Communiqué de Yeni Kadin sur le 700 ème rassemblement des « mères du samedi »

Depuis 700 semaines les “mères du samedi” et nombre de personnes s’interrogent sur le sort de ceux qui ont disparu en en garde à vue.

La politique de disparition en garde à vue, visant à créer une société réduite au silence en instillant la peur la plus féroce, a été largement pratiquée en tant que politique d’État par l’Etat Turc après le coup de la junte fasciste militaire du 12 Septembre 1980. Pendant de nombreuses années, des centaines de personnes ont disparu pendant ces gardes à vue.

La lutte pour la justice et la vérité pour le peuple et l’organisation des “Mères du Samedi” entreront le 25 août 2018 dans leur 700e semaine de leur existence. La terreur d’État a condamné ces personnes à vivre dans les limbes, entre l’existence et la non-existence, la mort et la vie.

Aujourd’hui c’est samedi … La lutte commence …


Les proches des défunts, des disparus et les défenseurs des droits de l’homme qui les soutiennent exigent :

  • Que soit révélé le sort des personnes “disparues”, en garde à vue,
    • Que la justice mette fin à l’impunité, qu’elle fasse la lumière sur les crimes contre l’humanité et qu’elle condamne leurs auteurs! 
    • La fin de la politique de disparitions en garde à vue,
  • L’application du décret préparé par les Nations Unies. La Turquie doit mettre fin à son mépris prolongé et signer la Convention internationale des Nations Unies pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées ! 

Le 27 mai 1995 ce mouvement a débuté devant le lycée de Galatasaray, ses participants ont commencé leur quête de justice par un sit-in silencieux. Cette place est toujours habitée par les ombres des morts comme par l’espoir de la survie. Elle est devenue le lieu de mémoire de la lutte et de la volonté de justice. Devant ce lycée, avec persévérance et conviction, chaque samedi depuis 28 ans, malgré la neige ; la pluie ; le froid ; la chaleur ; les cordons de police et leurs matraques ; malgré qu’ils soient traînés par les cheveux dans la boue ; détenus à plusieurs reprises ; les proches ne cèdent pas. Malgré leur âge, malgré le temps, toujours avec un oeillet dans la main et dans l’autre les photos des visages juvéniles des disparus. Ce 25 août, ils seront là pour la 700 ème fois.

La lutte continue avec les enfants et les petits-enfants;

La résistance courageuse de quatre générations commence à être connue du monde entier, malgré la pression des gouvernements successifs. Le temps écoulé fait comprendre que les disparus ne reviendront pas, mais les familles réclament leurs dépouilles mortelles, pour faire leur deuil, pour qu’ils aient une sépulture décente, pour qu’ils puissent se recueillir. “Si toutes les mères se réunissaient, aucune ne pleurerait et personne ne mourrait.” Berfo ana, Kiraz ana, Guzel ana et toutes les autres mères qui nous ont quitté resteront un symbole. Le drapeau de leur lutte continuera de flotter.

cette résistance honorable a commencé à être en mesure d’annoncer au monde entier, toute la pression, en dépit de quatre générations en cours; Le temps écoulé fait comprendre que les morts ne reviendront pas mais les familles ont besoin des ossements de leurs proches pour en faire le deuil, et qu’un lieu personnel leur permette de se recueillir. « Si toutes les mères se réunissaient aucune mère ne pleurerait et personne ne mourrait » Berfo ana, Kiraz ana, Guzel ana, et toutes les autres mères, qui nous ont quittées restent un symbole et le drapeau de la lutte qu’elles portaient continuera de flotter.

S’habituer à l’injustice est aussi affreux que de produire une injustice. Haussez la voix !

Nous avons été assassiné parce que nous sommes des Kurdes, parfois des Alévis, parfois des Arméniens, parfois des Laz, parfois des Circassiens. Mais nous sommes massacrés et assassinés avant tout parce que nous refusons d’être des personnes soumises, obéissantes, silencieuses, parce que nous sommes des opposants. Nous ne devons pas oublier. S’habituer à l’injustice est aussi affreux que de produire une injustice. Aujourd’hui l’Etat fasciste turc ne connaît pas de limites dans la répression qu’il inflige à la population.  Les actions des “Mères du Samedi” sont un élément très important dans le rejet de ces politiques, lesquelles visent à imposer une société uniforme, obéissante et soumise.

En tant que nouvelles femmes, nous continuerons à être leur voix en Europe durant la 700ème semaine de cette résistance honorable. Nous invitons tous ceux et celles qui vivent et luttent pour une vie digne et humaine, en particulier les femmes, à participer aux manifestations dans toutes  les régions d’Europe, le samedi 25 Août.

La colère  des Mères noiera les tueurs!

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