Mayotte : La grève révélatrice.

Mayotte : La grève révélatrice.

Nous avions parlé de Mayotte l’an passé, lors de la grève organisée par les travailleurs de l’usine Total, dans le but d’obtenir le simple respect du Code du Travail, chose déjà incroyable dans cette île colonisée.

Aujourd’hui, Mayotte est de nouveau dans une grève soutenue, importante, et -surtout- générale. La raison invoquée est la question de l’insécurité générale dans l’île. Le 20 février, des affrontements ont éclaté au lycée de Kahani, étincelle provoquant ce mouvement de colère.

 La situation est misérable. Mayotte est un sous-département, avec ses bidonvilles, avec son niveau de vie au ras du sol. Elle n’a rien des « joyaux » tels que le disent les sociaux chauvins. Elle subit effectivement une délinquance importante, avec 23.5 logements cambriolés sur 1 000 selon Le Monde. Cette délinquance est réelle, en effet, elle est un mal endémique l’île, mais n’est que le reflet des inégalités sociales terrifiantes qui la frappent.

D’un côté, les forteresses des colonisateurs et des compradores, entourées de barbelés, surveillés par la police et l’armée, des gated communities, réservés à la bourgeoisie. De l’autre, les bidonvilles ou bangas des immigrés clandestins, tentant de survivre dans une misère noire. Ces migrants proviennent des malheureuses Comores, territoires condamnés au sous-développement et à l’indigence par les interventions et coups d’Etats organisés par la France et l’Afrique du Sud de l’Apartheid.

La logique voudrait qu’on s’intéresse aux causes de cette souffrance, qu’on la résolve. Mais la bourgeoisie a d’autres plans. Elle flaire l’opportunité de pour instiller la défiance et la haine entre celles et ceux qui courbent l’échine sous son ordre injuste.

D’ores et déja, les chantres de la réaction, tels Laurent Wauquiez, se sont emparés de cette question. Ils s’en sont emparés pour détourner les revendications légitimes des habitants de Mayotte. Wauquiez s’est empressé de faire d’une grève contre les conséquences de la pauvreté gravissime une grève contre les immigrés en provenance des Comores, toutes proches.

Wauquiez, Valls, les fascistes, tous et toutes s’en moquent complètement de la misère de l’île de Mayotte. Elle n’est qu’un marchepied pour leurs slogans. Dans le fond, ils et elles haïssent les Mahorais et Mahoraises dans la plus grande tradition des colonialistes. Ils et elles ne cherchent pas un seul instant à écouter les plaintes et les souffrances de la population, mais bel et bien uniquement à imposer leur discours.

Non, jamais les xxx ne seront autre chose que ces fameux « français de papier », dont parle Nadine Morano. Ils et elles ne sont que des survivances du code de l’indigénat. Des bras pour travailler, et une île qui fournit une Z.E.E. à la métropole, ainsi qu’une tête de pont vers l’Afrique, et vers Madagascar, néo-colonie française.

Les promesses de mettre fin à l’insécurité, pour la bourgeoisie, ne peuvent se réaliser que par le fer, le feu, le sang. Elles ne mettent pas fin à l’indigence, au dénuement, à la faim, à la maladie. Au mieux, la « gauche » promet. Elle promet plus d’argent, plus de moyens, elle promet une répartition des richesses. Mais dans les faits, elle s’écrase, comme le paillasson de la bourgeoisie. Elle fait corps, coeur, avec l’impérialisme français, ce fléau.

Seuls les communistes peuvent mettre fin de manière définitive à la misère. Seuls les communistes peuvent mettre fin à l’insécurité, en détruisant sa base matérielle. Seule la destruction du parasitisme de la bourgeoisie, du parasitisme des riches, des exploiteurs, des colons et néo-colons, peut permettre cela.

C’est le fait de remettre entre les mains du peuple tout entier les outils qui permettent à la richesse d’être produite -pas simplement taxer l’exploitation, mais bien la liquider-  qui peut faire s’éteindre de manière finale et définitive la pauvreté. Or, c’est bien cette pauvreté, et non une essence raciale, comme le clament les fasciste, qui est la responsable de l’insécurité et de la violence.

Cette arrivée du pouvoir populaire ne peut se faire avec, mais bien contre l’impérialisme français. Les Mahorais et Mahoraises n’ont rien à attendre, si ce n’est davantage d’oppression, de sa part. Il n’est pas « plus humain », plus « doux », plus « civilisé » que celui des Russes ou des Américains. Il est une machine implacable à broyer les peuples, à massacrer les masses populaires.

Mayotte est otage de la rapacité de l’impérialisme.

A bas l’impérialisme français ! Vive la lutte anti-impérialiste, partout dans le monde !

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