Du réformisme à l’opposition extra-parlementaire – Partie III

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CRÉER LE CAMP DU PEUPLE – UNIR LES COMMUNISTES

L’Unité Communiste ne revendique nullement la paternité de cette idée. Elle a pour ambition d’apporter, en revanche, sa pierre à l’édifice. Les mouvements comme Génération Ingouvernable, comme Nuit Debout -dans une certaine mesure- ou comme Boycott 2017 se basent, fort probablement, sur un constat similaire.

Il est clair, il est limpide, que les militants et militantes anticapitalistes et anti-impérialistes ont besoin d’un centre. Celui-ci est à bâtir, il est manquant. Son rôle de centralisation, d’impulsion, son rôle d’expression politique manque.

La stratégie de l’Unité Communiste de Lyon est la révolution socialiste. Elle est son objectif stratégique décisif, permettant de construire l’Etat prolétarien, de développer le socialisme, d’aller vers le communisme.

Cependant, il existe des étapes, des tactiques intermédiaires.

En l’état actuel des choses, au sein de l’Etat français, il existe un kaléidoscope d’organisations se revendiquant du communisme. Certaines sont inspirées par le révisionnisme khrouchtchévien, par le social-chauvinisme, d’autres sont sur une ligne qui rejette ces conclusions fausses et mortifères.

Déjà, quelque part, un premier tri s’opère entre ceux avec lesquelles il est possible de travailler à la construction d’une organisation et celles qui restent et qui resteront, ad vidam eternam, des croupions du PCF.

Les forces qui se battent pour la naissance d’un parti communiste sont dispersées. Leurs rapports sont inégaux en intensité comme en qualité. Certaines débattent entre elles, d’autres se refusent à entretenir des liens. Certaines sont dans des conflits violents, tandis que d’autres sont en bons termes. Certains ont une portée à l’échelle de l’Etat français, entretiennent des liens internationaux. D’autres, à l’inverse sont sur des bases parfois locales -comme l’UCL- ou parfois même fondamentalement localistes. Elles peuvent être le fruit d’un héritage pesant tout comme être neuves. En somme chacune est le fruit d’une logique qui lui est propre, est dans une situation qui lui est propre.

Aux yeux de l’Unité Communiste de Lyon, aucune ne peut, à l’heure actuelle, assumer les tâches de partis. Cela évoque plus une période de cercles en cours d’unification. Cette étape est une étape qu’il est nécessaire de dépasser.

Dans ce cadre, l’Unité Communiste de Lyon ne prétend pas être le centre autour duquel tout doit s’agglomérer, d’être le barycentre du militantisme communiste.

Comment cette étape peut être dépassée ?

Par le travail mutuel, commun, tant théorique que pratique.

Par une attitude de rejet du sectarisme, par la volonté de vouloir trouver les issues positives aux conflits.

Par le débat mutuel, par le fait de tracer des lignes de démarcation minimales, suffisantes que le reste des débats puisse avoir lieu au sein d’une seule organisation.

C’est pour cela que l’Unité Communiste de Lyon est membre de l’Unité des Cercles Communistes, dans le but de dépasser cette étape, mais également de travailler avec sincérité et

Ce cadre de débat n’existe pas. Il est a bâtir. L’Unité Communiste de Lyon souhaite constituer, tout d’abord dans son environnement proche, puis, par la suite, pour l’élargir, un Cercle de Recherche et d’Initiatives Matérialistes. Non seulement pour permettre de lancer des initiatives, mais pour permettre de mutualiser, de centraliser les documents, les matériaux, ayant trait au marxisme et à ses continuateurs. Le but final étant de passer d’un cercle à un centre, lequel pourrait faire office de point de convergence.

L’Unité Communiste de Lyon, ne saurait, ainsi, être hostile à une forme de conférence des organisations communistes de l’Etat français, dans le but de promouvoir une unité d’action, une rationalisation des efforts, et d’avancer sur le chemin de l’unification.

Dépasser l’étape actuelle permettrait d’atteindre un degré supérieur, celui de l’organisation politique. L’achèvement du processus d’unification, mais également le fait que les organisations en sortant puissent assumer les tâches d’un parti, cela clôturera cette période et permettra de déclarer la naissance du Parti Communiste.

Ces tâches sont celles d’être le fer de lance de la lutte contre la bourgeoisee, de diriger l’alliance des prolétaires et des classes opprimées vers le combat, d’être un point de ralliement pour les communistes et les sans-partis.

Pour l’Unité Communiste de Lyon, cette organisation doit être en mesure de produire la synthèse la plus poussée de l’expérience du mouvement ouvrier, révolutionnaire, communiste. Cela passe par plusieurs lignes de démarcation, dont celle, essentielle, du rejet du révisionnisme, du réformisme, du trotskisme. L’Unité Communiste de Lyon considère que les apports de Mao Zedong forment le sommet d’un pyramide idéologique. Cependant, elle considère qu’elle ne refuse aucun débat fait sur la base de l’honnêteté et de la sincérité, tant pour tremper au feu de la critique son idéologie que pour l’améliorer, l’épurer, la compléter.

C’est cette tâche qui est la plus centrale, la plus essentielle, la plus stratégique. Un long travail reste à fournir, avant que cette organisation ne naisse. Cela signifie t-il, tant qu’elle n’existe pas, que l’attentisme doit régner ? Non. D’autres fronts existent.

Le front idéologique est primordial. La bataille d’anéantissement idéologique est une tâche qui s’ouvre d’ores et déjà. Elle consiste en la recherche et l’affrontement avec les conceptions fausses, en la renaissance d’un débat de fond, d’un « broyeur à thèses erronées. » Cela explique la publication de pour en finir avec le mythe du PCF, ayant volonté à être une première réponse à une première question « pourquoi l’Unité Communiste de Lyon n’est pas au PCF. »

Les communistes s’adressent à toutes les classes. A leur base sociale, le prolétariat, mais y compris à la bourgeoisie progressiste et la petite-bourgeoisie, dont certains éléments peuvent être ralliés. Surtout, la science n’est plus entre les mains de la bourgeoisie pourrissante et réactionnaire, laquelle la déforme, la contraint, pour qu’elle ne contrarie pas ses projets. Les communistes doivent arracher la légitimité scientifique, démontrer la supériorité du matérialisme-dialectique, du matérialisme-historique, dans tous les domaines, sciences humaines comme « dures. »

Cette tâche est importante, doit être poursuivie. Elle est essentielle pour faire avancer les débats autour de l’héritage théorique et idéologique. Elle est ce qui doit donner naissance à la théorie communiste la plus avancée, la plus actuelle, la plus adaptée à la situation de l’Etat français.

Ces débats, ces travaux, n’aboutiront pas avant un temps conséquent. Ils sont, là aussi, un pan de la stratégie. Cela signifie t-il qu’il faille végéter en attendant des succès prochains ? Attendre ? Non. Cela signifie la tâche impérative pour les communistes de « marcher sur leurs deux jambes. »

A l’heure actuelle, en revanche, il est possible de travailler, avec toutes les forces qui respectent certaines lignes de démarcation minimales, à la fondation d’une opposition extra-parlementaire.

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