il y a 150 ans, la Commune de Paris est proclamée !

Nous publions ici notre 4 page en prévision des commémorations de la Commune de Paris. Vous pouvez aussi le retrouver en PDF.

Ouvrière, ouvrier, employé.e – révoltés contre votre patron, dans la crainte du chômage ; jeune – mobilisé contre l’oppression de l’État, son racisme, ses violences policières ; femme qui vit la double journée de travail et qui combat pour l’émancipation ; personne âgée – isolée, malheureuse et indignée.

Macron vous méprise, son gouvernement vous trompe et sa police vous réprime.

Il y a une alternative au capitalisme comme le peuple de Paris l’a montré il y a 150 ans.

La Commune de Paris a été la première expérience de gouvernement ouvrier. Le peuple a imposé sa politique à la bourgeoisie – mettant fin à la dictature d’une minorité, créant une vraie démocratie directe et populaire pour la grande majorité. Un gouvernement populaire, par le peuple, pour le peuple, contre les ennemis du peuple !

La Commune de 1871 nous appelle aujourd’hui à en finir avec cette bourgeoisie, avec ce système capitaliste qui nous entraîne, jour après jour, dans des crises et catastrophes toujours plus grandes.

La Commune de Paris (1871) – un gouvernement ouvrier !

Au 18e et 19e siècle, le peuple de Paris a été le cœur battant des révolutions. En 1789, en 1830, en février et en juin 1848, en 1851, contre la noblesse, les exploiteurs, contre la monarchie ou la république bourgeoise. Chaque fois victorieux sur les barricades. Chaque fois trompé par les politiciens et alliés bourgeois.

En 1870, Napoléon III perd la guerre contre la Prusse et abdique. Adolphe Thiers, monarchiste dépité, met en place un gouvernement républicain bourgeois. En janvier 1871, ce gouvernement accepte les dures conditions d’armistice – contre la volonté du peuple de Paris. La capitale assiégée par l’ennemi prussien se défend avec la Garde Nationale. Elle ne se rend pas malgré la famine ; elle refuse de tomber dans le piège du nationalisme et du chauvinisme tendu par Thiers, de collaborer avec son soi disant « gouvernement des défenseurs », elle s’oppose à l’armée régulière qui veut la priver de ses canons… De nombreux soldats refusent de réprimer, passent du côté du peuple le 18 mars 1871 et exécutent deux généraux sanguinaires. Le gouvernement bourgeois républicain et le parlement s’enfuient à Versailles, imitant ainsi les rois d’antan.

Dans cette situation et fort de ses expériences, le peuple de Paris prend son destin en main et le pouvoir en proclamant la « Commune de Paris ».

Une politique pour le peuple et par le peuple

En ses 72 jours d’existence, du 18 mars au 28 mai 1871, la Commune de Paris réalisa au profit du peuple ce qu’aucun gouvernement bourgeois ne voulait ni ne pouvait faire. Le prolétariat au pouvoir (femmes et hommes, ouvriers, employés et petits artisans) a changé la vie des 400 000 parisiens.

  • La lutte contre la faim et la pauvreté : cantines populaires et crèches ; soutien aux enfants, légitimes ou non.
  • Finis les loyers exorbitants, ils sont bloqués ; pas d’expulsions ni de sanctions pour ceux qui ne peuvent pas payer ;
  • Le travail de nuit pour les apprentis boulangers est supprimé, les heures supplémentaires interdites ainsi que les amendes sur les salaires.
  • La séparation de l’Église et de l’État ; des écoles professionnelles ouvrent, pour filles et garçons. L’enseignement devient laïque et gratuit pour tous…
  • La Commune c’est aussi l’abolition de la peine de mort. Elle ne sera supprimée à nouveau que 110 ans plus tard.

La Commune de Paris s’attaque à la propriété privée capitaliste. Les biens des bourgeois en fuite sont confisqués, les usines et ateliers abandonnés réquisitionnés, la production est réorganisée et la gestion est remise aux associations ouvrières. C’est un début indispensable de réorganisation et de collectivisation de la production.

Police et armée sont dissoutes et le peuple s’arme au sein de la Garde Nationale !

Toutes ces mesures, en avance sur leur temps étaient véritablement révolutionnaires – elles changeaient la vie des prolétaires et l’ensemble de la société. Les révolutions socialistes du XXe siècle se sont inspirées de son programme et en ont fait leur base. Elle les ont mises largement en œuvre. La Révolution bolchevique en 1917 réalisa ce programme en profondeur : lutte réelle contre le chômage, tout travailleur ayant droit à un travail et à un revenu ; la terre des princes a été donnée aux organisations paysannes, une paix sans annexion proposée.

Si la classe dominante a été obligée d’accepter certaines réformes, souvent on nous fait oublier : On doit ces réformes à l’action collective, tenace du prolétariat et de ses alliés !

La Commune – pionnière pour la libération des femmes

A l’époque, beaucoup de femmes du peuple vivent la misère, parfois forcées à la prostitution. Elles espèrent de la Commune qu’elle leur apporte des droits et libertés nouvelles : aide aux veuves et aux filles-mères. Des écoles professionnelles sont créées tout comme des emplois pour les femmes. La Commune initie le droit au divorce et au mariage libre. Louise Michel, Elisabeth Dimitrieva, Nathalie Lemel et tant d’autres luttent pour une politique d’égalité réelle entre hommes et femmes. Elles s’organisent par exemple dans « l’Union des femmes » qui adhère à ‘l’Internationale’. Les Communardes défendent la Commune au péril de leur vie sur les barricades.

Abolir l’exploitation et l’oppression dans toute la société, cette orientation de la Commune montre aussi la voie de la libération des femmes.

La classe ouvrière au pouvoir !

Suffit-il que nos exploiteurs « veuillent bien discuter » des revendications ? Non, la Commune a imposé son pouvoir, les intérêts des classes populaires en changeant les relations sociales. Elle a été un acte de violence, mais une violence créatrice, libératrice, mettant fin à une violence plus forte encore : celle de l’impitoyable exploitation et oppression.

Aujourd’hui encore…

L’État est l’instrument d’oppression d’une classe sur une autre, aujourd’hui du capital financier et des monopoles multinationaux sur le peuple. Les Gilets jaunes, les syndicalistes combatifs, des militants écologistes ou des droits de l’homme se rebellent aussi bien pour des motifs économiques et contre l’injustice sociale que contre le mensonge de la « démocratie libérale » et contre la dictature des cartels économiques. Lorsque « plus de démocratie » a été réclamée, Macron a mis en place un « grand débat » et la « convention citoyenne » sur l’écologie. De la poudre aux yeux, pour continuer comme avant à détruire nos conditions de vie, de travail et l’environnement, notre base de vie.

La classe dominante préside à un système dépassé qui vit de notre exploitation. Elle n’a plus rien à offrir.

La Commune de 1871, un nouvel État sous contrôle prolétarien

La Commune a renversé le pouvoir d’État bourgeois. Ses membres les plus combatifs et les plus conscients ont formé un nouvel État. Pour que celui-ci reste sous contrôle populaire, « La Commune employa deux moyens infaillibles. Premièrement elle soumit toutes les places d’administration, de la justice et de l’enseignement au choix des intéressés par l’élection au suffrage universel, et, bien entendu, à la révocation à tout moment par ces mêmes intéressés. Et, deuxièmement, elle ne rétribua tous les services, des plus bas aux plus élevés, que par des salaires que percevaient les autres ouvriers. » (dira Friedrich Engels, fondateur de la I° Internationale Ouvrière et rédacteur avec Karl Marx du « Manifeste du Parti Communiste »)

Les Communards ont pu agir parce que le peuple s’est armé. Ils ne voulaient pas d’une armée de métier au dessus du peuple. C’est le Comité Central de la Garde nationale, constitué de citoyens modestes, qui a assuré les premiers pas et l’organisation de la Commune. Depuis la Révolution Française de 1789, le monde du travail n’avait cessé de défendre pied à pied ses intérêts, quel que soit le régime politique. Des organisations indépendantes de solidarité comme de polémique politique, des journaux, des clubs s’étaient créés où les travailleurs les plus modestes se reconnaissaient, s’engageaient et peu à peu définissaient les objectifs et les moyens de leur lutte. La 1er Association Internationale des Travailleurs a fortement contribué à cette clarification et surtout les marxistes ont tiré de l’histoire des leçons indispensables toujours d’actualité.

Depuis 1871, les luttes des travailleurs, en France comme partout dans le monde ailleurs, n’ont pas cessé, mais elles ont été trop souvent mises en échec. Les dominants aimeraient effacer l’histoire des luttes, l’histoire des révolutions, l’histoire vivante du peuple. Pourtant, qu’attendre d’autre d’un État construit, organisé pour créer les conditions les plus favorables à l’exploitation du travail ? Qu’attendre de politiciens bien installés dans leur aire de jeu ? Rien.

L’héritage de la Commune de Paris

… une bonne base pour l’alternative au capitalisme.

La Commune de Paris a frappé de terreur les dominants. Mettant de côté leurs différents, les ennemis d’hier vont s’allier : la Prusse, Thiers et ses sbires reforment des régiments, choisissant des fanatiques réactionnaires, pour mater le peuple de Paris. Entre le 22 et le 28 mai, il bombarde Paris. Après une résistance héroïque, c’est la « semaine sanglante » : 20 à 30 000 communards et communardes seront massacrés ; beaucoup d’autres seront déportés, dont la célèbre Louise Michel.

Des révoltes ont eu lieu aussi à Lyon, Marseille, St Étienne, le Creusot, Narbonne, Toulouse… Des progressistes de tous les pays se sont joints à la Commune comme la russe E. Dimitrieva, membre de l’Internationale, les polonais Dombrovski et Wroblewski insurgés contre le tsarisme sont devenus généraux de la Commune, le hongrois Frankel et des Garibaldiens italiens ont participé à la lutte.

Mais ce grand élan révolutionnaire n’a pas suffi à battre la réaction du fait de l’inexpérience de ses membres devant une situation sans précédent et de l’influence encore minoritaire des communistes par rapport aux pacifistes, anarchistes, réformistes.

L’écrivain Victor Hugo dira de la Commune :« Le cadavre est à terre, mais l’idée est debout »

Face aux multiples crises du capitalisme, à la menace de guerre et à la violence croissante de la dictature bourgeoise, nous mobiliser en tant que prolétaires sur nos objectifs et préparer la révolution socialiste, c’est ce qui nous fait tenir « debout ».

Il faut un Parti révolutionnaire !

Un parti fait pour représenter jusqu’au bout les intérêts de ceux et de celles qui courbent la tête sous l’exploitation féroce – un Parti du camp du peuple. Un parti fort, soudé, constitué de ceux et de celles qui veulent bouleverser la société actuelle injuste, et faire naître le monde nouveau – un Parti Communiste.

Une organisation solidaire, unitaire, dans laquelle les opportunistes, les carriéristes, les oppresseurs n’ont pas de place. La gauche traditionnelle consomme aujourd’hui son échec. De « moindre mal » en « moindre mal », elle recule aujourd’hui au rang de chien de garde du libéralisme et du capitalisme. Les combats restent dispersés. Le rôle d’une organisation révolutionnaire est de les unir, d’en favoriser la synthèse pour un nouveau régime !

Servons-nous de toutes les réalisations progressistes et révolutionnaires dans le monde pour reprendre l’offensive ! Mettons à l’ordre du jour les idées mises en œuvre par la Commune de Paris et par les autres révolutions !

Vive la Commune ! Elle est de toute actualité !

Organisons-nous concrètement pour faire vivre la Commune

Le 18 mars : Rassemblement à Montmartre, Paris.

Le 30 avril : Rassemblement à la Guillotière, Lyon.

du 29 au 30 MAI : Week-end international ICOR à Paris

Pour plus d’informations, rendez vous sur nos sites : Unitecommuniste.fr — UPML.org — ICOR.info

Unité Communiste et Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, membres de l’ICOR

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