Discours au 110e anniversaire de l’insurrection de Pâques 1916

Chers camarades, chers amis,

Nous adressons notre profonde gratitude à Anti-Imperialist Action pour avoir organisé avec tant de succès cette commémoration du grand soulèvement de Pâques de 1916. Nous sommes très fiers de figurer parmi les nombreux invités venus de nombreux pays qui se sont rassemblés ici à cette occasion.

Nous traversons une période d’intensification des contradictions impérialistes. Cela soulève la question suivante : que peut faire le faible et dispersé mouvement révolutionnaire en Europe contre les plans de guerre de la bourgeoisie impérialiste ? Nous souhaitons aborder cette question brièvement et avec humilité, d’un point de vue pratique.

Alors que les impérialistes et les compradors renforcent leurs alliances réactionnaires entre eux, nous ne devons pas rester isolés à l’intérieur de nos frontières. Des relations solides et fiables entre les partis et organisations révolutionnaires ne peuvent se construire du jour au lendemain, quand nous en avons cruellement besoin. Les réseaux de communication, et surtout, la confiance, ne sont pas des choses que l’on peut improviser à partir de rien quand il est déjà trop tard. Avec la création d’un réseau international de révolutionnaires, beaucoup de choses deviennent possibles : les forces peuvent être partagées, les faiblesses peuvent être surmontées. Nous tenons à insister sur le fait qu’un internationalisme concret et pratique peut rendre beaucoup de choses possibles, mais qu’il n’est jamais acquis ; il faut de nombreuses années et beaucoup d’efforts pour le développer, et il n’y a pas de raccourcis. Les investissements tactiques que nous pouvons faire dès maintenant pour développer la solidarité révolutionnaire à travers l’Europe et au-delà constituent une nécessité stratégique pour l’avenir. Ne nous laissons pas trouver dispersés par la montée du militarisme et des guerres impérialistes, mais en ligne.

L’unité pratique ne peut exister sans unité théorique et idéologique. Ce n’est que sur le terrain solide de principes et de compréhensions partagés que les partis et les organisations peuvent être prêts à faire des sacrifices les uns pour les autres. Nous ne pouvons pas nous contenter de slogans superficiels ou du plus petit dénominateur commun. Le débat communiste est souvent considéré comme une perte de temps plus qu’autre chose — c’est parfois le cas, lorsque le dogmatisme remplace la méthode scientifique. Cependant, il n’y a aucune bonne excuse pour ne pas prendre ce travail en main, pour construire les bases d’une unité toujours plus grande. Bien sûr, ce processus n’est pas possible s’il n’est pas lié à des expériences concrètes dans chaque pays. On ne peut répondre aux questions que lorsqu’elles surgissent dans la réalité de la lutte, pas sur des blogs. Cela étant dit, nous ne devons jamais nous contenter d’un degré d’unité qui ne soit pas le plus élevé possible. Celui-ci ne surgira pas de nulle part, c’est un travail à accomplir aussi sérieusement que n’importe quel autre. Chaque guerre impérialiste engendre de nouveaux débats et trace de nouvelles lignes de démarcation entre les opportunistes et les révolutionnaires. Nous ne devons pas fuir ces débats ni brouiller ces lignes de démarcation. Cette lutte est la condition de toute unité pratique réussie.

Surmonter la dispersion pratique et théorique, la confusion et la désorganisation parmi les révolutionnaires de différents pays est notre devoir principal face à la nouvelle période de guerres impérialistes et de luttes populaires. Pour cette lutte, comme pour toutes les autres, nous voulons souligner la nécessité de construire des partis de cadres dans chaque pays où le Parti révolutionnaire n’existe pas encore. Pour intensifier notre travail pratique et théorique, nous ne voyons d’autre voie que la construction patiente d’un parti de cadres au sein de la lutte des classes. Il n’est jamais trop tôt pour en faire une priorité, surtout dans notre nouvelle période. Le travail qui reste à accomplir au niveau international est impossible s’il n’est pas déjà accompli par chaque organisation au niveau national.

Rappelons-nous qu’il ne peut y avoir de direction communiste sans une avant-garde de cadres communistes pour être cette direction, ni dans les luttes spontanées des masses, ni dans un large front de plusieurs organisations ; et, qu’il ne peut y avoir d’avant-garde de cadres capable de conquérir la direction communiste sans une formation de cadres au sein d’une organisation de cadres disciplinée et centralisée.

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