Pas de local fasciste à Lyon !

Hier, 13 janvier 2017, un rassemblement s’est tenu place de la Comédie à Lyon, à l’appel d’un grand nombre d’organisations. Ces organisations politiques, syndicats, associations et groupes se sont réunis pour dénoncer l’ouverture d’un nouveau local fasciste sur Lyon. Rassemblant environ 400 personne, cet événement initie une nouvelle campagne unitaire pour riposter à l’implantation de l’extrême-droite, pour la repousser et pour, ultimement, l’éliminer. Plusieurs interventions et prises de parole ont été effectuées, y compris par l’Unité Communiste de Lyon. Dans un soucis de clarté et de diffusion de nos positions, nous reproduisons ici le canevas général de cette intervention.

Fermons le Pavillon Noir !

Une nouvelle fois, l’extrême droite fait parler d’elle à Lyon. Entre deux agressions racistes, entre deux attaques homophobes, entre deux tentatives d’instrumentaliser la misère, entre deux croisières payées par crowfunding, celle-ci trouve le temps -et l’argent- d’ouvrir un nouveau local : le Pavillon Noir.

Le Pavillon Noir est l’idée d’ouvrir un bar réservé aux blancs, aux « de souche », aux aryens… En somme un lieu qui leur servirait de point d’appui, de centrale de recrutement, et – qui sait – peut-être de blanchiment d’argent, tant, historiquement, l’extrême-droite et l’escroquerie, la mafia, les trafics sont de mèche. Ce ne serait ni la première ni la dernière fois.

La coordination antifasciste qui s’est construite à Lyon exige sa fermeture. Nous ne voulons pas de cette pustule répugnante dans notre ville.

Pourtant, extrême-droite et Lyon riment bien souvent. Ce n’est pas le premier Pavillon Noir qui tente de s’ouvrir, ni le premier local en général. Les fascistes tentent depuis plus de dix ans de se bâtir un petit royaume à Lyon.

Bunker Korps Lyon ; Action Française ; Front National ; Jeunesse Identitaire ; G.U.D. ; Bastion Social… les noms changent, mais le fond reste le même. Xénophobie, racisme, nostalgie pétainistes…Ce sont les multiples facettes de la réaction.

Les autorités ne sont pas neutres face à ce problème. Entre les petits bourgeois à la croix celtique, entre la jeunesse dorée des monts du lyonnais et de l’autre côté les exploités, les opprimés, celles et ceux qui veulent lutter contre le capitalisme et l’impérialisme, le choix est rapidement fait pour la Préfecture, pour la Mairie, pour la Justice, pour la Police ou pour Gérard Collomb.

Les uns ont des peines symboliques, de petites tapes sur les mains. Les autres subissent les foudres de la justice de classe de plein fouet. N’oublions pas que lors des rassemblements contre le Bastion Social, l’an passé, c’est la prison qui attendait certains interpelés.

N’oublions jamais qu’entre ceux et celles qui se présentent comme des rebelles, des dissidents, des révoltés, mais qui mettent tout en œuvre pour défendre les exploiteurs et ceux et celles qui se battent pour renverser le capitalisme, il n’y aura jamais d’égalité de traitement.

Comptons sur nos propres forces, sur notre capacité de mobilisation pour faire fermer ce local !

Le fascisme est une tromperie !

Les fascistes se présentent comme des défenseurs du peuple, comme des protecteurs. Ils utilisent pour cela des maux bien réels. Le sentiment d’impuissance face à une démocratie en panne sèche ; le dégout face à la corruption des dirigeants ; le sentiment d’abandon par les services publics ; le sentiment de colère provoqué par les licenciement, par la hausse de la misère, par la violence quotidienne…

Mais les fascistes détournent cette colère. Ils et elles la détournent des responsables,  du premier bourreau des exploités et des opprimés au sein de notre Etat : la bourgeoisie et le patronat « bien de chez nous. » Pire, ils la mettent au service de ces ennemis du peuple, en invoquant la grandeur de la Nation, le devoir de serrer les rangs, le nationalisme, le patriotisme… En somme, ils et elles exigent que les esclaves salariés fassent front commun avec leurs maîtres. Leur xénophobie, leur racisme, leur haine de l’autre ne sert qu’a renforcer cet effet. Leur mot d’ordre est la soumission aux exploiteurs.

Nous n’avons rien en commun avec les milliardaires qui nous saignent. Leurs élus sont d’ailleurs aussi corrompus que les « élites » qu’ils et elles dénoncent. Les exploités et les opprimés, quelque soit leur couleur de peau, leur religion ou son absence, leur langue, leur origine, leur sexualité, leurs goûts partagent un intérêt commun : battre les exploiteurs, où qu’ils, où qu’elles, soient.

Les fascistes sont des valets de la bourgeoisie en costume de révoltés.

Une nouvelle coordination antifasciste se lance, à Lyon. Elle réunit largement organisations politiques, syndicats, groupes antifascistes, associations et individus. Cette coordination ne demande qu’a grandir et à se massifier. L’Unité Communiste de Lyon salue cette initiative et appelle à la rejoindre.

L’Unité Communiste de Lyon défend l’idée que l’antifascisme est une lutte large, qui concerne chacun et chacune. Cependant, nous défendons le fait que cette lutte doit être autonome des institutions, de l’Etat, de la Police, de la préfecture et de la mairie de Lyon. Ce ne sont ni les alliés de la lutte antifasciste, ni les alliés des exploités et des opprimés. Au contraire, l’expérience a démontré que les objectifs de ces institutions étaient de subordonner la lutte antifasciste à leurs objectifs, de la neutraliser, voire de l’écraser.

Collomb n’est pas que le « facho de service », il est « au service des fachos. »

L’Unité Communiste de Lyon considère que l’antifascisme être un antifascisme reliant exploitation, oppression et menace fasciste. Un antifascisme de classe, un antifascisme populaire !

COMBATTONS LE FASCISME PARTOUT OU IL SE TROUVE !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *