À Oullins, on meurt encore de l’amiante.

 

Depuis plus de dix ans, divers cas de pathologies liées à la présence d'amiante -cancers du poumon, de la plèvre, troubles respiratoires aigus- se sont déclarés chez les cheminots qui travaillaient aux ateliers d'Oullins [Département du Rhône].
L'amiante, pourtant interdite d'utilisation depuis 1997, est toujours présente dans le matériel roulant de la SNCF construit avant cette date.
Les cheminots qui travaillent aux ateliers d'Oullins subissent toujours aujourd'hui un contact constant avec cette matière hautement cancérigène, et ce, depuis des années.
La CGT a pourtant effectué un travail de recueil des plaintes de cheminots malades à cause de leur exposition à l'amiante sur leur lieu de travail et de celles des familles de ces mêmes travailleurs, décédés également à la suite d'une exposition importante à ces produits.
Malgré le grand nombre de plaintes centralisées, la direction de la SNCF rechigne sans cesse à mettre à la disposition de ses ouvriers les dispositifs de protection nécessaires, masques, combinaisons, pour réduire les risques d'inhalation de fibres dangereuse.
 Depuis que l'amiante est déclaré cancérigène par l'Etat, le problème n'est toujours pas réglé: les cheminots continuent de mourir et les seules mesurettes qui sont prises grâce à la pression des syndicats ne sont en rien suffisantes pour protéger efficacement le personnel.

Face à des améliorations qui ne viennent pas, toujours repoussées aux calendes grecques, et face à une justice qui se refuse à reconnaître la responsabilité de la SNCF dans les maladies qui touchent les cheminots, nous soutenons les revendications de la CGT.

Nous exigeons un désamiantage du site d’Oullins.
Nous exigeons la reconnaissance complète de la responsabilité de la SNCF.
Nous exigeons une compensation offerte aux familles des victimes de l’amiante.

L'Etat français est cruellement en retard en termes de respect des normes de sécurité et de santé. Chaque année, les maladies professionnelles et les accidents du travail prennent un lourd tribut sur le contingent des travailleurs et des travailleuses. Chaque année, les dégâts physiques et moraux, les harcèlements et la placardisation frappent des dizaines de milliers de prolétaires. Les mesures judiciaires à la suite d'accidents mortels frappent les responsables, mais aux échelons les plus bas. Les dirigeants, les actionnaires, ceux qui  sont les premiers responsables, échappent à toutes sanctions. Comment seraient-ils condamnés ? La justice est à eux.

Alors une attitude comme celle de la SNCF n'est en rien étonnante, pour les entreprises privées, les profits des actionnaires sont plus importants que la vie des ouvriers et des ouvrières.  Le capitalisme agit avec la plus grande désinvolture quant à la vie des travailleurs. Leur mort, leur santé, leur protection ne sont que des variables de coût calculées comme les autres. Faire des profits, en faire vite, avec le rendement maximum, voilà leur unique mot d'ordre. Qu'importe si le travail devient un moulin à os, dont les ouvriers et ouvrières ressortent brisés ou malades. Qu'importe si les employés et les employées se suicident. Ce ne sont que des données statistiques.

Nous, communistes, nous ne nous satisfaisons pas de cela. Les actionnaires, les patrons et les patronnes agissent en vulgaires parasites qui se repaissent du travail des ouvriers et des ouvrières. Ils vivent de rente et d'exploitation, et pour garantir et augmenter celles-ci, commentent méfaits sur méfaits, crimes sur crimes.
Ils seront jugés, et pas uniquement par l'histoire.
Il n'est pas possible, il est illusoire de croire que le patronat acceptera de partager son pouvoir, d'être fair play, de partager les richesses. Il est illusoire de croire que, tant qu'il lui restera une once de pouvoir, il acceptera de céder aux revendications et aux réformes que promettent ceux qui croient au pouvoir des urnes.

Souvent, les révolutionnaires sont traités d'utopistes car ils veulent détruire le pouvoir de la bourgeoisie et construire celui du peuple. Mais n'y a t'il pas plus grande naïveté que de croire qu'il est possible de négocier avec le propriétaire d'esclave ?

"La force prime le droit," phrase souvent attribuée à Bismarck, est toujours une vérité constante.
La force des patrons fait office de loi. Et si jamais de doux rêveurs touchent à cette loi, les bourgeois et les bourgeoises n'hésiteront pas à la briser.

Mais qu'ils prennent gare. Car la force, la vraie force, est celle du peuple. Et le peuple n'oubliera pas leurs méfaits, lorsqu'il les chassera de leur trône d'or.

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