Notre intervention au rassemblement antifasciste.

Nous avons, parmi d’autres, pris la parole durant la rassemblement antifasciste de Lyon. Nous saluons son succès et la présence d’un large panel d’organisations. Nous saluons la solidarité qui s’est exprimée, et nous appelons à la maintenir le plus largement possible.

Nous exprimons notre solidarité envers les militants qui ont été agressés par les fascistes en maraude. Une nouvelle fois, Lyon est l’épicentre de la réaction. Une nouvelle fois, les pentes de Croix-Rousse sont le terrain d’affrontement, de raids. Une nouvelle fois, c’est la Plume Noire qui est touchée -ce n’est pas un hasard  !

Lyon, ville bourgeoise, ville d’Eglise, est un havre de paix pour ces militants de la haine. Sous la mairie PS puis LREM de Gérard Collomb, les fascistes n’ont eu de cesse que de prospérer. Ils ont été couvés, chéris, dorlotés. Pendant ce temps, la répression n’a fait que s’abattre sur les militants et les militantes progressistes et révolutionnaires. Aujourd’hui des voix s’élèvent pour demander que la nouvelle mairie cesse ce jeu criminel.

Nous ne faisons pas de procès d’intention à la nouvelle mairie de Lyon. Nous ne pensons pas qu’elle partage les même trésors de tolérance pour les fascistes que ceux qu’ont avoir pu l’ancienne équipe. Mais, pourtant, les locaux sont toujours ouvert, les fascistes sont toujours là, et rien ne change, ou, du moins, pas dans le bon sens.

Il ne s’agit donc pas de pointer la mairie du doigt en disant «  c’est de votre faute  », ou «  agissez  ». Nous ne savons pas si elle le veut. Et si elle le veut, elle ne peut probablement pas le faire. Qu’elle le veuille ou non, la partie se joue ailleurs.

La réalité est terrible  : ce n’est pas le remous de surface de la politique politicienne qui protège les fascistes, mais bien la structure du système en tant que tel. L’origine de classe de ces militants, leur intégration dans un milieu bourgeois, leur projet politique qui renforce l’ordre et l’exploitation… tout concourt à ce qu’ils soient une option dans la main des exploiteurs. Et donc des éléments de son système. Cela fait que, bien qu’il soit formellement interdit d’être fasciste ou néo-nazi, rien ne les entravent. Il suffit de voir le verdict du procès de Génération Identitaire pour s’en rendre compte. A l’inverse, bien qu’il soit formellement légal d’être anarchiste, communiste, syndicaliste, nous savons tous à quelles difficultés cela nous mène.

Un vent mauvais souffle. Il gonfle les voiles brunes des fascistes. Ils sont portés par le vent de la crise, le vent de la guerre, le vent de la misère. Si les petits fascistes lyonnais ne sont pas aux portes du pouvoir, leurs idées s’y épanouissent déjà. Le racisme d’État, la discrimination, le fichage, la répression, le saccage des droits sociaux, le bellicisme et l’embrigadement fraient leur chemin. En fait d’antisystème, ils en sont les gardiens, les prétoriens.

Il y a ceux qui sont les architectes. Ceux qui jouent cyniquement la carte de la haine, soit pour obtenir un pouvoir sans limite pour leur classe, soit parfois pitoyablement, pour quelques sièges d’élus, comme Manuel Valls.

Et il y a ceux qui y croient. Ceux qui, désespérés, épouvantés, par la marche du monde, ne voient pas d’autre solution que dans le fascisme. Qui pensent que la violence de la société, la misère, le malheur, les souffrances, seront balayées par l’ordre nouveau.

A ceeux-là nous disons  : ne soyez pas dupes. Ceux qui se battent pour mettre fin à la misère, à la violence, à la corruption, à tous les maux, sont ici. Ce sont les bannières rouges, noires, rouges et noires, qui portent, dans le monde entier, l’espoir, la fin de l’oppression, la liberté. En fait de défendre le peuple, en fait de défendre les Français et les Françaises, les fascistes les livrent pieds et poings liés – divisés par les haines – à leurs premiers bourreaux  : les exploiteurs «  bien de chez nous  », les Bernard Arnault, les Lagardère, les Niels, les Mulliers… Est-ce cela leur libération  ? En fait de combattre l’obscurantisme, ils le nourrissent, s’en délectent  : et pour cause  ! Qu’est ce qui différentie leur programme de celui des fascistes de Daech  ?

L’antifascisme se fait sans cesse une nécessité plus grande. Les différentes formes de celui-ci, en fonction des courants, en fonction des stratégies, ne sont pas incompatibles. Au contraire, elles s’additionnent, se mutualisent, couvrent toujours plus d’espace.

Nous avons besoin d’unité populaire,

nous avons besoin de solidarité,

nous avons besoin de militantes et de militants comme ceux que les fascistes haïssent.

Nous avons besoin de gagner  !

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