Que viennent faire le M.J.S. ou l’U.N.E.F. dans les mouvements sociaux ?

Que viennent faire le M.J.S. ou l'U.N.E.F. dans les mouvements sociaux ?

 

 

Le Mouvement des Jeunes Socialiste, organisation de jeunesse du parti socialiste, et le syndicat Union Nationale des Etudiants Francais, discrets depuis qu’ils ont quitté l’opposition pour rejoindre le P.S. à l’Elysée, font un retour dans les mouvements sociaux contre la loi El Khomri.

 

Le retour de ces organisation, et leur participation à la lutte contre la réforme visant à liquider le code du travail, est révélateur. Il est révélateur du fait que certaines fractions, certains courants du Parti Socialiste, ont décidé de prendre de la distance vis-à-vis de la ligne Hollande, et qu’ils semblent vouloir se placer dans une posture oppositionelle.

 

Cela pourrait apparraître comme une bonne nouvelle, comme la démonstration que le PS reprend ses esprits et qu’il revient dans le camp de travailleurs. Qu’ils faut donc les acceuillir comme des frères et des sœurs de lutte dans les rangs de la mobilisation, et qu’ils sont des alliés.

 

Mais cela nous aménerait bien au devant d’une fâcheuse déconvenue. Leurs objectifs ne sont pas ceux des travailleurs, ils sont ceux de manœuvres d’interêt au sein de l’appareil du Parti Socialiste. Leur participation à la lutte suit uniquement deux objectifs clairs et simples : Servir la lutte de tendances au sein du PS, mais également de lui redonner une virginité et une image de champion de la lutte sociale, en prévision des éléctions.

 

Le Parti Socialiste, un hydre à multiples visages.

 

Le Parti Socialiste à une longue tradition de fonctionnement chaotique, rythmé par les affrontements de tendances, de fractions, de cliques. Cela ne l’empêche en rien de fonctionner, étant donné qu’il à jeté par dessus bord toute idéologie cohérente pour se vautrer dans l’opportunisme.

 

Aire de jeu de différentes factions, le Parti Socialiste est capable de tolérer une opposition interne, une dissidence, et même de tolérer qu’elle s’exprime publiquement sur les médias. L’exemple de Gérard Filoche, « ancien trotskiste » passé au sein du PS -ce n’est pas le seul, loin s’en faut- est éloquent. Il s’exprime avec violence contre son propre parti, sans en être exclu, ni sans le quitter. Cela serait intolérable dans un parti qui dispose d’une discipline et d’une physionomie politique, cependant, au sein du PS, cela se traduit par un simple haussement d’épaule.

 

Pourquoi ? La raison est simple. Capable, par sa structure lâche, d’être à la fois dans le bureau des patrons et dans la rue, le PS se donne ainsi les moyens de pouvoir incarner à la fois la ligne libérale au pouvoir, à la fois la ligne de lutte contre le terrorisme, mais également son opposé complet, tempêtant contre la loi El Khomri, et étant capable de voter contre ses propres décisions.

 

En étant présent à la fois au pouvoir, au gouvernement, mais également dans la rue, le Parti Socialiste cherche à brouiller les pistes, et à ratisser large. Tant que les questions politiques semblent se résumer à des questions de personnes et non d’idéologie, on peut substituer une Aubry à un Hollande, et ainsi faire croire que la dérive droitière est jugulée.

 

L’UNEF, le MJS, Filoche…etc. sont des rabatteurs pour le PS. Rien de plus. Ils servent à donner l’impression que si nous sommes d’accord avec la loi, nous sommes d’accord avec le PS, et que si nous sommes contre, nous pouvons aussi rejoindre -et voter- PS.

 

Retrouvant ainsi une virginité électorale, le PS espère, en jouant sur tous les tableaux, ne pas être balayé complètement par les échéances électorales à venir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Juguler la lutte pour servir les interêts d’une clique.

 

Ces organisations ont un agenda bien précis, et des objectifs tout aussi précis. Pour eux, le mouvement ne doit servir QUE ces deux objectifs. Peut importe que la loi soit votée ou non, leurs promesses de la « vider de son contenu », ou de l’amender seront honorées si jamais ils sont réélus. Tout comme François Hollande parlait avec passion contre le CPE en 2006, tout en mettant pire en place.

 

Donc la lutte ne doit pas se politiser, pour eux, doit rester cantonnée à une tribune où leurs orateurs peuvent briller. Cela se voit dans l’appel signé par les organisations de jeunesse, où une simple journée d’action leur paraît suffisante. En effet, elle doit rester l’occasion d’une démonstration de force de leurs organisation, manifestant contre leur propre parti.

 

Or, ce n’est nullement l’interêt de la lutte des travailleurs. Nous devons ne jamais l’oublier, face aux sabotages qu’ils mettront en œuvre pour cantonner cette mobilisation à un cadre parfaitement encadré par leurs soins.

 

Pour nous, la lutte à laquelle nous devons nous préparer est une lutte sur de multiples fronts, de longue durée. Avec la crise du capitalisme, la peur à gagné le patronat. Face à la concurrence de plus en plus aigue, ils montrent une volonté de fer pour pouvoir augmenter l’exploitation des travailleurs en les pressant jusqu’au bout. Face à cette volonté de fer, nous devons être en mesure de répondre.

 

Cette réponse devra forcément dépasser le cadre syndical, devenir une réponse politique. Le capitalisme n’est pas amendable, il doit être détruit !

 

Nous devons nous préparer à une lutte de longue durée !

 

Nous ne voulons pas être les marchepieds électoraux du P.S. ou de quiconque !

 

PS et ses larbins, hors de nos luttes !
 

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