Sur la situation politique au Brésil.

La chute de Dilma Rousseff de la présidence du Brésil représente les intérêts de la bourgeoisie, et pas ceux de la classe ouvrière. Certes, la politique de conciliation de classes menée par la Parti des Travailleurs à travers les mandats consécutifs de Lula Ignácio da Silva et de Dilma Rousseff a davantage servi les intérêts de la bourgeoisie, ce qui a inévitablement mené à la crise financière qui a caractérisé le second mandat de la présidente fraîchement destituée.


Le Parti des Travailleur, à la tête du Brésil depuis 2002, n’est rien de plus qu’un simple parti réformiste. Ceux et celles qui attendait mieux se sont ou bien emplis d’illusions, ou bien se sont mal informés. Le PT n’est pas un parti révolutionnaire, il est un parti de cogestion, de coalition, parfaitement intégré à la démocratie bourgeoise car il en est sa jambe gauche, et s’alliant depuis toujours avec la droite dans un souci purement électoraliste.

Alors certes, les réformes sociales menées par Lula puis par Dilma dans le maigre cadre que leur laissait la démocratie bourgeoise ont sorti le Brésil de la situation de famine et de misère dans laquelle il se trouvait jusqu’au début des années 2000. Avant eux, personne n’avait fait quelque-chose de semblable. Certes, le PT a défendu la classe ouvrière à de nombreuses reprise, en particulier à travers la Centrale Unique des Travailleurs (CUT), premier syndicat ouvrier de l’Histoire du Brésil, qui a permis l’établissement d’un rapport de force face au patronat, ce dernier s’est retrouvé obligé de concéder au prolétariat le minimum vital : des droits. Certes encore, le PT a promu la science en créant des universités publiques, en ouvrant l’accès à l’université publique pour les enfants de prolétaires, jusqu’alors exclus de toute éducation supérieure. Enfin, pour rendre au PT ce qui est au PT, il a toujours endossé la bannière des minorités, à travers le mariage homo-affectif, à travers les lois pour la protection des femmes, à travers les cotas raciaux nécessaire pour mettre fin à la marginalisation des afro-brésiliens.

Accusé de corruption par ses propres alliés droitiers, le gouvernement de Dilma Rousseff a commencé à mener la plus vaste campagne anti-corruption de tout l’Histoire du Brésil, permettant ainsi de faire un ménage nécessaire. Cependant, cette bourgeoisie à la tête du Brésil depuis plus de 500 ans n’a pas vu d’un bon œil cette politique anti-corruption, et a commencé à avoir peur pour ses propres intérêts, car la corruption est très récurrente dans les partis de droite, liés de très près aux mafias organisant le trafic de drogue dans les quartiers défavorisés. Dans un soulèvement visant le maintien des pratiques corruptrices, les partis de droite ont commencé un travail de destruction systématique et de stigmatisation du gouvernement de Dilma Rousseff, afin d’empêcher la tenue de tout procès anti-corruption, ce qui a abouti à une escalade politique qui a mené, fin avril, à la destitution provisoire de la présidente de la République.

Ce 31 août dernier, un sénat composé très majoritairement de politiciens corrompus, a voté pour la destitution officielle de la présidente Dilma, au nom de la lutte contre la corruption, ironiquement.

Aujourd’hui le Parti des Travailleurs paie pour les alliances toxiques qu’il a réalisé avec la bourgeoisie corrompue, avec les chefs mafieux, avec ces colonels prêts à tout pour asservir la classe ouvrière, avec ces politiciens putschistes. Et il n’est qu’un exemple supplémentaire de l’échec prévisible et inexorable de la sociale démocratie. L’impossibilité de la conciliation de classe, de vouloir à la fois servir le peuple tout en ne froissant pas la bourgeoisie, est symptomatique de la politique du PT. Même une fois le putsch consommé, Lula dans ses derniers discours en septembre 2016, qui est encore très fort d’une base populaire large, confirmait la continuation de la conciliation de classe. Le Parti des Travailleurs se prend a son propre piège : il continue de s’allier avec les mêmes partis de droite dans des coalitions électoralistes pour les élections municipales qui auront bientôt lieu au Brésil : comme si toute cette débandade ne lui avait pas servi de leçon.

Le retour de la grande bourgeoisie au pouvoir officiel est marqué par un virage à droite : destruction systématique de la santé, de l’éducation et plus généralement du service publique, répression toujours plus forte des mouvement ouvriers, fin des allocations sociales, libéralisation à l’extrême de toute l’économie, vente des moyens de production, en particuliers dans l’industrie lourde et le domaine pétrolier.

 Peu d'options sont ouvertes aux forces révolutionnaires et progressistes brésiliennes. Pour en finir avec la bourgeoisie, elle sera confrontée à la lourde tâche de se recomposer et de former ou d'intégrer un parti de masse, lequel sera en mesure de mener une lutte révolutionnaire. La conciliation de classe n’amènera qu'a l'impasse, seule la lutte frontale contre la bourgeoisie peut amener à la victoire. Cette effort gigantesque, dans des conditions terribles que doivent entamer les communistes brésilien doit recueillir notre soutien politique, partout dans le Monde.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *