Confinement 3.

Le confinement numéro 3 est déclaré.

Comme de nombreuses trilogies, le premier opus est original, le deuxième terni, le troisième carrément minable. C’est aussi le cas de ce confinement-ter.

Un confinement informe.

Nous sommes en désaccord lorsque la page anarchiste-autonome Nantes Révoltée indique que le gouvernement fait la guerre à la vie sociale. C’est une demi-vérité. En réalité, le gouvernement propose un savant calcul : entre acceptabilité des mesures, espoir démagogique d’être réélu, maintien de l’économie et des profits, et, enfin, lutte contre l’épidémie. La vie sociale n’est pas jugé comme une ennemie, mais uniquement comme une variable secondaire.

Le problème de ce calcul est que son résultat est un moyen-terme, une demi-mesure. Les résultats sont là  : l’épidémie frappe plus fort encore que pendant la 2e vague.

il est possible de sortir de chez soi pour se promener, s’aérer ou faire du sport, en journée, sans aucune limitation de durée mais avec une attestation et à la condition de rester dans un rayon limité à 10 kilomètres autour de chez soi”  : En somme, les principales causes de contamination (transport en commun, école, travail) ne sont pas directement impactés. Quant à ceux et celles qui ont, jusque là, fait fi de ce confinement et de cette distanciation, il est illusoire de croire que cette injonction suffira à les faire changer d’avis.

La tactique de Castex et de Macron se limite donc, à nouveau, à demander d’appliquer les mesures de distanciation (avec, à la clé, des campagnes de communication ridicules), et de demander, si possible, du télétravail. En somme, il se défausse.

C’est un démenti terrible qui frappe à la fois le gouvernement ceux qui prônaient le «  vivre et laisser mourir  ». Les libéraux et les négationnistes de la pandémie sont au pied du mur. Vivre avec le virus s’est retourné contre eux. Le virus mute, se modifie, contamine, recontamine. Pendant ce temps, les urgences se remplissent, les opérations sont déprogrammées… et ceux qui ont été contaminés font face à des séquelles handicapantes et parfois graves.

La pandémie dure. Pourtant, nous pensons qu’il est encore possible d’accepter un confinement strict. En dépit des difficultés, en dépit de l’épuisement… Nous pensons qu’il est possible de faire cet effort ultime, pour que les urgences désemplissent, pour que le taux de positivité diminue, pour que les clusters s’éteignent.

Nous pouvons accepter cette épreuve.

Nous pensons que nous pouvons accepter encore une épreuve supplémentaire. Trouver en nous la capacité de faire face à ces défis. Bien que nous puissions comprendre aisément que pour certains et pour certaines ce soit une épreuve d’une difficulté immense. Il est vrai que trop, c’est trop  !

Ainsi, nous ne pouvons pas ne pas condamner le carnaval de Marseille, où 6 500 personnes se sont rassemblées sans masques et sans distanciation. Nous comprenons le besoin individuel de divertissement, de socialisation, mais le problème est ailleurs, car nos actes individuels ont des répercutions collectives. De même que l’alcool au volant ne menace pas que la vie de celui qui s’en rend coupable, mais peut impacter celle des autres, le non-respect des gestes barrières est une entrave à la guérison de toutes et tous.

Cette épreuve concerne l’ensemble des aspects de nos vies, elle pose la question de la définition même de la liberté. Nous, nous l’interprétons comme la fille de la nécessité. Elle est l’espace qui nous appartient quand le nécessaire est réalisé. Au travers du Carnaval de Marseille, nous pensons que c’est le conflit entre la conception libérale et individuelle de la liberté et la conception collective de celle-ci qui s’affronte.

Ce type d’acte fait reculer la lutte contre la pandémie. Elle rend hélas le besoin d’un confinement strict encore plus patent. Mais il faut qu’il débouche sur quelque chose. Sur une solution, sur une issue, sur la possibilité de pouvoir à nouveau se projeter vers un avenir, vers une sortie, vers la fin de cette pandémie.

Vaccins ou jeux de puissants  ?

Nous avons besoin de la vaccination générale. Les efforts louables de privilégier les personnes vulnérables peuvent réduire le nombre de morts, mais ils n’impactent pas la dynamique. Tant que les personnes clés, les plus contaminantes, ne sont pas vaccinées, l’épidémie pourra se poursuivre.

Le gouvernement a reconnu que la campagne de vaccination avait démarré «  trop tard  » et «  pas assez fort  ». C’est un euphémisme  ! D’ailleurs, les manœuvres pour donner l’impression que les choses avancent (vaccination par les pharmaciens, vaccinations par les vétérinaires ou par les dentistes…) camouflent mal le problème majeur  : il n’y a pas de doses.

Mais nous ne pouvons pas, pour autant, accepter que les autres pays, que les continents moins riches – et plus vulnérables – soient privés de vaccin. Nous en avons assez de ces petits jeux, de ces manigances qui visent à refuser certains vaccins sur la base de leur origine. Le clivage géopolitique qui conduit à dénigrer les vaccins chinois ou russe est inacceptable.

Macron a parié, et il a perdu. Nous en payons le prix.

Depuis l’échec du confinement-bis, le moral des habitants et habitantes du pays est bas. Les perspectives économiques et sociales sont mauvaises. La morosité est constante. En dépit du fait qu’il mette l’économie en avant, beaucoup de petits commerces périclitent. Et ça n’est qu’un début. Lorsque «  l’économie de guerre  » macronienne s’arrêtera, une crise nouvelle commencera. Finalement, hormis une petite poignée de capitalistes monopolistes, qui se sont repus tant de la fin de la concurrence que de l’argent public, tout le monde est perdant.

Pourtant Macron refuse de faire un mea culpa. Boris Johnson et Angela Merkel se sont livrés à cet exercice  : reconnaître ses torts, accepter d’avoir failli. Macron et son gouvernement, comme à leur habitude, s’y refusent. Il y a là une illustration d’une des faiblesses de la démocratie à la française.

Merkel, par exemple, est une dirigeante nommée par le Bundestag, elle n’est pas une monarque républicaine. Macron, qui est président d’une démocratie présidentielle, autoritaire, née d’un coup d’État, est intouchable. Infatuée de son orgueil, il se permet d’être méprisant.

Le gouvernement cumule décidément. Entre la négation des violences policières, la négation des contaminations en milieu scolaire, les mensonges… et l’attitude individuellement stupide de personnes comme Roselyne Bachelot, qui fait fi de la distanciation sociale et des gestes barrières. Au moins, elle a possiblement contaminé Michel Sardou.

Nous avons pu voir, au cours de cette pandémie, toute l’incompétence de politicards sans vergogne. Nous avons vu la vulnérabilité de notre système hospitalier.

Nous avons vu le mensonge constant, omniprésent.

Nous avons vu les limites du libéralisme, son hypocrisie.

Nous méritons mieux que ça. Nous méritons mieux que cet avenir de médiocrité, de misère, de crise économique.

Mais nous pensons que cet avenir ne dépend que de nous, que de notre capacité à pouvoir œuvrer ensemble à contrer les assauts gouvernementaux, à conjurer la crise et la misère, à riposter coups pour coups.

Luttons ensemble, contre la pandémie. Soyons distanciés physiquement mais unifiés socialement  : un bloc populaire, pour mettre un terme à la misère  !

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