Le Brésil à la croisée des chemins – Partie finale.

Le Brésil à la croisée des chemins – Partie finale.

L’Internationale réactionnaire.

Cafouillage ? Sur son compte tweeter, LREM fustigeait l’élection de Bolsonaro : « Le #Brésil a désormais à sa tête un président fièrement homophobe, climatosceptique, sexiste, raciste.

Cette tragédie électorale nous oblige. (sic.) Nous n’avons pas le choix, nous ne devons pas échouer. Sinon nous voyons ce qui nous attend.

Progressistes de tous pays, unissons-nous ! »

Pendant ce temps, Emmanuel Macron félicitait Jair Bolsonaro pour son élection :

Palais de l’Elysée le, lundi 29 octobre 2018

Le Président de la République Emmanuel Macron félicite Jair BOLSONARO élu par le peuple brésilien à la présidence de la République fédérative du Brésil, dimanche 28 octobre.

La France et le Brésil entretiennent un partenariat stratégique noué autour des valeurs communes de respect et de promotion des principes démocratiques. C’est dans le respect de ces valeurs que la France souhaite poursuivre sa coopération avec le Brésil, pour relever les grands défis contemporains de notre planète, aussi bien dans les domaines de la paix et de la sécurité internationales, que dans le cadre de la diplomatie environnementale et des engagements de l’Accord de Paris sur le climat.

Amusant communiqué, lorsqu’on connaît les projets de Jair Bolsonaro pour l’Amazonie et pour les peuples qui y vivent, tout comme son annonce de se retirer du protocole de Paris.

Certes, il n’est guère diplomatique de se placer en porte-à-faux d’un président nouvellement élu, surtout lorsqu’il s’agit de celui d’un partenaire commercial avec lequel la grande bourgeoisie française aimerait bien s’entendre. Mais cette contradiction en terme ne ton ne peut que prêter à sourire. Dans les faits, « 110 députés LREM » ont beau s’offusquer des méthodes de Jair Bolsonaro, cela n’empêchera pas le commerce et les affaires de tourner.

D’autant qu’au niveau international, les félicitations ne se sont pas faites attendre. Celles des gouvernements réactionnaires fut la plus chaleureuse. Trump, Salvini, Orban ont applaudi des deux mains l’arrivée au pouvoir d’un régime-frère au Brésil. Pour ces apprenti-fascistes, cette élection sonne comme un coup d’arrêt de la vague sociale-démocrate qui s’était étendue sur le continent sud-Américain depuis la fin 90 / début 2000. Trump, en particulier, est ravi de pouvoir trouver un contrefort sud dans ses manœuvres pour encercler le Vénézuela, toujours géopolitiquement dissident.

Vladimir Poutine, lui aussi, à fait part de ses félicitations à Jair Bolsonaro. Certainement y voit-il une occasion de se rapprocher du Brésil, membre des BRICS, ce groupe de nouvelles puissances impérialistes, concurentes de la primauté US.

La Chine, quant à elle, voit d’un mauvais œil cette élection, notamment du fait du soutien du nouveau président Brésilien à Taïwan, que Pékin avait qualifié comme un « affront à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la Chine ». Malgré son libéralisme outrancier, Bolsonaro s’était présenté comme hostile aux investissements chinois au Brésil, notamment contre l’achat d’actifs de la société Electrobras. Pour autant, les heurts entre Chine et USA profitent au Brésil, vers lequel la Chine reporte ses achats de soja.

Un autre pays s’est réjoui de l’élection de ce candidat. Il s’agit de la puissance colonialiste israélienne, laquelle trouve en Bolsonaro un fervent défenseur de ses vues. Il a d’ores et déjà annoncé le transfert vers Jérusalem de l’ambassade brésilienne. Réactionnaire évangéliste, le nouveau chef d’Etat a toujours affirmé être en faveur des projets du gouvernement israélien.

Au niveau des relations avec ses partenaires régionaux, c’est un virage à 180° qui s’opère. Le développement du Mercosur, les alliances sur le continent, tout ceci est désormais gelé pour le Brésil. La nouvelle ligne politique est celle de relations Nord / Sud. Ce nouveau jeu économique satisfait pleinement les investisseurs étrangers, mais met fin à une politique de développement en commun des différents Etats d’Amérique latine. De fait elle vulnérabilise les tentatives d’autonomisation de ces Etats par rapport à la domination économique de la part des impérialismes plus traditionnels, en particulier celui des USA.

Le mandat de Bolsonaro promet d’être une période extrêmement dure pour les Brésiliens et -en particulier- les Brésiliennes. Il n’est pas possible, pour le moment, de connaître précisément les projets du nouveau chef du pays, mais il ne fait pas de doute qu’il ne compte pas se laisser entraver par le Sénat dans sa marche forcée vers la mise au pas du pays.

A l’heure actuelle les universités sont assiégées et Bolsonaro incite les élèves à filmer les enseignants qui critiqueraient le régime. Cela préfigure d’autres actions contre le « marxisme ». Certains supposent qu’a l’occasion du prochain renouvellement du Sénat, un coup d’Etat puisse être fomenté pour dépouiller même le pays de son maquillage de démocratie et réinstituer un pouvoir militaire plein et entier.
L’avenir est incertain.

Nous ne pouvons cependant, pas douter un seul instant qu’un pouvoir de ce type, antipopulaire, raciste, réactionnaire, sexiste, puisse se maintenir éternellement. Les carcans des peuples finissent toujours par s’effriter et tomber en cendres. Bolsonaro ne peut stopper la lutte des classes. Bolsonaro ne peut renverser le cours de l’histoire.

Cependant il peut essayer. Il peut essayer en brisant les favelas, en écrasant les autochtones, en muselant les femmes. Nous ne pouvons pas rester les bras croisés sans rien faire.

L’Unité Communiste de Lyon appelle à la solidarité internationale antifasciste avec le Brésil. Elle appelle à aider, à soutenir les initiatives de solidarité, à en impulser également. Face à la réaction internationale, où que nous soyons, nous formons chacun une part du front !

Le Brésil, sa culture de résistance, sa culture de lutte, ses exemples de combativité ne seront pas balayés ! La sociale-démocratie et la réaction ont montré qu’elles n’étaient que des formes différentes du pouvoir de la bourgeoisie. Demain appartiendra aux travailleurs, aux travailleuses du Brésil, quelque soit leur couleur de peau, leur religion, leur sexe, leur genre. Demain sera à eux, demain sera à elles !

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