Victoire à Notre-Dame-des-Landes

 Communiqué de l’Unité Communiste de Lyon concernant l’annonce de l’abandon du projet de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Une victoire a saluer !

Dix ans de luttes ont payé. Le gouvernement vient d’annoncer qu’il renonçait enfin à l’inutile projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Ce projet prétendait offrir à Nantes la possibilité de devenir une ville d’importance croissante, de pouvoir se relier à la mondialisation de l’économie et des flux. Dans le fond, même les experts bourgeois ont réfuté cette thèse. En vérité, l’aéroport, n’était qu’un cadeau fait aux grandes entreprises du BTP, Vinci en tête, dans le but de grossir son chiffre d’affaire aux frais du contribuable et de la nature.

Les deniers publics passent une nouvelle fois dans les poches des grands capitalistes. Le nécessité de protéger les écosystèmes, en particulier les plus fragiles, est passée au second plan, derrière la volonté de bétonner pour bétonner.

Car construire pour quoi ?

Nous, communistes, ne sommes pas hostiles au développement des infrastructures. Elles sont parfois essentielles pour répondre aux besoin des masses populaires. Nous pensons qu’il est possible de concilier développement des forces productives, besoins des masses populaires et protection de l’environnement. Il s’agit par ailleurs d’une condition sine qua non pour que nous ne nous autodétruisions pas à plus ou moins court terme. C’est ce que nous nommons le développement harmonieux. Pour que celle-ci fonctionne, une économie politique, planifiée, doit être mise en oeuvre. La mise en oeuvre de celle-ci pose la question du pouvoir populaire, arraché à la bourgeoisie qui nous tue à petit feu.

Mais dans le cas de Notre-Dame-des-Landes, qu’observons nous ? A quelle classe sert ce projet ? Cette infrastructure n’est nullement faite pour répondre aux besoin des masses populaires. Elle sert deux buts : étancher la soif de mégalomanie des élus nantais et entretenir des liens de clientèle avec les grands groupes industriels, pour que ceux-ci les ovationnent.

Notre-Dame-des-Landes, comme tant d’autres projets, ce ne sont pas les pouvoirs publics qui offrent un somptueux cadeau, ce sont les bourgeois qui s’entretiennent mutuellement, qui créent du chiffre d’affaire, du bénéfice, de la croissance, laquelle est avidement captée par la suite.

Voilà pourquoi nous nous opposons à Notre-Dame-des-Landes.

La victoire des ZADistes, car il faut bien parler de victoire, s’est déroulé dans un scénario analysable.

D’une part les ZADistes n’étaient pas des contestataires hors sols. Tout comme dans le cas du Val de Suze, dans la lutte contre le T.A.V. (Train à Grande Vitesse), ce sont les habitants et leurs revendications qui ont assuré un appui aux militants et militantes qui se sont joints à la lutte. Celle-ci s’est faite avec l’assentiment général, avec une base de sympathie partout dans notre Etat.

Elle n’avait pas les moyens de battre les forces de l’ordre de manière totale, et n’a pas cherché à le faire. La lutte a épuisé la police et la gendarmerie, leur à fait perdre toute capacité de choc, toute capacité à pouvoir man?uvrer dans un terrain qu’ils ne maîtrisaient plus.

Au final, même si l’outil militaire de l’Etat français demeure intact, la volonté politique a été érodée, s’est effritée, s’est effondrée. Dans l’ensemble, les règles du combat de guérilla ont été respectées. Certes l’Etat français disposait encore de moyens plus brutaux, plus violents, plus meurtriers. Mais pouvait-il les utiliser dans ce cas précis ? Politiquement, pour le moment, non.

Pourra-t-il, à l’avenir, le faire ? Tout est possible. Ne crions pas victoire, ni ne tentons pas de croire que les moyens pacifiques de Notre-Dame-des-Landes pourront détruire le pouvoir bourgeois.

L’expérience démontre que la bourgeoisie ne renonce pas et qu’elle ne recule pas.

La menace plane toujours.

L’aéroport de NDDL est désormais un projet qui paraît enterré. La méfiance cependant reste de mise, car ce n’est ni la première ni la dernière fois que la bourgeoisie tente de démobiliser celles et ceux qui luttent en leur faisant miroiter une victoire.

Les victoires, par ailleurs, sont toujours temporaires tant que l’ordre bourgeois règne, tant que les lois du marché et du profit dominent. Elles font reculer la bourgeoisie, mais celle-ci, inlassablement veut reprendre le terrain perdu.

L’appât du gain et du profit font que rien n’est jamais protégé, rien n’est jamais sanctuarisé tant que la bourgeoisie existe.

La victoire de Notre-Dame-des-Landes n’empêche pas que les forces de l’oArdre convergent vers la Z.A.D. L’État ne peut pas tolérer l’existence d’une zone où son autorité ne peut être pleinement exercée. La Z.A.D. dans l’esprit de la bourgeoisie, c’est déjà une zone libérée, c’est déjà une zone qui menace de faire de émules, de s’étendre. Pour cette classe sociale très soucieuse de ses intérêts, cela lui apparaît comme la naissance d’une menace à grande échelle.

Aéroport ou pas aéroport, la Z.A.D. doit être vidée. Cela semble même l’objectif premier de la man?uvre visant à annuler l’aéroport.

L’Unité Communiste de Lyon affirme son soutien à la lutte menée à la Z.A.D. contre la pression d’une bourgeoisie qui ne voit les espaces naturels que comme des puits à profits. Elle affirme son soutien face à l’opération militaire qui se prépare contre les ZADistes. Elle salue leur esprit de résistance et la solidité de leur lutte.

Notre Dame des Landes est un exemple pour tout ceux et toutes celles qui lutte, exemple de la possibilité et de la nécessité de créer des espaces hors de la présence constante de la bourgeoisie, de l’impérialisme, de son Etat. La crise de paranoïa mensongère de Valeurs Actuelles révèle certaines chose : il existe une réelle peur issue du fait que la lutte de Notre-Dame-des-Landes ait été victorieuse. Une peur que son expérience soit transmise.

Car une expérience précieuse a été accumulée dans cette lutte, elle doit être analysé et décantée, pour profiter à toutes et tous, et ainsi ouvrir la voie à d’autres victoires !

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