Notre organisation a participé avec plusieurs organisations jeunes et de jeunesse du monde entier au Symposium international de la jeunesse convié par la Jeunesse démocratique nouvelle (YDG) le 10 janvier 2026 à Berlin.
I. Le danger de la guerre impérialiste et la jeunesse
Chères et chers camarades de tous les pays,
En ce moment même, en Ukraine et en Russie, des milices fascistes et étatiques raflent des jeunes hommes dans la rue et jusque chez eux, pour les envoyer mourir au front, sous les drones.
Il y a bientôt 4 ans, le 24 février 2022, la Russie a lancé une invasion terrestre à grande échelle de l’Ukraine. Cette invasion n’est pas un évènement isolé ou soudain, mais l’aboutissement de 3 décennies de lutte croissante entre la Russie, d’une part, et les pays de l’alliance atlantique, d’autre part. Cette lutte était et est toujours une lutte pour la domination et l’exploitation des pays postsoviétiques et d’Europe de l’Est. C’est en Ukraine, pour l’État et le marché ukrainien, que cette lutte entre pays impérialistes s’est en premier intensifiée en lutte ouverte — la guerre. Cependant, au XXIe siècle, l’Ukraine n’est que le premier pays du monde à être ravagé par la lutte interimpérialiste ouverte. Dans les prochaines années, l’Ukraine sera suivie par de nombreux autres pays.
Dans tous les pays impérialistes, la bourgeoisie le sait, c’est pourquoi elle se prépare à la guerre. Cet effort de remilitarisation n’est nulle part aussi visible qu’en Europe, parmi les pays impérialistes de l’alliance européenne. Jusqu’à récemment, ceux-ci se reposaient encore sur les USA, dans l’alliance atlantique, pour assurer la défense de leur sphère d’influence. Cependant, avec l’intensification de la lutte interimpérialiste avec la Russie, d’une part, et la Chine, d’autre part, les conditions de l’alliance atlantique évoluent : les USA ne veulent plus assumer seuls les investissements croissants nécessaires à la défense de l’hégémonie impérialiste occidentale. Les pays impérialistes de l’alliance européenne, la France et l’Allemagne à leur tête, se réarment avec pour objectif d’être prêts pour une guerre à grande échelle d’ici 2030 ! Dans la lutte entre grandes puissances pour le partage du monde, les impérialistes ne parlent plus seulement d’expéditions néocoloniales — comme la France en menait jusqu’à récemment en Afrique — mais de conflits conventionnels !
La bourgeoisie impérialiste intensifie son offensive réactionnaire sur les masses populaires, et en particulier sur la jeunesse populaire. Cette offensive n’a pas seulement pour but de briser la résistance des masses populaires, pour augmenter leur exploitation et leur oppression ; elle a aussi et surtout pour but de rallier celles-ci à la réaction, pour les entraîner dans ses entreprises belliqueuses. Dans tous les pays impérialistes, les classes dominantes ont besoin de renforcer leur alliance impérialiste avec les classes populaires, en vue des prochains conflits mondiaux. Alors que le néolibéralisme fissure cette alliance réactionnaire, la bourgeoisie trouve un ciment national dans le chauvinisme va-t-en-guerre. C’est dans ce cadre que les attaques politiques et idéologiques réactionnaires contre la jeunesse populaire doivent être comprises.
Alors que la démographie décline partout en Europe, les jeunes femmes sont les premières cibles des politiques militaristes natalistes de la bourgeoisie impérialiste. En France, le mot d’ordre de la bourgeoisie impérialiste est le « réarmement démographique » : la guerre a besoin d’enfants pour nourrir ses tranchées. Pour l’instant, ces politiques de promotion de la famille sont restreintes à des mesures keynésiennes ; mais prochainement, elles présagent des attaques plus agressives sur les droits reproductifs des femmes, particulièrement des jeunes femmes. Dans son effort de remilitarisation, la bourgeoisie impérialiste veut soumettre les nouvelles générations de femmes et unir les nouvelles générations d’hommes sous la bannière d’un nationalisme viril.
L’attitude de la jeunesse face à l’offensive réactionnaire de la bourgeoisie impérialiste varie beaucoup entre les classes, mais aussi entre les pays. En Europe, en 2025, la France est le seul pays où le groupe des 18-29 ans est majoritairement favorable à la réintroduction du service militaire obligatoire1. Jusqu’à la moitié des jeunes Français et Françaises disent être prêts et prêtes à s’engager volontairement dans l’armée en cas de conflit2. Cela n’est pas étranger au fait que la France soit le 2e pays exportateur d’armes au monde, et la 1re armée et seule puissance nucléaire de l’alliance européenne. Depuis la fin de la 2de Guerre interimpérialiste mondiale, l’impérialisme français a une stratégie d’autonomie militaire, qui maintient des investissements soutenus dans son armée et son industrie de l’armement3. Avec la montée des tensions interimpérialistes, entre l’alliance atlantique et la Russie, et à l’intérieur de l’alliance atlantique, entre l’alliance européenne et les USA, la France espère gagner la direction de l’alliance européenne. Cela a des conséquences idéologiques réactionnaires dans les masses : le militarisme a une connotation relativement positive, garant de l’industrie nationale et de la « place de la France dans le monde ».
L’apathie politique de la jeunesse populaire envers la guerre est un symptôme de la force idéologique de la bourgeoisie impérialiste sur les masses populaires, qui placent leurs espoirs dans les illusions bourgeoises de réussite individuelle. La bourgeoisie veut convaincre les franges les plus pauvres de la jeunesse populaire — celles qui sont reléguées aux secteurs les moins embourgeoisés du salariat, comme le service ubérisé ou le travail temporaire — que les paris sportifs et les micro-investissements financiers sont la voie de son émancipation.
En France, une majorité de la jeunesse est « de gauche », c’est-à-dire progressiste. Cependant, celle-ci adhère toujours au point de vue de « sa » bourgeoisie impérialiste dans la lutte interimpérialiste. La guerre de l’Ukraine contre la Russie est largement considérée comme une guerre juste. La gauche réformiste parlementaire joue un rôle décisif dans le maintien de cette hégémonie politique et idéologique sur la jeunesse. Le parti social-démocrate La France insoumise est le premier parti des jeunes4. La France insoumise se présente et est perçue comme la seule « alternative » à la réaction, voire au fascisme. Pourtant, Mélenchon n’est pas moins un champion de l’impérialisme français que Macron ou Le Pen.
Mélenchon veut un impérialisme français « émancipé » de la domination des impérialismes américain et allemand, des monopoles nationaux libres de l’exploitation et de l’oppression des monopoles étrangers. Mélenchon veut un impérialisme français à équidistance des blocs occidental et russo-chinois, plus autonome des alliances atlantique et européenne, et arbitre des luttes interimpérialistes mondiales. Mélenchon veut un impérialisme français des 5 océans, une puissance maritime forte de ses colonies d’outre-mer qui lui donnent la 2e zone économique exclusive (ZEE) du monde. Mélenchon veut un impérialisme français des lumières humanistes, un rayonnement de la France en Amérique latine, en Afrique et en Asie avec le développement de « nouvelles » relations sur une base d’« égalité ». En bref, Mélenchon veut défendre « la place de la France dans le monde » avec une nouvelle stratégie agressive pour l’impérialisme français.
Ces rêves sociaux-impérialistes et sociaux-colonialistes pour l’impérialisme français, Mélenchon les vend à une jeunesse en demande de renouveau. Le programme politique de La France insoumise ne propose qu’un masque progressiste pour l’impérialisme français, mais en rien une « alternative » à celui-ci. La France insoumise, c’est l’aile gauche de la bourgeoisie impérialiste française. Nous devons le dire, et en priorité à la jeunesse, parce que La France insoumise est partout le meilleur allié de la réaction en France. La France insoumise jouit d’un certain prestige du fait de ses défaites à répétition, qui ne lui ont pas encore donné l’opportunité de trahir les espoirs mis en elle. Cependant, nous ne devons permettre à aucune confusion sociale-démocrate de subsister, particulièrement dans les nouvelles générations en lutte.
L’hégémonie réformiste sur la jeunesse se ressent en permanence. Elle a été un frein important dans la radicalisation des mobilisations en défense de la lutte de libération nationale du peuple palestinien, portée par la jeunesse après l’offensive du 7 octobre 2023. Elle joue depuis plusieurs années un rôle politique liquidateur majeur dans la Jeune garde antifasciste — première organisation antifasciste de France, qui rassemble les jeunes hommes et femmes combatifs et combatives. Elle a participé à maintenir les mouvements sociaux de la période 2016-2023, dans lesquelles plusieurs générations ont découvert la lutte, dans l’impasse des méthodes légales et réformistes, jusque dans une série de défaites cuisantes, mais prévisibles. En général, elle perpétue l’impuissance politique face à la montée de la réaction et du militarisme.
La France insoumise, comme forteresse des mirages sociaux-démocrates, est le principal obstacle à abattre auprès de la jeunesse populaire, dans la lutte pour une alternative révolutionnaire. La France insoumise a besoin du vote des jeunes pour rester une force électorale de premier ordre, elle le sait et elle défend jalousement son hégémonie sur la jeunesse contre toutes celles et tous ceux qui chercheraient à dépasser la politique bourgeoise. Élection après élection, depuis une décennie, La France insoumise appuie sur les angoisses de la jeunesse pour la pousser vers les urnes. La croissance d’une alternative politique révolutionnaire serait le pire scénario pour La France insoumise, parce qu’elle signifierait sa mort politique. Partout où le mouvement spontané se heurte à la stérilité congénitale du réformisme, La France insoumise est là pour prévenir la progression vers l’opposition extraparlementaire et pour dévier les meilleures forces du camp de la révolution. Cela, ce sont les jeunes militants et militantes qui en sont les premières victimes.
La force de La France insoumise dans la jeunesse, avec celle de la gauche bourgeoise en général, doit être comprise comme une partie de l’offensive réactionnaire de la bourgeoisie impérialiste sur les masses populaires. Pour être plus précis, c’est une manœuvre de l’aile gauche de la bourgeoisie impérialiste pour ne pas se séparer de toute une frange des masses populaires — dont la jeunesse populaire — que son aile droite menace de s’aliéner.
Aujourd’hui, en France, ce dont la jeunesse a besoin, c’est d’un parti de cadres apte à organiser et diriger la lutte jusqu’à un niveau supérieur, au-delà de la politique bourgeoise.
Nous vous remercions.
II. La lutte internationale et l’unité de la jeunesse
Chères et chers camarades de tous les pays,
En France, pendant la période 2016-2023, le mouvement révolutionnaire a pu croître sur les masses de jeunes qui découvraient la lutte en manifestation et sur les blocages, dans de larges mobilisations. Suite à l’échec de ces mouvements sociaux, les nouvelles générations se sont en partie détournées de l’engagement politique. Notre nouvelle période est marquée par le turnover et le déclin de plusieurs structures qui avaient réussi à organiser les jeunes politisés dans la période précédente.
Aujourd’hui, nous payons le prix de l’échec des mouvements sociaux sous la direction réformiste du syndicat CGT. L’incapacité du mouvement communiste à organiser et diriger la jeunesse s’explique d’abord par son incapacité à lui proposer une direction autonome des directions réformistes.
Aujourd’hui, la première tâche des communistes en France est de reconstruire un parti communiste de cadres, et avec lui, un mouvement communiste puissant et offensif. Pour y arriver, le mouvement communiste doit commencer par tracer une ligne de démarcation aussi nette que possible entre le révisionnisme et la révolution. Cela n’a rien d’évident, quand le mouvement communiste est toujours dominé par le révisionnisme ! Qui sont nos amis et qui sont nos ennemis ?
Aujourd’hui, la jeunesse populaire est politiquement désespérée et effrayée : elle place tous ses espoirs dans la politique bourgeoise de gauche. Ces faux espoirs sont motivés et entretenus par les mensonges réformistes et révisionnistes, qui paralysent les jeunes hommes et femmes progressistes. En France, le mouvement communiste doit comprendre qu’aucun travail de construction n’est possible sans d’abord faire le ménage chez soi ! Pour citer le camarade Mao : « là où le balai ne passe pas, la poussière ne s’en va pas d’elle-même. » Nous avons 80 ans de révisionnisme à balayer ! Le réformisme et le révisionnisme sont ce qui perpétue la faiblesse du mouvement communiste en France. Le réformisme et le révisionnisme sont nos principaux ennemis !
Systématiquement, nous devons réfuter les théories et rhétoriques qui justifient l’apathie politique, sous la forme du parlementarisme ou du syndicalisme ; systématiquement, nous devons prouver qu’une alternative révolutionnaire et internationaliste à la politique bourgeoise de gauche est possible. Nous devons avancer sûrs de nos principes. Nous ne devons pas avoir peur d’attaquer les organisations réformistes et révisionnistes pour ce qu’elles sont.
La guerre interimpérialiste en Ukraine nous a fourni une formidable démarcation entre les internationalistes, d’une part, et les sociaux-impérialistes et sociaux-pacifistes, d’autre part, qu’ils soient soutiens de l’Ukraine compradore — comme les gonzalistes de la Ligue de la jeunesse révolutionnaire (LJR) — ou de la Russie impérialiste — comme les soi-disant « marxistes-léninistes » du Pôle de renaissance communiste en France (PRCF) ou de l’Union pour la reconstruction communiste (URC).
Cependant, en France, la guerre interimpérialiste ne fait pas encore partie des principales préoccupations de la jeunesse. Celle-ci est encore loin derrière le pouvoir d’achat, la situation économique, l’accès à l’emploi, ou encore, la protection de l’environnement5. En France, la jeunesse ne saisit pas encore le problème de la 3e Guerre interimpérialiste mondiale dans toute son imminence catastrophique. Les communistes sont encore perçus comme des prophètes de l’apocalypse, malgré les faits qui confirment chaque jour la tendance à la 3e Guerre interimpérialiste mondiale.
Parmi les principales préoccupations de la jeunesse, il y a deux luttes dans lesquelles le mouvement communiste a été à l’arrière-garde ces dernières décennies : l’écologie et le féminisme. La protection de l’environnement est la 3e préoccupation des jeunes, et les inégalités de genre sont la 2e préoccupation des jeunes femmes6. Trop souvent, le mouvement communiste a ignoré ou négligé les luttes écologiste et féministe ; ou alors, ne s’est contenté que de leur apporter un soutien cosmétique. En France, les communistes retardent sur les masses populaires, notamment sur la jeunesse populaire, et adoptent des positions réformistes voire réactionnaires, au lieu d’approfondir et d’appliquer la science marxiste. Cette insuffisance grave doit être comprise comme une victoire idéologique de la bourgeoisie sur le mouvement communiste, qui a réussi à réduire la portée de notre vision du monde. Quand la jeunesse s’empare de la lutte contre l’écocide, les communistes ont peur de parler d’abolition de l’élevage ; quand la jeunesse s’empare de la lutte contre le patriarcat, les communistes ont peur de parler d’abolition du genre. Pour construire grand, nous devons penser grand, c’est-à-dire au-delà de la vision du monde étroite et pourrissante de la société bourgeoise.
La jeunesse se mobilise pour l’écologie et le féminisme, parce qu’elle est consciente que derrière ces questions se trouve la question de son avenir. La jeunesse ne se mobilise pas encore contre la guerre, parce qu’une telle mobilisation ne peut exister que sous direction prolétarienne, et que cette direction n’existe pas encore.
Sur l’émancipation des femmes, c’est à dire sur la résolution de la contradiction entre hommes et femmes, par l’abolition du régime d’exploitation et d’oppression des femmes par les hommes (le patriarcat), le mouvement communiste peine à prendre une position d’avant-garde, alors même que les jeunes femmes ont besoin d’une telle avant-garde communiste. Sans avant-garde communiste dans les luttes féministes des masses de jeunes femmes, celles-ci ne peuvent rester que sous direction petite-bourgeoise, et donc, échouer à tracer la voie révolutionnaire nécessaire à l’émancipation des femmes. En France, les positions communistes sur l’émancipation des femmes sont toujours dominées par le spontanéisme économiste et démocratiste, au lieu de s’attaquer à la compréhension et à la transformation radicale et scientifique du problème. Les communistes n’ont pas le courage de mettre des mots révolutionnaires sur la réalité que vivent chaque jour des milliers de femmes, particulièrement de jeunes femmes, et encore moins de mener une lutte révolutionnaire contre celle-ci. Pourtant, les masses de femmes et de jeunes femmes ont besoin de la théorie et de la pratique que seules les communistes peuvent leur apporter, pour comprendre et transformer leur situation d’exploitation et d’oppression de genre.
Depuis plusieurs années, une scission politique croissante s’observe entre jeunes hommes et jeunes femmes dans tous les pays occidentaux : les jeunes femmes deviennent beaucoup plus progressistes que les jeunes hommes7. La montée de la réaction chez les jeunes — qui se constate à chaque élection — est largement portée par les jeunes hommes. D’une part, les jeunes femmes sont plus prolétarisées que les jeunes hommes ; d’autre part, les jeunes femmes prolétaires sont plus avancées que les jeunes hommes prolétaires, qui sont plus sensibles à la propagande bourgeoise de la réussite individuelle. Le développement de l’idéologie masculiniste est aussi l’une des causes de cette scission politique. Les jeunes femmes et hommes sont de plus en plus conscientes et conscients des rapports de domination patriarcaux. En face de la menace féministe, les jeunes hommes se tournent donc massivement vers la réaction masculiniste.
Contre l’offensive réactionnaire sur les masses populaires, les communistes doivent lutter pour l’unité populaire. Le renforcement de l’unité entre les classes dominantes et populaires, d’une part, n’est possible qu’avec la division des classes populaires, d’autre part. Combattre la réaction masculiniste qui divise de plus en plus la jeunesse populaire, c’est combattre l’exploitation et l’oppression des femmes jusqu’au bout. Alors que le féminisme et le masculinisme deviennent des problèmes politiques de premier ordre pour la jeunesse, les communistes doivent assumer leurs tâches, et lutter plus fort et plus loin que toutes les autres forces progressistes.
Dans notre période, les communistes ne doivent pas abandonner le programme communiste sur la famille, mais le porter au premier plan. La famille, c’est la soumission des femmes, de leur travail et de leur corps, aux hommes. Les communistes sont la seule force politique à oser porter le mot d’ordre révolutionnaire d’abolition de la famille, pas seulement de telle ou telle catégorie historique de la famille, mais de la catégorie historique générale de la famille. Pour citer les camarades Marx et Engels, dans le Manifeste : « L’abolition de la famille ! Même les plus radicaux s’indignent de cet infâme dessein des communistes.8 »
Alors que la bourgeoisie prépare politiquement et idéologiquement des attaques sans précédent sur les femmes, particulièrement sur les jeunes femmes, et que celles-ci ont fait de leur genre un étendard de lutte, les communistes ne peuvent plus laisser les réformistes à la tête des mouvements de femmes féministes. D’une part, le mouvement féministe ne peut pas se permettre de perdre les batailles décisives qui s’annoncent pour les femmes, sous une direction petite-bourgeoise ; et d’autre part, le mouvement communiste ne peut pas se permettre de rester séparé, isolé, coupé, des masses de femmes féministes. Autrement dit, le mouvement communiste et féministe doivent fusionner, les masses de femmes féministes doivent gagner une direction prolétarienne.
Plus généralement, le mouvement communiste doit offrir à la jeunesse populaire ce que la bourgeoisie ne peut plus lui vendre : une nouvelle culture, faite de principes et de combats. La bourgeoisie cherche à liquider idéologiquement la jeunesse dans une culture d’aliénation, à noyer son esprit de lutte dans les marchandises, les drogues et l’alcool, mais aussi les femmes-objets, par la pornographie et le libéralisme sexuel. La jeunesse souffre intensément et dans des proportions massives de la médiocrité de la culture bourgeoise de consommation de soi et des autres : en France, un quart des jeunes hommes et femmes sont dépressifs. La jeunesse cherche partout un sens, une cause supérieure à laquelle se dédier et dans laquelle se réaliser.
Pour citer la camarade Zetkin : « La grandeur suprême du communisme comme vision du monde nous gagnera leur sympathie.9 » Mais, nous devons rajouter : seulement si le mouvement communiste se montre digne de la grandeur suprême de sa vision du monde.
Vive la lutte de la jeunesse de tous les pays ! Vive l’unité internationale de la jeunesse !
Nous vous remercions.
1 I. Krastev et M. Leonard, « Trump’s European revolution », European Council on Foreign Relations, 23 juin 2025. À l’adresse :
https://ecfr.eu/publication/trumps-european-revolution/
2 F. Micheau, « Les jeunes et les conflits internationaux », Opinionway, mars 2025. À l’adresse :
https://www.opinion-way.com/fr/publications/les-jeunes-et-les-conflits-internationaux-2025-19442/
3 F. Ecalle, « Les dépenses militaires en 2022 dans l’Union européenne », Fipeco, 12 mars 2024. À l’adresse :
4 Ibidem.
5 A. Tétaz et F. Vacas, « Avoir 20 ans : l’état d’esprit des jeunes Français en 2025 », Ipsos, 30 janvier 2025. À l’adresse :
https://www.ipsos.com/fr-fr/avoir-20-ans-letat-desprit-des-jeunes-francais-en-2025
6 Ibidem.
7 Y. Algan et E. de Laubier, « Un fossé idéologique grandissant entre jeunes femmes et jeunes hommes en France », Cepremap, 24 mars 2025. À l’adresse :
8 K. Marx et F. Engels, Le Manifeste du parti communiste, 1848.
9 C. Zetkin, La lutte contre le fascisme, 20 juin 1923.