Interdiction de la manifestation antifasciste et anticapitaliste. Un coup de poignard.

Communiqué de l’Unité Communiste de Lyon.

La manifestation internationale antifasciste et anticapitaliste du 17 décembre tombe sous le coup d’une interdiction.

L’Unité Communiste de Lyon, signataire de l’appel à la manifestation internationale antifasciste et anticapitaliste, dénonce l’interdiction faite de celle-ci par la préfecture. Elle considère que l’attitude de la préfecture confine à la censure pure et simple de l’expression politique de l’antifascisme et de l’anticapitalisme. La paranoïa induite par l’état d’urgence permanent permet, aujourd’hui, ne n’autoriser que les mobilisations qui ne remettent fondamentalement pas en cause l’autorité de l’Etat et de la bourgeoisie.

Pourtant, la manifestation du 17 décembre était sous le signe de l’ouverture au plus large nombre. Les organisateurs et organisatrices ayant exprimé leur volonté à rassembler largement sous la bannière de l’antifascisme populaire, de masse. Ainsi, plusieurs échanges ont eu lieu en amont pour signifier largement et publiquement le fait que celle-ci serait sous la bannière de « l’antifascisme et l’anticapitalisme sont l’affaire de toutes et tous ! »

Mais la préfecture, elle ne fut pas la seule, a agit sous l’angle du procès d’intention.

Le mardi 12 décembre, les dépositaires de la manifestation se sont vus notifier, par les forces de police l’interdiction de celle-ci.  Les motifs invoqués ont de quoi laisser pantois, tant par leur longueur que par le réquisitoire contre le militantisme qu’ils constituent.

 « Les organisateurs sont connus comme membre des mouvances antifascistes Lyonnaises, connues pour les violences de leurs actions…

Considérant qu[e certains organisateurs] ont été identifiés au sein de la manifestation non déclarée au départ de la place Raspail le 4 février 2017 (…) afin de perturber les trois grands premiers meetings politiques de la campagne présidentielle ;

Considérant que les diverses actions menées en 2017 par la mouvance des ultragauches (sic.) Lyonnaises ont été dénoncées par leurs opposants idéologiques qui ont systématiquement appelé à des contre-manifestations…

S’en suit une longue litanie, citant pêle-mêle la lutte contre le Bastion Social, les oppositions aux manifestations d’extrême-droite… en somme, un véritable inventaire de l’ensemble des actions menées, sur le terrain, par les militants et militantes antifascistes.

D’autres considérations sont invoquées. Noël et les magasins -ouverts le dimanche; le match OL-OM; la menace terroriste… Elles enrobent l’ensemble, mais convergent vers un point final : un refus total de cette manifestation.

Nul doute que si, d’aventure, certains ou certaines tentent leur chance, la police sera prête à imposer une répression terrible. La loi le lui permet. Pour ces raisons, l’Unité Communiste de Lyon, en accord avec les décisions prises par le Collectif Antifasciste de Lyon, considère qu’il est nécessaire d’annuler cette manifestation.

C’est un recul de fort mauvaise grâce, sous la contrainte et la menace de sanctions pénales.

Mais cela n’a pas suffit à la bourgeoisie !

Elle s’en est également pris au festival antifasciste de Lyon, interdisant la première soirée, celle de jeudi 14 décembre. C’est une torpille tirée directement contre l’antifascisme lyonnais. C’est un signal aux antifasciste de l’Etat français : Ils sont directement pris pour cible.

Les fascistes, qui se targuent d’être sans cesse censurés, seront bien en peine de pouvoir déceler ici une sombre connivence entre Etat et antifascistes. Certes ces tristes larbins de la bourgeoisie ont eu affaire, eux aussi à plus d’une interdiction, mais derrière cette pseudo-égalité de traitement, un fait terrible pointe son nez.

Les fascistes ont pignon sur rue. Leur expression xénophobe, raciste, réactionnaire, chauvine et obscurantiste gagne une hégémonie sans cesse plus forte. Tandis que les antifascistes, les anticapitalistes, les syndicalistes, subissent la répression, l’oppression et l’écrasement, il ne se passe pas un seul jour sans que les Valls, les Finklielkraut, les BHL, les Ménard, les Collard, les Wauquiez vomissent leur haine.

Il ne se passe pas un jour sans que leurs propos scandaleux de servent à alimenter un incendie qui couve, qui menace de prendre et de se muer en incendie xénophobe, en tornade de flammes.

Nous, militants et militantes communistes, révolutionnaires, antifascistes, anticapitalistes, n’avons pour nous battre que nos propres forces. Nous n’avons que nos mobilisations pour défendre notre point de vue et pour dresser un rapport de force contre les attaques qui frappent les masses populaires. Nous n’avons pas tout ces relais dont disposent les réactionnaires, les oppresseurs, les exploiteurs. Nous n’avons pas cette hégémonie dont dispose la bourgeoisie.

Il n’existe pas d’égalité entre nous et les forces réactionnaires de la bourgeoisie. Dire « égalité de traitement » signifie écraser la parole et l’action antifasciste, et laisser seule s’exprimer celle de la bourgeoisie et des réactionnaires.

La 17 décembre, à 12h00, le Groupe Antifasciste de Lyon et Environ lance un appel à se rassembler place Raspail, métro Guillotière, pour que flottent les couleurs de l’antifascisme sur la ville de Lyon. L’Unité Communiste de Lyon retransmet cet appel. En revanche, elle invite celles et ceux qui souhaiteraient y participer à la plus grande vigilance ainsi qu’une prudence redoublée vis-à-vis des réactionnaires, mais également vis-à-vis d’une police plus qu’aux aguets.

L’Unité Communiste de Lyon prend acte de cette interdiction, et invite chacun et chacune des concernées à en tirer les conclusions politiques qui se doivent, quant à l’attitude de l’Etat, de la préfecture, de la bourgeoisie.

L’Unité Communiste de Lyon poursuivra, malgré les interdictions, son engagement dans la lutte antifasciste et anticapitaliste.

L’Unité Communiste de Lyon appelle à renforcer et soutenir les organisations et les collectifs anticapitalistes, antifascistes, ainsi qu’a s’organiser de manière autonome des cadres institutionnels.

Leur démocratie n’est pas la nôtre !

La leur est bourgeoise, la nôtre est populaire !

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