Séminaire international sur l’Ukraine

Dimanche 6 mars, nous avons participé au rassemblement en solidarité avec l’Ukraine et contre la guerre.

Le rassemblement était important, même si on note que moins de monde y a participé. Beaucoup d’interventions ont été faites, soulignant la détresse des populations locales. Nous avons pu voir un nombre important de pancartes appellant à une intervention militaire directe, demandant le soutien de l’OTAN. D’ailleurs, une militante Gilet Jaune, qui avait une pancarte «  Ni OTAN, ni Poutine, Stop impérialisme  » a été tancée vertement par certains participants.

Il est logique que beaucoup pensent ainsi. Nous avons été biberonnés au fait de considérer notre propre impérialisme comme plus humain, plus humanitaire, que celui de la Russie ou de la Chine. Pourtant, c’est un point de vue erroné : les frappes aériennes détruisent autant les maternités dans les pays où notre armée intervient.

Un séminaire essentiel

Dans le même temps, nos camarades ont aussi participé au séminaire organisé par l’ICOR et par l’ILPS dans le but de pouvoir établir une position commune sur la guerre. Plus de 80 organisations de chaque continent ont participé, allant d’organisations Allemandes, Népalaises, Afghanes, Etatsuniennes, Népalaises, Mexicaines ou Sud Africaines.

Fait important, l’Ukraine a pu participer à cette conférence, notamment des représentants des mineurs d’Ukraine. La classe ouvrière d’Ukraine est extrêmement importante dans cette crise  : elle est souvent oubliée au profit de la seule géopolitique. Or la lutte des classes en Ukraine ne peut être occultée  : les ouvriers, les paysans, les employés d’Ukraine, hommes ou femmes, ne vivent pas non plus la même guerre que les riches.

La réunion s’est traduite par un consensus important  : les participants et les participantes ont toutes et tous reconnus  :

  1. Que l’impérialisme dominant et le principal porteur de guerre reste celui des USA et ses alliés, comme la France. Il est celui qui a façonné une géopolitique explosive.
  2. Que la Russie est néanmoins l’Etat agresseur, contre les désirs de son peuple, et qu’elle porte les responsabilités du choix de cette méthode.
  3. Que l’Ukraine est le pays victime, qu’il faut soutenir sa population, sans pour autant faire preuve d’angélisme envers Zelenski ou les partis politiques ukrainiens. La scène politique ukrainienne est dominée par les réactionnaires. Les expressions anticommunistes, nationalistes, existent. Si elles sont (comme en Russie) le fruit de la pression géopolitique, elles ne sont pas moins réelles. Nous ne sommes pas là pour juger moralement, mais pour analyser.
  4. Pour la Russie comme pour l’Occident, l’Ukraine est un butin et un pivot géopolitique.
  5. Les sanctions prises contre la Russie, si elles sont logiques (bien qu’hypocrites !), ne seront pas sans effets sur le reste du monde et en particulier l’Europe. Hausse du coût du pétrole, du gaz, chereté de la vie… Quant à la Russie, les plus précaires et les plus pauvres les subissent bien plus que les fauteurs de guerre.
  6. L’exemple de la Commune de Paris montre que des nouveaux pouvoirs peuvent surgir dans la guerre et dans l’invasion. Nous devons apporter notre soutien aux forces locales pour leur permettre d’agir dans ce sens : à la fois contre l’exploitation ukrainienne et contre l’invasion russe.

Notre analyse

Nous avons aussi pris la parole pour donner une courte analyse :

«  Nous avons partcipé aux rasssemblements de solidarité avec l’Ukraine et nous jugeons important de soutenir à la fois ceux qui subissent ce conflit et les forces antiguerre en Russie et ailleurs.

Nous ne pensons pas que – dans l’immédiat – cette guerre s’internationalisera. L’Occident écarte ce scénario pour le moment. Il existe une montée en pression mais pas encore assez pour que la guerre éclate. Cependant le réarmement Allemand est brutal et réel par exemple. Il faut aussi dire que Clausewitz nous enseignait que la guerre, la politique et la diplomatie forment un spectre, elles ne sont pas imperméables les unes aux autres. La guerre entre impérialismes existe donc déjà de fait. On le voit dans les affrontements de Wagner et de la France. Mais c’est son intensité et son intensification qui va être déterminante.

Nous participons donc aux rassemblements, mais il est difficile de prendre la parole et de donner notre point de vue. Si nous reconnaissons le statut d’agresseur à la Russie, cibler celui-ci uniquement reste une posture morale. Elle n’a pas d’effet clair, autrement que de contribuer à une forme d’union sacrée autour de notre bourgeoisie. Nous, nous ne voulons pas de ces postures de « plateau télévisé. » De même, en France, une grande partie de la population est spontanément persuadée qu’elle est quand même dans le pays des droits de l’homme. Même une grande partie de la gauche ne parvient pas à sortir de cela : il reste une image à détruire, car notre impérialisme n’est relativement plus doux que, et seulement que, dans la mesure où il est déjà parmi les dominants.

Nous voulons donc cibler en priorité la responsabilité de notre impérialisme et du grand fauteur de guerre que sont les Etats-Unis.

Or, il est difficile de le faire, il y a une stupéfaction en Europe occidentale et une espèce de «  moment totalitaire  » dans lequel il est très compliqué de pouvoir s’exprimer vraiment, de pouvoir expliquer cliniquement, sans être renvoyés à un manque d’empathie.

Nous essayons cependant d’aider. Nous avons pris contact avec le KSRD et le Parti Maoïste de Russie et nous avons pu diffuser leurs thèses, leurs positions, et faire des appels à des souscription en faveur du KSRD. Nous appelons à en lancer d’autres pour financer concrètement une organisation qui peut jouer un rôle important dans l’aide et dans la reconstruction. C’est aussi important de voir naître, renaître, un mouvement ouvrier et communiste puissant.

Nous avons également tenté de joindre d’autres organisations communistes en France, et nous nous sommes heurtés à un mur du silence. Nous savons que les choses marchent ainsi, hélas, même s’il est regrettable qu’un pas ne soit pas fait en avant pour intervenir autrement que symboliquement. Nous pensons en outre que l’âge des troubles dans lesquels nous rentrons doit nous pousser à serrer les rangs et à avancer vers une unification.

Nous appelons les organisations participantes à ce séminaire à mutualiser au maximum les analyses, les moyens techniques et financer, et à s’épauler mutuellement pour jouer notre rôle le plus efficacement possible.  »

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