De quoi Trump est il le paravent ?

De quoi Trump est il le paravent ?

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Comment l'épouvantail Trump est utilisé pour ressusciter un PS moribond.

 

"Si vous ne votez pas pour nous, Marine le Pen -notre Trump bien de chez nous- passera au pouvoir, et les enfers se déchaînerons sur la France. Alors à vos urnes, citoyens, votez pour le candidat le plus rationnel, tant pis si il applique le même programme, le light est toujours préférable à l'orignal !"

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Il n'est pas faux de dire que l'arrivée au pouvoir de Donald Trump, l'outsider, le controversé, l'U.F.O. des élections américaines, a créé un électrochoc dans le Monde entier.

Celui qu'on créditait d'1 % de chance de victoire, face à une Hillary Clinton parée de tous les atouts, à créé la surprise. Un coup de tonnerre dans un ciel sans nuages.

L'isolationniste, le passéiste, le misogyne, le voilà aux commandes du plus puissant état de la planète. Il est tout à fait normal, en effet, de sentir un frisson glacé courir le long de l'échine a l'idée d'imaginer quatre années de déchaînement réactionnaire, de bigoterie, de sexisme et de xénophobie aux USA. 

Si nous avons déjà donné notre position sur le sens de cette élection pour la situation des USA, nous voulons apporter notre pierre pour la compréhension des répercutions, chez nous, que cette élection va entraîner. Surtout, nous ne pouvons faire l'impasse sur ce que cela va déclencher comme torrent de flots boueux et putrides, comme shitstorm comme il est dit outre-Atlantique, sur notre propre élection présidentielle.

Sensiblerie, émotion, chantage et politique font bons ménage dans les républiques bourgeoises. Les charognards se nourrissent sans scrupule des sentiments que peut éprouver -légitimement- le peuple.

Cela s'est vu après les attentats, où le sang n'avait pas été épongé que déjà se ruaient sur les politiciens avide d'audimat et de reconnaissance, chacun y allant de sa surenchère morbide.

Cela permettait de glaner des voix pour les futures élections, et d'accentuer une percée dans les deux thèmes les plus porteurs du moment : l'Islam et le sécuritaire.

Qu'importe si, pour de nombreuses personnes, cela se traduit par un durcissement de leur conditions de vie : agressions racistes, menaces, injures, exclusion des sphères de la vie collective. Paris vaut bien une messe, aurait dit Henri IV, l’Élisée vaut bien de sacrifier, sur l'autel du populisme, quelque milliers de personnes.

Mais le terrible problème d'un attentat, c'est qu'il se produit un effet de résilience. Les spécialistes de la question estiment que le retour à la normale se produit aux alentours de six mois après l'événement. C'est donc six mois, pour nos cher politiques, d'utilisation de l'événement en la noyant dans l'émotionnel. Passé ce délai, il commence à apparaître des réticences à avaler tant de couleuvres.

Passé ce délai, il devient difficile de pouvoir capitaliser uniquement sur ces événements pour se gorger de voix.

Pour un parti sur le déclin comme le Parti Socialiste, lequel renonce même à présenter un programme, il reste peu de cartes.

C'est là où il est possible de remercier Donald Trump.

Trump, l'épouvantail parfait, qui permet de glisser sur l'une des litanies favorite du PS, mais aussi de tous les réformistes : "Nous ou le Pen."

Ceux qui se saisissent de cette carte, et ils seront nombreux, de gauche ou de droite, se parent d'une immunité : plus besoin de présenter de programme positif, il suffit de clamer que le meilleur barrage contre l'hydre fasciste est de voter pour son parti.

Faire un programme positif est une tâche ardue. Souvent, les électeurs finissent par se rendre compte qu'il est inapplicable, qu'il est contraire à leurs intérêts, ou cela demande de le défendre publiquement. Difficile et dangereux.

La victoire de Trump solutionne tout.

Image result for affiche ps fn Elle rend crédible et palpable le risque de victoire du FN, elle vient de donner un poids conséquent à la thèse du barrage, à la thèse du "tout sauf…" Elle permet de lyncher les abstentionnistes, de souder son camp, chaque dissident devenant un agent de facto du fascisme rampant. Elle permet de culpabiliser les abstentionnistes, comme avait si bien sur le faire Mélenchon, en les parant de tous les maux, et en les accusant d'être des idiots finis, des auxiliaires de la réaction.

Elle permet de neutraliser une partie de l'extrême-gauche, de l'opposition extra-parlementaire, accusée d'être des saboteurs du front uni antifasciste. Les appelant à jouer la carte du vote utile, du vote rationnel, du sursaut républicain. Tous derrière les partis électoralistes, et que le moins pire gagne !

Et voilà ceux qui criaient "la peste ou le choléra", les voilà qui se rétractent, qui se recroquevillent, car dans le fond, ils n'ont jamais cru à leurs slogans. Ceux qui mettaient sur le même plant Trump et Clinton, qu'on devine finalement hypocrites, rassurés qu'ils auraient été par la victoire de la candidate démocrate. Après tout, ce ne sont pas eux qui sont sous les bombes de la bannière étoilée.

Les voilà, encore, ces mêmes qui, terrifiés, n'ayant aucune confiance, se préparent à mettre un bulletin marqué de la rose du PS dans l'urne, tout en se vomissant eux-mêmes. "Les élections ne changent rien" le jour d'avant, "faire barrage au FN" le lendemain.

Seulement l'application du programme du FN se fait déjà, par notre gouvernement prétendument de gauche : liquidation des conquêtes sociales, racisme d’État, expulsions, politique agressive impérialiste, répression dans la plus grand style colonial à Mayotte et en Nouvelle-Calédonie, soutien aux régimes fascisants, dont la Turquie, prison des peuples. Ce n'est pas la horde fasciste, c'est la social-démocratie qui se colle à cette tâche, tâche qui résume intégralement l'existence du mouvement réformiste : une épée pour frapper le peuple, un couteau pour lui faire rendre gorge.

Manuel Valls s'est exprimé aujourd'hui  :

"Dans ce monde si troublé, que nous dit la démocratie américaine ? Le besoin de frontières, le besoin de réguler l'immigration, la nécessité bien sûr de combattre le terrorisme, et de nommer le totalitarisme islamiste. Le besoin aussi de mieux redistribuer les richesses. Le besoin de protection pour les couches populaires et les classes moyennes, qui vivent ce sentiment de déclassement."

Manuel Valls

Voilà ce qu'un vote "socialiste" a créé comme monstruosité. Pourquoi ? Parce que ce qui intéresse ces partis sans scrupules c'est un siège, un poste, une sinécure. Lorsque le PS réalise le programme du FN, ce dernier crie au scandale, au vol, alors qu'il devrait se réjouir : ses idées ont gagné. Lorsque le PS réalise le programme économique de LR, ils crient également, au lieu de ce réjouir de le voir appliqué.

Pourquoi ne le font-il pas ? Car ils sont les aventuriers de l'opportunisme, qui ne vivent que pour trouver une niche heureuse dans laquelle s'épanouir aux frais du contribuable.

Parce qu'ils ont compris, mieux que quiconque, que les élections ne servaient à rien, et qu'ils ne font que réaliser l'agenda de la bourgeoisie, d'être tous des agents de l'impérialisme français, tous des agents du patronat français qui se pressent d'exécuter ses ordres.

Qu'ils le teintent d'un peu de rose, d'un peu de bleu, qu'importe !

Les voilà qui mendient nos voix, encore, les voilà qui réclament l'approbation populaire pour ensuite la trahir.

Nous ne leur feront pas ce cadeau, nous n'acceptons pas ce jeu truqué.

Le pouvoir n'est pas dans l'urne, il est dans la rue. L'action politique ne se fait pas dans les bureaux de vote, mais dans les luttes, dans les combats, dans l'action militante.

Pas une seule voix pour la démocratie bourgeoise !

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