Déclaration de l’UCL concernant le 100ème anniversaire de la révolution d’Octobre.

Déclaration de l’UCL concernant le 100ème anniversaire de la révolution d’Octobre.

Aujourd’hui, 7 novembre 2017, nous célébrons le centième anniversaire de la Révolution d’Octobre. Nous célébrons le soulèvement des masses populaires, des ouvriers et des paysans, renversant le gouvernement provisoire de Kerensky, et mettant en œuvre, sous la direction du Parti Bolchevique, la dictature du prolétariat.
Cette date est un jalon de l’Histoire. Non seulement de l’Histoire contemporaine, mais de l’Histoire de l’Humanité.
Elle représente un point de bascule dans l’histoire de la lutte des classes.

Elle n’est pas un événement isolé, fortuit, un accident de l’Histoire. La Révolution d’Octobre n’est pas orpheline, elle est le fruit d’un processus long, ardu, émaillé de difficulté, teinté de sang.

De l’insurrection paysanne de Thomas Munstzer, en passant par les niveleurs anglais, par la Révolution Française et la conspiration des Egaux de Baboeuf, par la révolution de 1848, la Commune de Paris ou 1905 et le Potemkine… Octobre Rouge est loin d’être un acte isolé.

De même Octobre donna naissance à bien d’autres. Octobre ne fut ni isolé, ni stérile. De cette révolution naquit une lame de fond qui secoua l’intégralité du monde. Cette lame de fond donna naissance à des révoltes, des révolutions, des tentatives d’apporter un gouvernement soviétique aux masses exploitées et opprimées. Allemagne, Finlande, Hongrie, connurent ces révolutions, noyées dans le sang, écrasées -y compris par la social-démocratie, dévoilant par là-même son vrai visage.

Contre cette tentative d’écrasement, la Révolution Russe se dota de son armée populaire, l’Armée Rouge des Ouvriers et Paysans et écrasa tant les réactionnaires que les interventionnistes. C’est ainsi qu’elle assura sa survie ainsi que la possibilité de concrétiser l’Etat prolétarien.

Octobre apporta, au milieu de la putréfaction des charniers coloniaux, le vent de la liberté. Désormais, pour tous les peuples prisonniers de l’impérialisme et du colonialisme, une espoir existait.

Octobre donna naissance, également, à l’immense entreprise de construction du socialisme. La plus grande aventure de l’Humanité, lui permettant de se hisser hors des horreurs de l’esclavage, de l’exploitation, de la misère et de l’oppression, débutait. La première expérience de construction du socialisme prenait forme.

Un parcours dur. Un parcours émaillé de difficultés. Un parcours émaillé de contradictions, de trahisons. Un parcours nappé du sang de 24 millions de citoyens soviétiques, des centaines de milliers de partisans de toutes nations, qui versèrent leur sang pour que la croix gammée ne règne pas sur le monde. Un parcours terrassé, au final, par la contre-révolution de 1956, avec la liquidation du socialisme en URSS, signant la victoire de l’ennemi de classe intérieur.

Mais Octobre donna naissance, au travers de la lutte armée contre les réactionnaires et les occupants, à un autre Octobre, celui de la révolution chinoise. Il accoucha, in fine de la Révolution Culturelle, de la révolution Cubaine, de la lutte héroïque du peuple Vietnamien et de bien d’autres.

Aujourd’hui, encore, Octobre engendre des enfants, en Inde, au Kurdistan, aux Philippines. Aujourd’hui, partout dans le monde, comme cent ans avant. Ceux qui vivent dans la nuit de l’oppression tournent leurs regards vers le phare qu’est la révolution.

Tous ces événements, sans exceptions, s’articulent autour d’une charnière, d’un pilier, 1917. Ou elles en sont les prémices, ou elles en sont issues, mais toutes sont liées de manière intime à la Révolution Prolétarienne de 1917.

Ecrire sur le centenaire de cette date, pour un militant  ou une militante communiste, est une tâche ardue. Elle est une tâche ardue du fait de la nature même de l’événement, que tant et tant de critiques, d’exégètes et de commentateurs veulent nier ou pervertir. Elle est une tâche ardue du fait des causes profondes de celle-ci, qui sont légion. Elle est ardue, également, car elle n’est pas qu’un flash, pas qu’un éclair, mais bien une étape vers une construction qui s’est poursuivie pendant des dizaines d’années, avec le regard qu’il est essentiel d’avoir sur les conséquences de cette Révolution. Elle l’est, aussi, au final, car elle ouvre une ère d’expérience qu’il nous faut encore distiller, pour en extraire toute la substance et l’amener à notre situation actuelle.

Ecrire sur 1917, cela revient à embrasser un ensemble d’aspects, un ensemble d’angles de vues, un ensemble quasiment infini de questions. Economiques ; politiques ; militaires ; sociétales. Un ensemble qui se subdivise de manière fractale, concernant les moindres aspects de la vie de tous les jours de la part des citoyens -et in fine, surtout des citoyennes- soviétiques, jusqu’à la construction de l’économie politique soviétique. Ni la guerre, ni l’amour, ni la vie, ni la mort, ni l’art ne sont épargnés par l’influence immense de cette révolution et de ses conséquences.

Cela revient à devoir les traiter, de plus, non pas dans leurs aspects statiques, comme les icones, les peintures, les photographies prenant la poussière dans un musée, mais bien comme un ensemble en mouvement, un ensemble dialectique, un plasma s’entrechoquant.

La bourgeoisie voudrait ne voir qu’un comptabilité morbide, qu’un coup d’Etat apportant la misère et la mort. Les anarchistes et les critico-utopistes ne voudraient en voir que les imperfections, s’en servir pour condamner l’ensemble. Les dogmatiques et les fétichistes, à l’inverse, que les succès, que les réalisations, restant bouche bée et acritiques devant la moindre réalisation, en niant les faillites et les manques.

Alors que la réalité n’est pas à mi-chemin entre les deux, elle est différente, elle est l’explosion de créativité et d’émancipation que donne la révolution, elle est également l’œuvre de construction expérimentale d’une société nouvelle, dont les règles, dont les lois, dont le fonctionnement n’était pas connu, pas établi, dont tout restait à découvrir.

Ecrire sur 1917, c’est finalement embrasser autre chose qu’un vase clôt, qu’une unité de lieu dans laquelle certains voudraient voir se dérouler une farce comique, d’autres une tragédie. Ecrire sur 1917, c’est écrire sur le monde et sur les répercutions planétaires de la Révolution Prolétarienne. Ecrire sur 1917, c’est remettre la future URSS, naissante, dans un espace mondial, dans un ensemble vivant et réactif, qui est influencé et influence, qui réagit et agit, qui ne reste pas indifférent à ce qui se déroule dans cet Empire Russe, monstrueuse prison des peuples, accouchant d’un monde nouveau.

Ecrire sur 1917 amène à évoquer les colonies, amène à évoquer l’impérialisme, amène à évoquer le nazisme.

Ecrire sur 1917 revient à évoquer des trajectoires qui vont amener certains à passer du prolétariat aux plus hautes fonctions, amène les peuples écrasés à se soulever, amène les femmes vers l’émancipation, mais également les trajectoires qui amènent aux trahisons, aux échecs, les trajectoires qui donnent naissance à ce clair-obscur ou naissent les monstres, pour paraphraser Gramsci. Des trajectoires subventionnées par l’anticommunisme, qui finissent dans le ravin de Babi Yar ou dans les fours de Auschwitz.

Ecrire sur 1917 est à la fois écrire sur hier, mais également écrire sur aujourd’hui et sur demain. Ecrire sur le passé et sur l’avenir. 1917 est à la fois le passé de l’Humanité, mais également son avenir.

Aujourd’hui, nous rendons hommage à la révolution de 1917. Rend hommage, mais, également, souligne que celle-ci n’est pas un fétiche, pas une icone morte, mais bel et bien un guide, une expérience, dans la bataille des classes qui se joue actuelle, bataille des classes dont la fin ne peut être qu’au travers de la liquidation du pouvoir de la bourgeoisie, de son ordre d’exploitation injuste, de son Etat.

En commun avec d’autres organisations, l’UPML (Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste), du CUC (Cellule Unité Communiste), du BUPRACOM (Bureau de Propagande et d’Agitation Communiste), de la  Tribune Marxiste-Léniniste ainsi que des Editions prolétariennes, nous avons publié ce communiqué :

La révolution prolétarienne est toujours le phare qui éclaire le monde !

La révolution prolétarienne d’octobre fête son premier centenaire. Elle fut plus qu’une lueur d’espoir pour tous les exploitées et toutes les exploités, pour les opprimées et les opprimés. Elle fut un phare immense, embrasant la nuit obscure.

En pleine grande guerre impérialiste, tandis que les prolétaires étaient sacrifiés par millions pour le repartage du monde au profit de grands trusts, elle fut l’incarnation du rejet de la guerre et de la volonté de paix.

En plein enfer colonial, elle apporta un espoir à tous les peuples souffrant sous le joug des impérialistes. Un espoir de pouvoir s’émanciper et se réaliser en tant que nation. Un espoir de chasser les occupants et les bourreaux. Au sein de cette prison des peuples qu’était l’Empire Russe, elle apporta un vent de liberté.

Au cœur d’une Europe pouilleuse et miséreuse, elle fut pour les prolétaires, pour les paysans et les paysannes une illustration du fait que les patrons et les patronnes, les créanciers, les créancières, les banquiers et banquières, en somme les parasites qui vivent de la sueur des autres n’étaient pas nécessaires. Qu’il était possible de gouverner sans eux. Qu’il était nécessaire de gouverner contre eux.

Dans les sociétés réactionnaires, traditionalistes, patriarcales, cette révolution fut également le point de départ d’avancées majeures, d’une possibilité d’émancipation, par delà des sexes, des genres, des préférences.

Octobre 1917 était tout cela. Elle était plus que « la terre, le pain, la paix », elle était l’incarnation des masses montant à l’assaut du ciel, sous la direction du Parti Bolchevik.

 Octobre 1917 était le point de bascule entre une société où la recherche du profit dicte sa loi et une où la satisfaction des besoins devient l’objectif. Une société rationnelle, juste, équitable, sans les pillages, sans les gâchis, sans l’anéantissement de la planète qui sont inhérents au capitalisme.

Voilà ce qu’était Octobre 1917.

Les « historiens » bourgeois voudraient remiser ces espoirs aux oubliettes. Peindre de sang la libération des masses. Tronquer et escamoter les faits. Mentir et inventer. Créer une fiction dans laquelle la Révolution était le coup d’Etat d’une clique, d’une bande de criminels. Voilà ce que la bourgeoisie voudrait.

Elle ne lésine pas sur les moyens. D’une part en attaquant le socialisme, en attaquant le communisme, en attaquant les fondements d’une société juste, sans états ni classe, en clamant que l’exploitation est la mère de toute vie.

De l’autre en se faisant les porte-paroles d’une ultragauche anticommuniste, prétendant que les révolutionnaires n’étaient pas assez purs, pas assez désintéressés, que la révolution est belle, sur le papier.

Elle ment sans honte dans les médias, dans les publications « scientifiques », dans les productions hollywoodiennes, dans ses romans. Elle ment dans les programmes scolaires, essayant de faire de la République des Soviet un symétrique du Reich nazi.

D’un côté comme de l’autre, leur idée est de faire de ce centenaire gênant une œuvre de musée des horreurs, ou de la minimiser, de la neutraliser, de l’aseptiser, d’en faire un fétiche du passé. Certains prétendus communistes vont certainement contribuer à cela. Ils n’acceptent qu’en façade l’idée révolutionnaire, font mine de le défendre, mais en sapent sans cesse les bases.

Nous ne les laisserons pas brader cet héritage ! Soyons unis autour de la défense de ce sommet de l’Histoire et de la lutte des classes.

Nous avons, entre nous, des désaccords, des controverses, des conflits, des dissensions -souvent, des haines -parfois. Nous sommes une multitude d’organisations et une multitude de points de vues.

Mais, aujourd’hui, nous parlons d’une seule voix, car sur ce point, nous sommes unanimes.

Nous parlons d’une seule voix pour nous hisser à la hauteur de l’enjeu, à la hauteur de l’importance de cette célébration.

Nous parlons d’une seule voix car, quelque soient nos désaccords, nous nous retrouvons sur une chose : La révolution prolétarienne n’est pas le passé. Elle est l’avenir de l’humanité.

Elle est l’avenir, contre les menaces de guerre, contre le bellicisme, contre la volonté de lancer de nouveau les masses les unes contre les autres pour les profits d’une clique.

Elle est l’avenir, contre l’exploitation capitaliste, contre la misère qui s’accroît, contre la privation des biens les plus fondamentaux.

Elle est l’avenir, contre la domination impérialiste -et de notre impérialisme, contre l’écrasement des peuples, contre la surexploitation colonialiste, contre la marche à la mort pour les profits.

Elle est l’avenir, contre le carcan rétrograde et réactionnaire qui emprisonne l’ensemble de la population.

Elle est la condition pour que l’humanité de s’asphyxie pas, qu’elle continue à avancer sans faire de la Terre une poubelle toxique ou un champ de ruines.

Elle est la condition pour que l’humanité quitte cette ère d’obscurité . Pour que débute une Histoire dont le fil directeur n’est plus la succession des guerres, des crimes. Dont le moteur n’est plus la lutte pour la survie, contre l’oppression et l’exploitation.La révolution ouvre une aube nouvelle pour l’humanité, une nouvelle séquence dans son histoire. Nous sommes à l’orée de celle-ci.

La Révolution a une portée universelle, qui embrasse chaque partie de la planète. Partout dans le monde, partout sur la Terre, le prolétariat est la classe qui doit diriger, la seule classe à même de mettre fin à l’exploitation. La seule capable de mettre fin à la division en classes de la société, contre la division du monde en groupes hostiles et aux intérêts antagoniques.

Nous avons besoin d’un Parti Communiste révolutionnaire pour former l’Etat-major de cette classe, pour aller vers la révolution.

Aujourd’hui, nous ne formons qu’une seule voix, qu’une seule ligne, qu’un seul camp : celui de la révolution. Celui de la destruction du capitalisme et de l’impérialisme.

Dans d’autres Etats, les communistes avancent sur le chemin de la révolution, sur le chemin de l’exercice d’un pouvoir populaire et démocratique. Nous les saluons et nous prenons exemple sur leur combat !

Aujourd’hui, nous clamons que notre héritage, celui de 1917, n’est pas un héritage de musée, mais est une arme, un outil, pour construire l’avenir !

Le phare de 1917 n’est pas mort. Il renaîtra et éclairera de nouveau le monde !

Le communisme est la jeunesse du monde !

Le monde appelle le Communisme de ses voeux, pour mettre fin à l’écrasement, à l’exploitation, aux guerres et à la misère.

Au séminaire de Bottrop en Allemagne, les 25-26-27 octobre, aux côtés de nos camarades de l’ICOR – Coordination internationale des parti et organisation révolutionnaire, rassemblant 59 organisations révolutionnaires de 33 pays, les délégués de l’Unité Communiste de Lyon se sont exprimés sur l’actualité de la Révolution d’Octobre.
L’Unité Communiste de Lyon salue chaleureusement les membres de cette coordination, en ce jour anniversaire.

Nous reproduisons ici, in extenso, l’intervention de nos délégués :

« En complèment de ce qui à été dit pas nos camarades de France [de l’ Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste] nous avons en France une situation sociale porteuse d’espoir.

Nous sommes sous le coup d’une crise économique qui n’en finit pas. La classe ouvrière est sans cesse attaquée par les réformes de la bourgeoisie. La petite bourgeoisie est encore pléthorique, mais est menacée sans discontinuer de tomber dans le prolétariat, voire le sous-prolétariat.

Le mouvement social se développe, voire se radicalise, notamment face à la répression qui s’aggrave sans cesse, en particulier avec l’application de lois antiterroristes.

Mais nous n’avons qu’un milieu Marxiste-léniniste minuscule, morcelé. Morcelé par un sectarisme de groupes qui se voient chacun comme un Etat-major et qui ne créent pas de cadre de discussion qui permette d’apporter une solution scientifique aux problèmes, qui n’apporte aucune mutualisation des expériences de lutte.

La social-démocratie, le révisionnisme, le trotskysme, l’anarchisme triomphent, car là où le balais de passe plus, la poussière s’accumule.

Nous avons besoin d’un Parti ! Et nous avons besoin d’un congrès d’unification pour le constituer. Mais l’expérience démontre qu’on ne peut pas passer directement par les groupuscules actuels, qui refusent de renoncer à leurs prérogatives.

Actuellement, essayant de régler nos problèmes les uns après les autres, nous tentons avec tous les camarades de France représentés ici, en suivant l’exemple du groupe « l’Emancipation du travail » de Plekhanov, tout en participant aux luttes, de renforcer notre capacité à diffuser plus largement les idées marxistes-léninistes. Nous le faisons par la rédaction de brochures, par l’édition, par la diffusion, par la formation. Par ce travail, nous cherchons à contribuer à accroitre l’influence du marxisme-léninisme et à l’étendre à de nouveaux milieux. Ces milieux, formés dans la lutte des classes, contribuerons à former la base d’un tel congrès d’unification.

Aujourd’hui nous parlons tous d’une seule voix à l’occasion du centenaire de la Révolution Bolchevique. Demain, c’est ensemble que nous mènerons la lutte jusqu’à la victoire finale.

 Nous sommes le monde, et le monde est à nous !

Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !

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