Épouvantail fasciste, fantasme et réformisme.

Bienvenue dans les années 30 du journal Slate, Le front des affaires s’épaissit, Marine Le Pen menace , du Figaro, mais aussi, dans un autre registre Pourquoi est-ce que plus les gens sont « de gauche », plus ils nient le danger fasciste de Marine Le Pen ? du site internet « Les matérialistes. » Ces articles sont autant d’exemples d’un discours d’actualité, celui de pointer du doigt la menace présentée par le Front National. 

Dans chacun de ces textes, ce qui est mis en avant est le risque de basculement dans un régime fasciste. La conclusion est donc la suivante : votez. Votez utile, même sans conviction, pour faire barrage.

Le corolaire est simple : si vous ne votez pas, vous êtes in fine un agent larvé des fasciste, un idiot utile, en bref, un marchepied de la fascisation.

La logique mise en avant est la suivante : la situation est difficile, depuis la crise de 2008, la population est dégoûtée de la politique, donc cela laisse le champ libre aux fascistes. Même des marxistes, ou prétendus marxistes, font un parallèle entre les années 30 et aujourd’hui.

Pour illustrer ce propos, comment ne pas songer à l’article Lénine, organisateur et chef du Parti Communiste de Russie de la Pravda écrit par Staline en 1920, à l’occasion du 50e anniversaire de Lénine:

 » Il y a deux groupes de marxistes. Tous deux travaillent sous le drapeau du marxisme et se croient « authentiquement » marxistes.

Et cependant ils ne sont pas identiques, loin de là. Bien plus : un abîme les sépare, leurs méthodes de travail étant diamétralement opposées.

Le premier de ces groupes se borne d’ordinaire à reconnaître extérieurement le marxisme, à le proclamer avec solennité.

Ne sachant pas ou ne voulant pas pénétrer l’essence du marxisme, ne sachant pas ou ne voulant pas le faire passer dans la vie, il transforme les principes vivants et révolutionnaires du marxisme en formules mortes, qui ne disent rien.

Il fait reposer son activité, non sur l’expérience, ni sur les enseignements du travail pratique, mais sur des citations de Marx. Indications et directives, il les puise non dans l’analyse de la réalité vivante, mais dans les analogies et les parallèles historiques. »

Voilà justement ce que signifie cette comparaison avec les années 1930. Elle est fausse, historiquement, idéologiquement. Elle est fausse et elle est toxique politiquement.

Des années 30 amputées de leur aspect politique principal : la menace révolutionnaire.

Chacune des comparaisons faites par ces journaux, ces organisations, ces rabatteurs agissant pour la social-démocratie, est escamotée d’une chose essentielle : la question politique, l’influence des idées communistes dans les masses.

Le journal Slate, aimant à se vernir de radicalité pour cacher sa vacuité, explique ceci: Sans la grande dépression née du krach de 1929, la plus grande crise que le capitalisme ait connue, et l’effondrement social et moral qu’elle a créé, les démocraties n’auraient pas été aussi affaiblies. Hitler n’aurait sans doute jamais pris le pouvoir en Allemagne. La Seconde Guerre mondiale n’aurait sans doute pas eu lieu. L’URSS de Staline ne serait sans doute pas devenue la superpuissance qu’elle a été jusqu’en 1989.

Laissons de côté la répugnante petite diatribe anticommuniste de l’auteur. Après tout, Slate a soutenu Finkielkraut contre Nuit Debout, plus rien ne peut nous surprendre de leur part. L’intérêt réside ailleurs, dans une formation malheureuse : Les démocraties n’auraient pas été aussi affaiblies. Hitler n’aurait sans doute jamais pris le pouvoir en Allemagne.

L’auteur, dans ce raisonnement, fait l’impasse sur plusieurs choses : d’une part le jeu vicieux des « démocraties », soufflant sur les braises, excitant Hitler à la guerre contre l’URSS. D’autre part cette négation de la réalité : jamais pris le pouvoir. Hitler n’a ni été élu, ni n’a pris le pouvoir. Il a été appelé à le prendre.

Les « matérialistes », quant à eux écrivent :  » Le résultat est que des gens de centre-gauche, qui ne veulent nullement du socialisme, comme Manuel Valls ou Anne Hidalgo, qui est maire de Paris, comprennent bien mieux qu’il y a une menace terrible d’extrême-droite que les gens les plus à gauche, qui balaient cela d’un revers de la main, criant au chantage.

On risque alors de connaître la même situation qu’en Italie au tout début des années 1920. La grande vague de contestation sociale s’est enlisée, elle n’a rien produit sur aucun plan, ni culturellement, ni politiquement, ni idéologiquement. Et la menace sociale a fait basculer la bourgeoisie hésitante dans les bras de la haute bourgeoisie fasciste. »

Encore une fois, l’escamotage, l’analogie bâclée, toute est mis en œuvre pour instituer ce fameux chantage.

Le choix du fascisme par la bourgeoisie répondait à deux questions: d’une part celle de la situation internationale, où le repartage du monde se ferait par la guerre. Il était donc nécessaire de mobiliser et de préparer les masses à celle-ci.

Le second aspect, l’aspect primordial, était celui d’écraser les menaces révolutionnaires, de juguler les risques d’un fort mouvement de contestation politique, dirigé par un Parti Communiste. L’ombre de l’URSS planait sur les bourgeoisies de tous les pays.

Dans les années 30, le contexte politique et économique avait principalement favorisé la montée des idées révolutionnaires et des forces communistes. C’est pour répondre à cette menace que la bourgeoisie à pris le choix de faire appel aux fascistes.

C’est ainsi que Krupp, Thyssen, I.G. Farben, Blohm & Voss ont financé Hitler pour qu’il renforce son influence anticommuniste et nationaliste dans la population. C’est ainsi qu’en 1933, Paul Hindenburg finit par appeler Hitler à la chancellerie, sous les vivats des grands propriétaires de trusts.

C’est ainsi que Mussolini fut appelé par le Roi d’Italie, pour liquider les grèves d’Italie du Nord.

C’est ainsi que les latifundiaires et l’Eglise à appelé au pouvoir Franco pour qu’il règle son compte à un gouvernement de Frente popular  qui menaçait ses intérêts.

Les schémas se répètent.

C’est ainsi qu’agit la bourgeoisie lorsqu’elle est menacée, c’est pour cela que nous ne sommes pas des réformistes, mais des révolutionnaires.

Aujourd’hui, en France, sommes nous dans cette situation ?

Non.

La bourgeoisie n’est pas en face d’un Parti Communiste puissant, d’organisations qui sont capables de pouvoir présenter une remise en cause, une menace, sur l’ordre défini par les bourgeois et les bourgeoises.

Cela, et c’est bien regrettable, nous ne l’avons pas.

Dans ce cadre là, la bourgeoisie n’a pas besoin d’instruments particuliers pour imposer l’ordre et la discipline dans la population. Ces instruments, elle les a déjà bien en main, ils ne sont nullement débordés par des mobilisations massives, par la constitutions de doubles pouvoirs…etc.

A l’heure actuelle, nous sommes encore à l’ère des cercles, pour les organisations révolutionnaires. Nous sommes un embryon.

Il n’existe pas un camp du peuple suffisamment intimidant pour que, toutes affaires cessantes, la bourgeoisie s’empresse de l’écraser.

Les discours électoraux sont tous des discours qui flattent les projets de la bourgeoisie. Certes, comme le note les « matérialistes », il existe une bourgeoisie libre-échangiste et une protectionniste. C’est l’un des clivages. Il existe des pro-russes et des atlantistes.

Mais il n’existe aucun anticapitaliste, aucun ennemi de la bourgeoisie qui soit en mesure de s’exprimer d’une manière suffisamment influente.

Pourtant, notent la plupart des observateurs, il existe décidemment quelque chose de pourri, de menaçant, dans l’attitude de la bourgeoisie. C’est un fait. Mais il demande à être élucidé.

Les confusion aux service de la capitulation.

L’articles des « matérialistes » note :

«  Ils ne peuvent donc pas comprendre que si l’État passe au service d’une fraction de la haute bourgeoisie en particulier, les conséquences sont innombrables.

Si c’est Marine Le Pen qui gagne les élections présidentielles, par exemple, ce serait un pas en avant vers le fascisme, c’est-à-dire la mise en place d’institutions à vocation terroriste.

Les gens qui pensent être le plus à gauche ne croient pas en ce terrorisme. Pour eux, la France vivrait déjà ce terrorisme. Nous connaîtrions une « austérité » terrible, les policiers seraient tous des violeurs et des assassins, les manifestations seraient déjà sauvagement réprimés.

Partant de là, ils ne peuvent pas reconnaître que c’est faux, que la répression était bien plus grande même au début des années 1990 et encore plus dans les années 1970. Que l’austérité réelle représenterait bien autre chose, que le fascisme interdirait toute structure contestataire en général, afin de généraliser un apolitisme nationaliste. »

Les « matérialistes » ayant apporté leur soutien aux manifestation des policiers, paradoxe intéressant, nous doutons du bien fondé de ces remarques. Cependant, elles soulèvent quelque chose d’intéressant.

Comme le P.C.F., le P.C.F. MLM, que se targue d’être les « matérialistes », commettent bien des oublis.

Entre 1936 et 1991, la bourgeoisie a offert des concessions. Elle n’avait guère le choix. Pour offrir un modus vivendi à la lutte des classes, celle-ci étaient incontournables. Pendant le Front Populaire, où les manifestations, les grèves massives, mais également l’existence de l’URSS rouge inquiétaient lourdement les patrons et les patronnes.

Dans l’après guerre, ou un P.C.F. armé existait, bien qu’il eût -contre l’avis du Kominform- rendu les armes. La menace d’un basculement de l’Etat Français était une chose réelle, concrète. C’est ce qui a justifié l’acceptation du programme de la C.N.R., de la sécurité sociale, du chômage…etc.

Même pendant la Guerre Froide, malgré le déviationnisme du P.C.F. et de l’URSS, les enjeux justifient, là encore, le fait de maintenir ces concessions là. Nous interprétons cela par le fait que la bourgeoisie n’a plus peur du P.C.F. révisionniste, ni de l’URSS, d’une manière stratégique, mais qu’ils sont toujours horrifiés par ce que ces entités représentent aux yeux de la classe ouvrière.

A noter que cela justifie un mouvement en tenaille de la part de la bourgeoisie. D’une part, une relative candeur au niveau des conditions de travail et de vie, mais, de l’autre, une répression féroce et brutale des mouvements révolutionnaires, des manifestations, des troubles politiques.

Beaucoup mordent dedans et oublient totalement la tendance à la paupérisation relative et absolue. La croyance que la capitalisme peut faire ruisseler les richesse, apporter la prospérité, satisfaire les besoins, déboucher « naturellement » vers le socialisme, arrive dans les discours.

C’est la période de la putréfaction idéologique, laquelle a amené bon nombre de « communistes » à défendre le salaire socialisé, à défendre les nationalisations « démocratiques », en bref à renoncer idéologiquement aux fondements du marxisme.

La fin de l’URSS supprime brutalement le besoin de compromis. Il n’existe plus de rivalité géopolitique et idéologique -même déviationniste. Dès lors, l’offensive reprend, d’abord doucement, puis en s’emballant.

C’est ce à quoi nous assistons aujourd’hui :

Premièrement au fait que la bourgeoisie met fin au modus vivendi de la lutte des classes, à la corruption grâce à laquelle elle s’attachait la fidélité de l’aristocratie ouvrière et de la petite bourgeoisie. Elle n’a jamais considéré ces aspects là autrement que comme temporaires. Nous assistons à un capitalisme beaucoup plus agressif qui revient en force. Il ne s’encombre guère de droits sociaux.

Deuxièmement, l’endettement des banques, des ménages et des Etats, produit également des concessions accordées, est devenu un fruit pourri et toxique, qui ronge la solidité nombreux rouages du système capitaliste, et devient menaçant pour sa solidité immédiate -Sans menace directe, le capitalisme se régénérera, à terme.

Troisièmement, l’affaiblissement relatif des impérialismes occidentaux, au profit de la concurrence des BRICS [BRIICS avec l’Indonésie] et de l’émergences de nouveaux acteurs géopolitiques, de nouvelles formes de menaces, à laquelle le format des armées occidentales n’est pas adapté.

Ces trois aspects conjugués donnent la situation actuelle.

Ces trois aspects n’appellent pas à l’apparition d’un fascisme immédiat en France, ni a une dictature ouverte et terroriste.

Ils appellent à un durcissement de l’attitude de la répression, à un durcissement des conditions de travail, de vie, à une paupérisation de plus en plus violente et brutale des travailleurs et des travailleuses.

Cela appelle à une transformation des discours sur la guerre, à un retour de l’embrigadement et des thèses sur le service militaire. Cela appelle à la préparation de la population, en particulier de la jeunesse, à la possible guerre de masse.

Cela appelle donc à un retour, relatif, à un capitalisme pré-première guerre mondiale.

La bourgeoisie a-t-elle besoin du fascisme  pour y parvenir ? Nous en doutons fortement.

Ce durcissement, ce chauvinisme, ces tendances pro-impérialistes sont hégémoniques dans le discours de la présidentielle. Chaque candidat qui aborde les questions politiques défend ces positions. Du social-chauvin Mélenchon à la réactionnaire Le Pen, les discours intègrent tous le « produire français », la « place de la France dans le Monde », ou d’autres thèses du même acabit.

Notons au passage que L.O. et le N.P.A. ne posent pas politiquement les questions, et se contentent d’agir comme des syndicats.

Hormis ceux là, les différences entre les candidats se font sur le dosage de miettes que l’impérialisme livrera aux travailleurs.

La répression féroce, le viol des libertés formelles, l’Etat d’urgence, le plan Vigipirate permanent…etc. Tout ceci n’a nullement besoin de Mme. Le Pen pour exister. Tout ceci, c’est la bourgeoisie, tout en maintenant le jeu démocratique, qui peut le mettre en œuvre, dans la joie et la fraicheur d’une démocratie bourgeoise.

Ce n’est pas le fascisme, c’est la dictature de la bourgeoisie.

Car l’ironie de la chose est là, le fascisme est le miroir de nos succès, de la pression des organisations révolutionnaires sur la bourgeoisie, de sa force. C’est dans cette situation que les organisations fascistes sont appelées au pouvoir, pour réprimer, écraser, massacrer les révolutionnaires.

Nous ne sommes pas en Turquie, où Erdogan arrête tout opposant, muselle, assassine massivement.

Que la bourgeoisie protectionniste soit opposée à la libre échangiste ne suffit pas à justifier le fascisme. A moins que l’une ne prenne les armes contre l’autre, les deux peuvent très bien trouver un modus vivendi légal pour faire concorder leurs intérêts, en fonction des secteurs. Nous ne sommes pas dans un cas de Guerre de Sécession, où deux bourgeoisies US étaient sur un terrain d’antagonisme fort.

Nous restons face à une démocratie bourgeoise, non un fascisme.

Jeu de sémantique ? Non.

Question de stratégie.

Dire « la menace fasciste est devant nous si Mme Le Pen est élue », c’est courber l’échine sous le vent, c’est également dire « il faut voter », « il faut défendre la démocratie bourgeoise et ses valeurs ». C’est un sacrifice intégral de toute indépendance dans une période où, pourtant, la priorité devrait être la construction d’un parti communiste. C’est une manière de crier au loup, de clamer « défendons » au lieu de « attaquons. »

C’est une manière de reculer et d’appeler les travailleurs, les travailleuses, à respecter le jeu de la bourgeoisie. C’est une manière d’occulter le fait que le gouvernement n’est qu’un exécutant de l’agenda de la bourgeoisie.

C’est un renoncement de lâche devant les tâches qui sont devant nous.

Oui, la réaction monte. Elle monte partout.

Oui, les organisations antifascistes doivent être rejointe, renforcées, soutenues par les communistes.

Oui, elles doivent être un front avec les forces progressistes, un ciment de l’unité d’action, de la lutte tant contre les fascistes qu’un outil pour défendre et propager les conceptions progressistes.

C’est un fait indéniable.

Mais se cacher derrière la social-démocratie, dans cette période où le PS est décrédibilisé, où ces vermines flanchent, c’est les conforter, les remettre en selle, redorer leur blason de notre sang et de notre sueur.

Nous ne confondons pas la menace des fascistes, menace tactique, et la menace du fascisme, stratégique. Confusion entre l’augmentation des conceptions réactionnaires, des idées fascistes et de la volonté de la part de la bourgeoisie d’instaurer ce régime. Nous rejetons la thèse selon laquelle nous serions au bord du gouffre.

Non, nous ne travaillerons pas pour nos bourreau et pour les réinstaller sur leur trône.

Nous travaillons pour construire l’unité du peuple, pour construire un camp du peuple hors des institutions. Nous travaillons à créer l’indépendance de classe, non à prêter l’oreille aux sirènes de nos ennemis.

Nous prenons le risque de maintenir notre mot d’ordre de boycott et de construction d’une opposition extra-parlementaire.

Renforçons les organisations antifascistes, mais construisons également la lance qui percera le cœur de la bourgeoisie.

A bas les paniquards et ceux qui détournent les masses de la lutte.

A bas les lâches et leur peur.

Construisons notre front, notre Parti, balayons la bourgeoisie !

2 pensées sur “Épouvantail fasciste, fantasme et réformisme.

  • 30 novembre -0001 à 0 h 00 min
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    La comparaison avec les années 30 a ses limites, notamment concernant l’état des formations révolutionnaires. Et en cela on peut dire, non pas que la comparaison est absurde, mais qu’elle est obsolète et que la situation est encore plus inquiétante que dans les années 30 car rien ne peut organiser les masses efficacement dans le cas du passage à un pouvoir fasciste.

    Ce danger ne semble pas évident pour vous, peut-être cela traduit-il un biais. Cela pourrait venir de votre vision mécanique du fascisme. Le fascisme ce ne serait que les fascistes, des milices employées par la bourgeoisie.

    Le fascisme c’est justement le phénomène de masse qui isole de plus en plus les révolutionnaires, c’est le canal de révolte des masses à travers le FN, qui prospère sur la dépolitisation, le relativisme, l’individualisme, le rejet visceral de la modernité, une volonté de retour en arrière plutôt que de progrès vers le socialisme. Et cette atmosphère pessimiste dans les masses est une similitude avec la fin du XIXeme et le début du XXeme.

    D’une certaine manière, il est possible que votre article reflète le relativisme ambient.

    Aujourd’hui, on ne se dispute plus la rue comme dans les années 80-90, mais l’hégémonie culturelle. Les idées sont largement du coté de la concurrence, c’est l’asphyxie. En dehors des mouvements syndicaux et péri-syndicaux incapables de toucher les masses,c’est la paralysie des forces progressistes.

    Pour le constater en ville il faut prendre un peu de recul, certes et encore ce n’est pas flagrant, on est noyé dans le quotidien riche. Mais en dehors des centres urbains, le constat est sans appel, il y a une demande d’antifascisme dans les masses, mais sous le poids de l’asphyxie culturelle. Le seul refuge réside dans le fait de fuir par divers moyens.

    C’est avec cette réalité qu’il faut composer et considérer le vote ou le non vote.

    Ce que nous risquons c’est un saut qualitatif par le fascisme dans le durcissement de la bourgeoisie et nous ne disposons pas des forces nécessaires pour organiser une défense. C’est du temps dont nous avons besoin, pas de principes abstrait sur ce que symbolise le fait d’aller voter.

    Ceci n’est que le signe que des espaces vont s’ouvrir pour les communistes à condition d’anticiper les difficultés réelles et de gagner le temps de se préparer au mieux et de savoir tenir la ligne pendant le front.

    Si MLP passe en 2017, du monde va tomber et on devrait balayer ça du revers de la main…

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  • 30 novembre -0001 à 0 h 00 min
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    Bonjour, camarades

    Effectivement, il est absurde de faire un parallèle entre la situation des années 30 et la situation actuelle.

    En cela, l’analyse des pseudos « matérialistes » du site abusivement éponyme est tout à fait caricaturale, voire même franchement ridicule.

    Mais cela ne signifie pas pour autant que le danger de fascisation via Le Pen n’existe pas, ni qu’il n’a pas évolué, depuis leurs premières analyses sur le sujet.

    Malgré quelques éléments valables dans votre démarche, déconstruire une analyse bidon pour en adopter une qui lui fait « miroir » ou « négatif », comme dans les photos anciennes, c’est tout de même suivre une démarche parallèle, finalement, et aussi peu matérialiste, quant à la méthode.

    En effet, dans des situations différentes, les causes et la nécessité du recours au fascisme peuvent être tout à fait différentes!

    Dans la crise actuelle, déjà assez différente de celle des années 30, il y a une désagrégation du lien social, non seulement au sein de la population, ce qui arrange plutôt le système, jusqu’à un certain point, mais aussi entre la crédibilité globale de la parole du système, malgré son emprise sur les médias, d’où la prolifération du prétendu « complotisme », qui est en grande partie le reflet de cette décrédibilisation, et la manière dont elle est reçue, et donc dont le système peut tenter de contrôler l’idéologie imposée à la population.

    Au delà des intérêts impérialistes immédiats, le recours aux manipulations guerrières, via le terrorisme, notamment, est en grande partie un moyen de ressouder la population autour des institutions et de l’idéologie du système.

    L’établissement d’un régime ouvertement social-fasciste peut être une tentation de recours, simplement en cas de nouvel approfondissement de la crise, et d’accélération subséquente de la désagrégation du lien social et de la perte d’emprise idéologique du système.

    En tout état de cause, entre menace et recours, c’est le rôle qui est désormais dévolu au parti de Le Pen, et non pas simplement d' »épouvantail » destiné à « rabattre » les électeurs, ce qu’il est aussi, mais incidemment.

    La nouvelle place réservée à ce parti dans les médias montre bien ce double rôle, dont celui de recours commence à être sérieusement envisagé, contrairement à ce que laisse supposer votre analyse…

    Vous dites vous-même « Nous prenons le risque… », alors qu’à l’évidence, c’est précisément un risque à ne pas prendre.

    Faire « barrage », et le barrage le plus favorable possible, ce n’est pas du tout s’aligner sur la sociale-démocratie, qui joue elle-même ce double jeu du FN. C’est au contraire, dénoncer aussi ce double jeu, et non lui cirer les pompes, comme le font les « mlm » du site « les matérialistes », et d’autres « antifa » de pacotille, avec la brosse à reluire de l' »antifascisme »!

    Aujourd’hui, même avec les modestes moyens dont nous disposons, nous pouvons montrer qu’il n’y a pas d’issue à la crise, pas plus du côté du social-fascisme que de la social-démocratie, mais que l’alternative au système capitaliste est à construire d’urgence, même si ce n’est que le début et que le processus prendra du temps.

    Néanmoins, c’est un moyen efficace de se démarquer des réformistes, quel que soit le « choix » du barrage nécessaire au second tour de la présidentielle, « choix » sur lequel nous avons effectivement peu de prise, sinon aucune, mais dont nous devons à la fois nous démarquer totalement quant à ses options « programmatiques », quelles qu’elles soient, « choix » pratiquement imposé, certes, et dont nous devons assumer seulement et clairement la fonction « barrage », en réaffirmant, en parallèle, la validité de notre programme communiste comme seule alternative et solution réelle aux problèmes sociaux engendrés par le capitalisme.

    https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017-pour-sortir-de-limpasse-la-revolution-du-retour-au-reel/

    Validité qui est d’autant plus flagrante avec l’impasse dans laquelle se trouve le système!
    Ceci-dit, de l’ébauche, c’est sur le terrain et dans la pratique qu’il faut passer à la construction.

    Luniterre

    Répondre

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