Construire la démocratie populaire !

Notre campagne : Construire la démocratie populaire !

La démocratie populaire est au cœur de notre programme. Elle est une démocratie de classe, pour les exploités et exploitées, par eux et elles, et contre leurs bourreaux. Nous la voyons comme l’objectif politique premier de notre organisation  : se doter des moyens d’exercer le pouvoir et d’en priver ceux qui s’en servent pour maintenir leur domination, leur exploitation.

La démocratie actuelle n’en a que la forme.

Nous vivons dans un régime politique dans lequel le pouvoir est exercé par les exploiteurs. La démocratie, la possibilité de pouvoir porter au pouvoir une organisation politique, un candidat, un programme n’est qu’une apparence.

La politique est une affaire de professionnels, elle est une carrière comme une autre, dans laquelle les convictions ne jouent qu’un rôle secondaire. Même s’il existe des exceptions, des personnes honnêtes, sincères, volontaires, la tendance est à l’opportunisme et à la corruption. Tout, dans la démocratie des exploiteurs, est fait pour transformer les idéalistes, les militantes et militants, en serviteurs et en servantes de leurs intérêts. La démocratie locale, villageoise, est elle aussi touchée par ces maux. Les notables imposent leurs désirs, et les mairies sont leurs chambres d’enregistrement.

Les programmes, les promesses faites aux plus pauvres, aux plus précaires, ne sont jamais tenues. Elles n’engagent en rien ceux et celles qui les formulent  : une fois élus, ceux qui sont supposés représenter le peuple font ce qu’ils veulent. Il n’existe ni contrôle, ni surveillance. En revanche, le cumul des mandats, les indemnités, assurent un confort matériel plus que motivant.

Que pourraient ils, que pourraient elles faire  ? Le programme réel, concret, appliqué, est dirigé étroitement, de manière dictatoriale, par les intérêts des exploiteurs, pudiquement nommés «  compétitivité  », «  garantie de la croissance  » ou par les intérêts impérialistes de domination de pans entiers de continents, euphémiquement qualifiés de «  place de la France dans la monde  ».

La nature de l’État.

L’école nous enseigne que l’État est un outil. Qu’il représente une chose neutre, au dessus des conflits, au dessus des classes sociales, et qu’il est chargé de réguler au mieux les conflits dans la société, voire d’oeuvrer au bien commun. Dans les faits, c’est historiquement faux. La construction de l’État moderne est étroitement reliée à la montée en puissance des capitalistes. Ils ont construit, architecturé, organisé un outil puissant, chargé de réguler la société pour que l’exploitation soit la plus pacifique et la plus efficace possible  : en somme la plus rentable et la plus performante. Pour réaliser cette tâche, il s’est doté d’outils juridiques, militaires, policiers qui lui permettent au mieux d’assurer ce fonctionnement. L’État n’est pas un arbitre neutre, il est un outil puissant entre les mains de ses concepteurs. Il ne peut pas être conquis, il doit être mis à terre pour qu’une société nouvelle naisse.

L’État n’est pas démocratique. Il est d’ailleurs doublé d’une technostructure qui lui permet d’agir. Cette technostructure (ministères, hauts fonctionnaires, préfets…) n’est pas élue, elle est cooptée ou nommée. La démocratie n’a aucun droit de regard dessus.

Sans reprendre la théorie – souvent agitée par les conspirationnistes – de l’État profond, il faut cependant reconnaître que la démocratie actuelle reste superficielle. Certaines questions sont bien trop essentielles pour être soumises au vote. La fusion des intérêts des grands groupes industriels capitalistes avec l’État est totale. Celui-ci se fait, au nom de son rôle de garant de la croissance économique, le chargé d’affaire d’Orena, de Total, de Dassault… Il en résulte une politique intérieure, une politique extérieure, une diplomatie et une série d’opérations militaires qui sont là pour les servir.

L’État n’est pas démocratique.

Sur les contrats avec la monarchie absolue d’Arabie Saoudite, sur la mise en place de juntes génocidaires, sur les coups d’États orchestrés pour les intérêts de l’industrie française  : il n’y a aucun vote. La Ve démocratie, née d’un coup d’État, est un outil extrêmement puissant et secret.

Des lors, la démocratie sonne creux. Ses débats n’ont de prise que sur des sujets superficiels  : la redistribution des miettes de l’exploitation et de la surexploitation, quelques investissements cosmétiques (réalisés avec les deniers publics), quelques atténuations ou quelques améliorations. Mais le fond, le fond est non-négociable. Discuter de la production, discuter de la propriété des richesses, revient à une déclaration de guerre. Oser opposer une autre conception, une autre vision, un autre discours revient à se heurter aux officines de propagande des possédantes  : des médias à leur botte, qui répercutent des discours anti-populaires.

Lorsque l’économie va au plus mal, comme dans la situation actuelle, la politique des exploiteurs recherche des diversions. Il faut soit expliquer les malheurs par la faute des autres (la concurrence internationale, les rivalités entre puissances…), soit monter les exploités et les exploitées les uns contre les autres. Instiller la colère, la division, le racisme, la xénophobie, l’intolérance. Rechercher le conflit entre civilisations, entre religions, entre origines ethniques…

Pour certains, pour certaines, ce n’est qu’un jeu. Ce n’est qu’un slogan comme un autre, qui s’agite pour gagner des voix. Pour d’autres, c’est une vraie croyance, une croyance dans la nécessité d’épurer ethniquement ou politiquement la société française. Par opportunisme ou non, ces discours contribuent à instiller la haine, et amènent sur une bien dangereuse pente.

Quelle alternative  ?

Nous ne pensons pas qu’une alternative puisse émerger dans un système truqué. Même une organisation qui respecte les règles du jeu, comme LFI, subit campagnes de calomnie sur campagnes de calomnie dès qu’elle prend de l’ampleur. Les candidatures alternatives (LO, NPA) voire le PCF sont systématiquement exclues de l’accès aux médias. Ceux-ci donnent le ton de la campagne. Or, dans tous les pays capitalistes et en France particulièrement, ils sont la propriété de grands cartels industriels. Ils répercutent – parfois malgré eux – la voix de leurs maîtres.

Par le passé, une candidature comme celle de François Mitterrand avait pu cristalliser les espoirs, faire naître l’idée d’un changement profond de société. Cette candidature n’était pas révolutionnaire. Elle ne promettait que quelques changements superficiels. Pourtant, elle a déclenché la colère la plus profonde des exploiteurs, des capitalistes et de leurs chiens de garde. Une campagne immense a été menée, accusant le PS de vouloir instaurer le totalitarisme, et portant sur le devant de la scène tous les philosophes réactionnaires d’aujourd’hui, (BHL, Finkielkraut, François Furet…). Pourtant, le Parti Socialiste n’a pas révolutionné le monde. Il a soutenu les entreprises pendant la crise, avant de les privatiser à nouveau.

Si jamais une organisation populaire conséquente parvenait à l’emporter, elle serait privée de tous les moyens de mettre en place sa politique, soit par le «  mur de l’argent  », soit par une coup d’État, comme l’ont connu le Frente Popular en Espagne ou Salvador Allende au Chili. La réponse au changement de société est donc différente.

Notre démocratie.

Notre vision de la démocratie n’est pas celle-ci. Elle est une vision stratégique. Ceux qui produisent la réalité des richesses, par leur travail, par leur génie, par leur sueur, doivent décider de leur emploi. Elle est une démocratie inquisitrice, qui dans laquelle le peuple travailleur exerce une souveraineté réelle, pleine, entière. Une souveraineté populaire absolue, dans laquelle le peuple seul, unique force créatrice – avec la nature – des richesses du monde, décide de tout, avec l’intégralité des leviers du pouvoir.

Une démocratie qui puisse poser toutes les questions nécessaires et vitales. Celle de l’organisation du travail, celle de ce que nous produisons, celle des limites du renouvellement de la nature et de la possibilité pour l’humanité d’avancer. Une démocratie qui puisse subordonner l’ensemble de l’activité économique à la satisfaction des besoins matériels et culturels de l’humanité.

Une démocratie vigilante.

Elle est une démocratie vigilante  : elle se doit de lutter contre les tentatives de corruption, de détournement, de restauration. Une démocratie dans laquelle les profiteurs, les exploiteurs, les capitalistes, les marchands de haine n’ont pas droit de cité. Même dépossédé du pouvoir, ces individus, ces catégories sociales, ne sont pas moins agressives. Elles possèdent des compétences, une connaissance de l’administration, de la gestion, de l’art militaire, de la technique qui les rend difficilement remplaçables dans l’immédiat. De plus, elle possède un capital, des liens, des relations entre ses membres, mais également à l’étranger, qui font qu’elles présente une menace constante pour la liberté.

Depuis plusieurs décennies, les organisations qui veulent changer le monde sont sur la défensive. Les années 1990 ont anéanti l’idée d’utopie, d’espoir. Pourtant un monde meilleur est possible. Il est même a portée de main. Ce monde ne demande qu’à naître  : c’est là notre objectif.

Pour nous, les germes de cette démocratie existent.

Elle est dans les assemblées générales, dans les usines, dans les lieux d’éducation, dans les quartiers populaires.

Elle est dans les assemblées générales telles que celles lancées par les Gilets Jaunes. Des assemblées ayant vocation à se doter de leur propre légalité, de leurs outils de contrôle, de leur capacité à non seulement discuter, mais entreprendre, construire. Une démocratie dont chaque portion des masses populaires, des exploités et exploitées, des petits producteurs peut se saisir.

Une démocratie qui rejette la démagogie. Au lieu de réaliser une somme des égoïsmes et des intérêts particuliers, des mesquineries, elle fait émerger un intérêt populaire, suprême, celui d’un monde dans lequel l’exploitation, la répression, seront abolies, dans lequel l’économie sera définie par les possibilités de la Terre, et non par la recherche effrénée, coûteuse, gaspillante, du profit.

Elle est dans la construction progressive d’une opposition extra-parlementaire  : une coalition qui rejette les cadres étriqués de la démocratie capitaliste. Une coalition qui considère que le jeu truqué des urnes n’investit les représentants du peuple d’aucun pouvoir réel. Qui considère donc que la légitimité provient du contact avec les masses populaires, et qui réclame une fraction du pouvoir réel.

Chaque assemblée, chaque lieu de décision qui surimpose sa légitimité à celle du pouvoir central, du pouvoir des exploiteurs, est une fraction de cette démocratie. La lutte est de faire grandir cette légitimité, cette légalité nouvelle, pour qu’elle devienne la légitimité première, principale, hégémonique.

S’organiser pour gagner.

Ceux et celles qui détiennent la réalité du pouvoir, les capitalistes, les exploiteurs, sont parfaitement organisés. Ils défendent leurs intérêts avec une rigueur implacable et avec une efficacité qu’on se doit de reconnaître. Ils ne sont pas neutres au changement, ils y sont résolument hostiles. Un développement en «  tâche d’huile  », petit à petit, se heurtera à leur réaction la plus féroce. Nous avons donc besoin d’être nous aussi organisés, mais également de nous protéger nous même.

Nous voulons construire quelque chose de grand  : le parti des communistes et des sans-partis.

Nous avons besoin d’un outil capable de réunir, de former, d’organiser les exploités et les exploitées. Cet outil, l’UC désire, avec d’autres, le construire. Un outil démocratique dans les débats, unifié dans l’action. Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues, dès qu’elles partagent comme but l’unification du peuple contre ses bourreaux et la volonté de construire la démocratie populaire.

Nous voulons unir internationalement nos forces, pour gagner.

Nous ne voyons pas notre engagement comme de l’humanitaire. Nous voulons la libération mondiale, de la servitude, du colonialisme, de l’impérialisme. Chaque lutte, chaque victoire, contribue à l’avancée de la libération générale des exploités et exploitées. Nous nous inscrivons dans une logique internationaliste  : au sein de l’Alliance Internationale Antifasciste et Anti-impérialiste et de la Coordination Internationale des Organisations Révolutionnaires. Rejoindre UC, c’est participer à la création d’une nouvelle internationale de lutte, capable de gagner des victoires.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *