséder un fonctionnement selon le principe de l’accord entre totale liberté dans le débat et totale unité dans l’action.

9

Être fondé sur un consensus politique et sur le libre débat théorique et idéologique.

10

Appliquer la méthode du socialisme scientifique.

11

Défendre la théorie historique du matérialisme dialectique.

12

S’inscrire dans la continuité et dans l’étude de l’histoire du mouvement ouvrier mondial.

13

Considérer que la France est un pays impérialiste, et qu’en tant que tel, il est notre priorité de communiste de la combattre.

14

Être internationaliste et solidaire des luttes des peuples dominés et des travailleuses et travailleurs de tous les pays.

15

Prendre pour évidence que la lutte féministe, ainsi que les luttes d’émancipations LGBTI, font partie des tâches immédiates des communistes.

16

Reconnaître l’écologie comme pleinement constitutive du programme présent et futur des communistes, d’un absolu sérieux.

Vers le combat de classe



Si nous affirmons la nécessité de l’émergence d’un centre national — le Parti communiste — et international — l’Internationale communiste —, nous ne prétendons pas être ceux-ci, ni nous-même ni avec l’ICOR. Nous travaillons en revanche à leur renaissance comme pôle de gravitation des forces, et d’émission d’une direction politico-idéologique, capable de rompre avec la dynamique centrifuge et anarchique, caractéristique de la crise organique du mouvement communiste en France et dans le monde (si d’autres pays ont déjà leur Parti, il n’existe à ce jour pas d’Internationale). La première conclusion à accepter est que ces pôles n’existent pas encore, respectivement ni en France ni dans le monde, et avec elle notre propre impuissance (absolue ou relative) — mais sans aucun pessimisme.

Cette unité, répétons-le, nous sommes conscients de n’en être qu’une étape. Nous voulons la faire toujours par le haut avec toutes celles et ceux, et toutes les organisations, qui sauront partager les bases essentielles qui délimitent le révolutionnaire de l’opportuniste, et s’engager dans un processus unitaire multilatéral. Si nous cherchons à préfigurer ce centre national et international, c’est pour participer à les reconstruire, pas parce que l’on penserait pouvoir le faire seul.

La dégénérescence du mouvement communiste en France (en tant que pays impérialiste), et dans une moindre mesure dans le monde (il n’existe plus ni de dictature du prolétariat ni d’Internationale), n’est ni l’expression d’une impasse historique ni d’un l’échec génétiquement programmé du marxisme. Notre état de faiblesse actuel est la conséquence de la période de décomposition du mouvement ouvrier mondial, qui elle-même ne constitue qu’un reflux dans la tendance historique générale du capitalisme à la révolution prolétarienne mondiale. La situation n’est aujourd’hui peut-être pas révolutionnaire, mais la crise n’est jamais partie et le mouvement ouvrier non plus : l’on aperçoit déjà les prémisses de son retour sur le devant de la scène politique historique.

La fin de la crise du mouvement communiste

La France, et d’autres pays occidentaux, sont engagés depuis les années 80 dans le mouvement néolibéral. Le néolibéralisme est l’offensive bourgeoise contre le consensus keynésien — les acquis sociaux du mouvement ouvrier. C’est un retour progressif du capitalisme à sa forme pré-1918. Il participe à, et est rendu possible par l’actuelle phase de recul contre-révolutionnaire mondiale — les conditions qui ont rendu nécessaire le consensus keynésien ne sont plus remplies.

Le consensus keynésien est un compromis social-impérialiste et pacifiste de classe, adopté progressivement dans les pays dominants post-1918, et généralisé post-1945. Il a été permis par les surprofits de l’impérialisme, et rendu nécessaire par le mouvement communiste mondial, faisant pression sur les bourgeoisies en représentant pour elles un risque existentiel : il a été consenti et autorisé par la bourgeoisie, autant que conquis et imposé par le mouvement ouvrier. Le consensus keynésien est la cause de la crise organique du mouvement communiste dans les pays impérialistes.

Cette crise organique a eu pour conséquence la régression du mouvement communiste jusqu’à la condition sectaire. La condition sectaire est la situation propre à l’immaturité du mouvement communiste : niveaux d’accumulation quantitative faibles, division et absence de centre de direction politico-idéologique, polémiques sans débouchés, instabilité et éphémérité organisationnelles, renfermement identitaire et affinitaire, jonction entre les intellectuels et le mouvement ouvrier inachevée, relations de jeu à somme négative, impuissance politique, etc.

En finir avec le défaitisme

L’étude et la critique du monde ne s’arrêtent pas à nous-même. Reconnaître l’état sectaire de nos structures politiques, c’est-à-dire nos échelles groupusculaires et nos comportements contre-productifs, est un premier constat à poser. Mais dire « le mouvement communiste en France est réduit à une condition sectaire depuis plusieurs décennies » ne peut pas être la conclusion de l’analyse, car ce n’est que l’introduction du problème. Dire cela ne peut pas être non plus la justification d’une capitulation opportuniste, car ce n’est qu’informer de notre situation présente (décrire les choses telles qu’elles sont), et donc de la particularité des tâches qui nous incombent, en tant que révolutionnaire luttant pour la reconstruction du Parti. La condition sectaire n’est ni une fatalité ni éternelle, elle doit être comprise et elle sera dépassée.

Avec la fin du consensus keynésien amené par l’avènement du néolibéralisme, c’est aussi celle de la condition sectaire du mouvement communiste en France (et ailleurs) qui se présage. Déjà, son accumulation quantitative n’est plus stagnante et devient croissante, les logiques sectaires rentrent en crise, l’on observe une convergence centralisatrice, etc. — c’est la tendance à la reconstruction du Parti communiste. Le mouvement ouvrier s’y reconstitue comme force politique, et y rentre dans une nouvelle phase historique d’offensive révolutionnaire.

Aujourd’hui, en France et dans le monde, les conditions objectives — l’existence matérielle — et subjectives — l’organisation consciente — du prolétariat mondial sont (à leurs niveaux respectifs) de plus en plus révolutionnaires.

Conclusion

Personne ne peut échapper à la question du pouvoir — de la domination et de son renversement. Elle se posera à nouveau, car elle s’imposera à toutes et tous dans les tumultes de notre siècle. L’on en entend déjà les échos qui l’annoncent.

Le projet que nous portons, car il est révolutionnaire, c’est-à-dire radical, ne peut être qu’un projet total. Aucun aspect de la vie ne sera laissé indemne par les transformations de la révolution communiste. C’est un suprématisme, celui des intérêts supérieurs de l’humanité et de sa raison universelle, que porte en lui le prolétariat. Il faut oser lutter vers une telle victoire.

Pour réussir, il faut apprendre, et pour gagner, il faut d’abord échouer. Chaque défaite est une expérience pour notre science de la transformation radicale du monde.