Hubert Védrine et le naufrage des co-responsables du génocide des Tutsis.

Le cadre du PS et ancien complice de Mitterrand, Hubert Védrine, s’est exprimé dans les colonnes du journal identitaire Éléments. Au centre de l’interview, la question du génocide des Tutsis. Védrine, qui jouait un rôle important dans le clan Mitterrand, s’est offusqué qu’on puisse ainsi s’en prendre à l’action de la France à cette époque.

En ligne de mire  : les «   gauchistes  »  : «   Le Rwanda est devenu le prétexte pour tous les gauchistes de la place de Paris de régler leur compte avec François Mitterrand, la Ve République, la France comme puissance…   ». À ses yeux, mettre la France et son impérialisme devant le fait accompli revient à ouvrir une terrible boîte de Pandore. En effet, elle délégitime largement l’action de l’ensemble des partis institutionnels, lesquels sont tous mouillés dans ces sinistres affaires, et lesquelles ont tous partagé un consensus sur l’action de la France en Afrique.

Pour lui, « Accuser la France pour son rôle au Rwanda, dit-il à Éléments, c’est un peu comme si l’on accusait les pompiers qui ont tenté d’arrêter l’incendie de Notre-Dame en leur disant qu’il fallait arriver la veille  ». C’est là un tour de passe-passe qui consiste à résumer l’action de la France à la simple opération Turquoise, laquelle a exfiltré les criminels Hutus. Il revient à escamoter le rôle structurel de celle-ci dans la construction du processus génocidaire. Il va jusqu’à oser, il faut le faire, dire :  «  La France est le seul pays au monde au sujet duquel on ne peut faire aucun reproche, sauf celui d’avoir sous-estimé l’intelligence tactique de Paul Kagame.  »

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Il fustige également «  Ce débat empoisonné [qui] est un bon révélateur du degré de masochisme atteint dans notre pays ». Là encore, nous avons un amalgame  : celui de l’action de l’État et celui du peuple. Pour Védrine, les deux sont la même chose. Ce débat est masochiste car il consisterait à une autoflagellation de la part de la population française, pleurnichant sur ses propres actions. Mais c’est là un fait dérangeant  : l’État n’est pas le peuple. L’État est le conseil d’administration, l’interface entre la bourgeoisie et les autres classes. La politique impérialiste fait partie de ces fonctions qui sont tellement centrales pour elle qu’elles ne sont jamais soumises aux votes, ni débattues publiquement.

Nous sommes pour livrer les responsables de cette politique à la justice. Ce sont des bourreaux, des exploiteurs, des organisateurs de génocides. Mais il est vrai que la population française a bénéficié des retombées directes ou indirectes de l’impérialisme et de la colonisation. Se pose donc des questions liées à ce «  recel  » des fruits de celle-ci. Question qui sera tranchée lorsque les masses populaires seront en mesure d’exercer leur pouvoir et leur contrôle sur l’ensemble de l’appareil d’un État nouveau.

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Mais Hubert Védrine n’aime pas qu’on vienne fouiner dans ses affaires. Il regrette terriblement l’époque où l’omerta régnait, celle où «   Ces têtes folles étaient auparavant tenues par le Parti communiste, puis englobées dans la stratégie Mitterrand. Mais aujourd’hui, plus rien ne les retient  ». Effectivement, il existe aujourd’hui des forces politiques qui veulent regarder en face la vérité.

Pour Védrine, il faudra remettre de l’ordre  : «  Si les journaux étaient tenus comme autrefois, ça ne durerait pas une minute  ». Cette phrase a provoqué un tollé ! Il a dû donc rétropédaler à la suite de l’interview, clamant  : «  Jamais je n’ai eu en tête qu’il faudrait revenir à une forme de censure  ». «   Quand j’emploie cette formule contractée, je veux dire qu’à l’époque du numérique, n’importe qui peut écrire un peu n’importe quoi. Ce qui n’était pas le cas quand des rédacteurs en chef, des directeurs de journaux, contrôlaient les informations avec une véritable hiérarchie de la responsabilité.   » Finalement, grattez le vernis démocratique, et vous retrouvez rapidement le Parti de l’Ordre.

Et pourtant quels gauchistes ! Glucksmann, membre lui aussi du PS, est visé. En voilà un bolchevique redoutable, fils d’un des chantres de l’antitotalitarisme et du réformisme. Pourtant, nous lui donnons largement raison lorsqu’il s’écrie  : «   C’est un immense progrès qu’un tel entretien soit abrité par Éléments […] Le mensonge officiel se déplace vers les marges complotistes et d’extrême droite. C’est une victoire pour la France et pour ceux qui ont combattu pour la vérité. On tourne la page de 27 années de mensonge d’État ou les idées de Védrine avaient pignon sur rue.  »

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Car la réalité est là  : Védrine est un de ces agents zélés de l’impérialisme, qui ne supporte pas qu’on lui renvoie au visage ses actions et les conséquences de celle-ci. En donnant cette interview, il a illustré pleinement l’alliance sacrée autour de l’impérialisme et du colonialisme français. Une alliance qui traverse l’ensemble des courants politiques institutionnels  : car pour avoir accès au pouvoir, il faut montrer patte blanche aux grands cartels économiques. Une alliance qui unit jusqu’aux fascistes autour de deux axes  : la négation de l’impérialisme français, présenté comme une victime de la domination atlantique, ou la nécessité de son existence pour être une grande puissance.

L’impérialisme français, non seulement est un monstre assoiffé de profits, mais il est également le bourreau de ceux et celles qui habitent en France. Il est un double ennemi, le premier, le principal. Ceux qui prennent comme argument la richesse qui procure pour renoncer à l’attaquer oublient que le capitalisme bride l’accès aux richesses, l’accès au développement, tant ici que dans les pays dominés. Il n’est pas une source de richesse, mais uniquement de misère, d’inégalité, de parasitisme. Sa fin sera un formidable accélérateur pour le développement général des masses populaires partout dans le monde !

À bas les laquais de l’impérialisme et vive le communisme !

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