Soirée de solidarité avec Georges Abdallah.

Hier, 19 octobre 2021, s’est tenu une soirée de solidarité avec Georges Abdallah.

Nous tenons à remercier les organisateurs et organisatrices de cet événement, ainsi que ceux qui y ont participé. Nous saluons le CPES (Comité Prolétarien d’Entraide et de Solidarité), la LJR (Ligue de la Jeunesse Révolutionnaire) et le Collectif 69 de soutien au peuple palestinien qui étaient présents.

Nous saluons le succès de cette soirée, qui illustre l’intérêt constant pour la lutte palestinienne et pour la liberté de Georges Abdallah, enfermé depuis 1984. Au cours de cette soirée, plusieurs prises de parole ont été réalisées. Elles ont permis de retracer le contexte de la lutte du peuple palestinien, du peuple libanais et de Georges Abdallah. Elles ont aussi restitué une notion importante : celle de l’impérialisme. A la suite de cette intervention, le film Fedayin, qui retrace le combat de Georges Abdallah, a été projeté.

Nous remercions nos camarades de nous avoir aussi donné l’occasion de prendre la parole et de pouvoir donner notre point de vue sur cette question. Nous la retranscrivons ici1  :

«  Pour ne pas répéter les aspects factuels de la situation de Georges Abdallah et de de celle de la Palestine et du Liban, nous allons parler brièvement de l’importance de la personne.

Il existe un certain courant qui consiste à insister sur les victimes des violences, et qui met sur un pied d’égalité les victimes de la violence et les victimes de la violence des victimes. Cette mise sur pied d’égalité nie l’origine de la violence première, et ne demande qu’une chose, c’est que la violence cesse. Or, demander que la violence cesse, cela revient à accepter la situation, à l’entériner. En Palestine, cela revient à normaliser l’occupation et la colonisation.

Or Georges Abdallah n’est pas une victime, mais un combattant. C’est quelqu’un qui n’a pas capitulé. Les juges lui ont fait endosser l’entière responsabilité des éliminations faites par les FARL. (Nous disons élimination car ce sont des opérations militaires, dans le cadre d’une guerre, et non pas des meurtres.) A l’origine pourtant, il n’est accusé que d’usage de faux passeport. Georges Abdallah a accepté d’endosser cette responsabilité, même si elle n’était pas directement la sienne, car en tant que rouage de l’organisation, il se sentait la même responsabilité, et le même devoir de défendre politiquement sa cause.

Si nous devons devons retenir une chose de son procès, c’est celle-ci  : «  Si le peuple ne m’a pas confié l’honneur de participer à ces actions anti-impérialistes que vous m’attribuez, au moins j’ai l’honneur d’en être accusé par votre cour et de défendre leur légitimité face à la criminelle légitimité des bourreaux.  »

Ceux et celles qui défileront à Lannemzean ne doivent pas oublier une chose  : ils défilent en honorant non pas une victime passive, mais une personne qui continue de se battre et qui ne renonce pas.

De même, nous ne pouvons oublier une chose  : au-delà de la résistance, il y a l’homme de projet. Georges Abdallah n’est pas que dans une posture défensive, luttant contre une situation criminelle. Il fait partie de ceux et de celles qui luttent pour un nouveau monde. Il est de ceux qui, par leur engagement, par leurs valeurs, préfigurent les habitants d’un monde nouveau.

Il ne s’est pas battu que contre les effets d’une occupation, mais il s’est battu pour qu’un nouveau monde arrive, dans lequel elles n’existeront plus. Dans laquelle la domination et la colonisation seront absentes de Palestine. Un monde dans laquelle, la place d’Israël en tant que «  tête de pont de la démocratie occidentale  », pour reprendre les écrits de Zbinew Brzezinski2, n’aurait plus lieu d’être. En effet, il est porté à bout de bras comme point d’appui de l’impérialisme occidental dans le Moyen-Orient. Un monde de paix et de coopération.

Nous saluons la lutte de Georges Abdallah, nous saluons la résistance Palestinienne, et nous saluons la naissance de ce monde nouveau  !  »

1Celle-ci ayant été faite sans trace écrite, il s’agit d’une retranscription de mémoire, expurgée de répétitions et réorganisée pour être rendue plus lisible.

2Zbigniew Brzeziński, né le 28 mars 1928 à Varsovie et mort le 26 mai 2017 à Falls Church, est un politologue américain d’origine polonaise. Il a été conseiller à la sécurité nationale du président des États-Unis Jimmy Carter, de 1977 à 1981. (Wikipédia) C’est aussi un des grands théoriciens de la géopolitique américaine, ainsi qu’un des promoteurs de la notion de «  système totalitaire  », autour d’une définition ad hoc faite pour attaquer l’URSS. (NdA)

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