Afrin – le crime se prépare !

Solidaire d’Afrin – Symbole de la liberté !

            Depuis trois jours, l’armée Turque bombarde l’enclave d’Afrin. Ses forces au sol se rassemblent et se préparent à franchir la frontière, pour tenter de prendre en étau ce secteur, sous le contrôle des forces kurdes de l’YPG, bras armé du PYD, la branche syrienne du PKK.

            Erdogan présente -tous les agresseurs le font ainsi- cette opération comme défensive, visant à liquider les bases arrières du PKK, situées en Syrie. Le régime fasciste a ainsi bombardé nuit et jour, avec des raids de terreur frappant les civils, les enfants comme les vieillards. Erdogan saisit l’occasion de détruire cette épine dans son pied, au mépris de toutes les lois de la guerre. Le régime d’Ankara ne tolère aucune opposition à son ordre, ni à l’intérieur, ni à l’extérieur.

            Mais d’autres raisons sous-jacentes expliquent cette opération.

       Ces bombardements annoncent l’entrée dans une nouvelle phase du conflit en Syrie, celle du partage. Les fascistes-obscurantistes de Daesh, après des années de guerre, de destructions, de souffrances, sont maintenant en déroute, réduit à quelques poches de résistance. Elles ne tarderont pas à tomber.

            L’évolution de la situation internationale, l’évolution des rapports entre Moscou et Ankara laisse présager une possibilité de sortie négociée du conflit, avec une Syrie marchandée pour obtenir la ralliement de la Turquie à l’orbite Russe. L’Etat turque ambitionne de restaurer un sorte d’Empire Ottoman-bis, tandis que la Russie que veut consolider sa position en Syrie et disposer d’une façade méditerranéenne.

            La ligne de partage dépendra du rapport de force à la fin des hostilités.  Une course contre la montre s’engage à qui possèdera les zones les plus étendues. Turquie et régime veulent se placer le plus favorablement. Voulant s’affirmer de manière indépendante, les forces du PYD, les YPG et YPJ sont pris entre le marteau et l’enclume. Les territoires kurdes ne sont vus que comme des zones à contrôler pour l’un où l’autre des camps. La Russie à ainsi proposé de mobiliser ses troupes pour sécuriser Afrin, en l’échange du ralliement des kurdes au régime. Cette offre a été courageusement refusée.

Car dans la logique de course, l’enclave d’Afrin est une zone essentielle.

Pourquoi la Turquie cible Afrin ?

Afrin est une enclave sous l’autorité des forces Kurdes, au sein du Rojava. Cette enclave a joué un rôle très important dans la fermeture des voies de communication entre l’Etat Islamique et son allié objectif Turc lors des opérations militaires qui se sont déroulées l’an dernier. Elle a contribué a étrangler l’organisation obscurantiste-fasciste.

Afrin et Kobané prennent en étau une poche de résistance tenue par les opposants à Bachar Al-Assad financés par la Turquie. Cette poche est isolée, encerclée, et privée de voies de communications importantes, ce qui la rend tactiquement comme stratégiquement négligeable. La Turquie veut permettre à ses alliés de reprendre l’offensive vers Alep. Or, la route du ravitaillement, pour redonner une valeur opérationnelle à ces troupes, tout comme la route d’Alep passe par la liquidation de la poche d’Afrin.

Sur la carte des fronts, on peut voir le fait que cette poche est un point de passage essentiel, elle est vitale pour que les agents de la Turquie puisse poursuivre leur campagne militaire. La Turquie procède en ce moment même à des bombardements, qui sont des préalables à une opération au sol menée par l’armée Turque. Cette opération au sol tentera probablement de prendre en étau la ville, pour l’assiéger.

Non seulement la situation est critique, mais elle n’est qu’un préalable à une autre série d’opérations visant à écraser le Rojava. « Ensuite ça sera Manbij » a annoncé Erdogan, qui veut reprendre l’offensive en Syrie.

Manbij, futur objectif.

Le deuxième objectif de l’armée Turque est de forcer le verrou du barrage Tishrin, et ensuite de prendre le contrôle de la « Syrie utile », cette région agricole et pétrolière. Voilà les objectifs que veulent atteindre les réactionnaires turcs en Syrie.

Un nouvel Empire Ottoman, bâti autour d’une Turquie devenue puissance régionale dominante dans la région. Mais un Empire Ottoman construit autour de l’intolérance, du nettoyage ethnique et de l’obscurantisme.

Toute personne un tant soit peu sincère et éprise de paix ne peut que trembler devant la nuit qui tombe sur le Rojava. Toute notre solidarité va à celles et ceux qui luttent pour leur survie et pour la Révolution.

Soyons solidaires de la lutte !

Certains, certains, individus comme organisations font les gorges chaudes. Ils et elles ricanent sans vergogne de la situation des Kurdes, acculés dans la poche d’Afrin. Pourquoi ? Parce que les Forces Démocratiques Syriennes auraient bénéficié de l’aide extérieure.

            Parce que, un temps, les FDS se sont appuyées sur les forces gouvernementales.

            Parce qu’un autre, elles ont reçu l’aide tactique des forces spéciales US.

L’Unité Communiste de Lyon considère que ces critiques érigées en lignes de démarcation ne sont que l’œuvre de révolutionnaires de papier, pour qui rien n’est jamais assez pur, jamais assez parfait, pour qu’ils veuillent bien y prêter leur soutien.

Ils et elles reprochent aux kurdes et à leurs alliés de ne pas s’être laissés massacrés pour l’honneur et pour la grandeur de l’Histoire, mais bien d’avoir noué des alliances tactiques.

             Des alliances avec des forces qui n’essayaient pas de les liquider, contre les agents d’Ankara.

            Des alliances tactiques avec les USA contre la bête fasciste Daech.

Nous disons au contraire qu’il est légitime que les FDS aient joué sur les contradictions entre les différentes forces pour parvenir à survivre et à prendre l’offensive.

            Qui, dans l’histoire révolutionnaire, n’a pas fait un moment ce choix ? Qui oublie le fait que l’Allemagne a aidé Lénine à rentrer dans l’Empire Russe lors de la révolution ?

            Qui oublie le traité de Brest-Litovsk, terrible concession ?

            Qui oublie la diplomatie du premier Etat prolétarien du monde, laquelle fut parfois confrontée à des choix atroces ?

            Qui oublie les liens entre le Guomintang et le PCC ?

            Qui oublie la loi prêts-bails, pourtant orchestrée par des Etats impérialistes ?

            Qui oublie que l’OSS a fourni au Viet-Minh un encadrement et de l’armement, dont des bazookas, qui lui permirent de triompher des chars français.

            Ce qui a expliqué cela, c’est le fait que les contradictions n’ont pas toujours la même intensité, qu’elles ne sont pas toujours avec le même antagonisme. Débattre de cela avec les organisations révolutionnaires sur place est possible. Mais s’en servir comme point d’appui pour nier leur lutte revient à trahir.

            Il n’y a pas de grand camp du peuple, pas de grand camp du prolétariat qui puisse aider en tout indépendance la lutte de ces forces. Certains, en sous-main avancent le fait que la Russie de Poutine serait cette force. Nous les laissons à leurs illusions.

             L’aide fournie par les organisations révolutionnaires dans le monde entier est magnifique, mais elle reste symbolique. Non, hélas les Kurdes et leurs alliés, notamment révolutionnaires Turcs, sont bel et bien isolés.

            Croire qu’une alliance tactique signifie compromis stratégique est une grossière erreur. La Turquie demeure dans l’OTAN, et le PKK, dont le PYD est un parti frère, demeure sur la liste des organisations terroristes.

            Le projet de société, porté par les révolutionnaires kurdes, ne peut être accepté par Washington, pour qui l’indépendance, politique et économique, des autres peuple, signifie un recul. Il ne peut être soutenu par Damas ou Moscou.

            Soutenir le PKK, et le PYD, c’est soutenir le projet kurde, celui de l’indépendance, de la liberté, et de la démocratie populaire, ennemie du capitalisme et de l’impérialisme.

            L’Unité communiste de Lyon, et tant qu’organisation présente en France, considère que sa cible première demeure les liens que notre Etat entretient avec ces régimes criminels et ces opérations de terreur. Nous dénonçons le soutien tacite de notre gouvernement à ces crimes de guerre ! Que les impérialistes le sachent ! Leur règne n’est qu’une éclipse dans l’histoire de l’Humanité ! Jamais ils ne triompheront des peuples !

            Nous appelons à rejoindre et renforcer les organisations de soutien à la cause des révolutionnaires Kurdes et de leurs alliés, notamment Turcs. Nous appelons à venir aux événements organisés et à en faire la promotion.

            Nous appelons à l’unité devant cette nuit qui tombe sur le Rojava !

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