L’Unité Communiste de Lyon est-elle réformiste ? – Partie finale.

L’Unité Communiste de Lyon est-elle réformiste et révisionniste ?

Alors que nous publions au fur et à mesure ce texte, le 19 septembre une première réponse des matérialistes vient d’émerger. Une nouvelle fois, rien n’est démontré et tout est asséné. Asséné le fait qu’il faille s’isoler. Asséné le fait qu’il faille rester discret. Asséné le fait de ne pas militer dans les syndicats, dans les masses. Asséné le fait qu’ils détiennent la ligne parfaite, mais qu’ils ne sont pas en mesure de la partager.

C’est bien là une manière erronée et idéaliste de voir les chose, de croire qu’il faille s’isoler des masses et de leurs luttes, de leurs forces et de leurs travers, pour s’instruire. C’est bien là, encore, la preuve que les Matérialistes sont des alchimistes d’alcôves, non des chercheurs.

 C’est là la marque de l’absence complète de matérialisme de la part de la secte.  Qu’écrivait, à ce sujet, le philosophe Georges Politzer: Etre matérialiste en pratique, c’est agir conformément à la philosophie en prenant pour facteur premier et le plus important la réalité, et, pour facteur second, la pensée.

Nous allons voir quelles attitudes prennent ceux qui, sans s’en douter, tiennent la pensée pour le facteur premier et sont donc à ce moment idéalistes sans le savoir.

Comment appelle-t-on celui qui vit comme s’il était seul au monde ? L’individualiste. Il vit replié sur lui-même ; le monde extérieur n’existe que pour lui seul. Pour lui, l’important, c’est lui, c’est sa pensée. C’est un pur idéaliste, ou ce qu’on appelle un solipsiste. (Voir explication de ce mot, première partie, chap. II.)

L’individualiste est égoïste, et être égoïste n’est pas une attitude matérialiste. L’égoïste limite l’univers à sa propre personne.

Celui qui apprend pour le plaisir d’apprendre, en dilettante, pour lui, assimile bien, n’a pas de difficultés, mais garde cela pour lui seul. Il accorde une importance première à lui-même, à sa pensée.

L’idéaliste est fermé au monde extérieur, à la réalité. Le matérialiste est toujours ouvert à la réalité ; c’est pourquoi ceux qui suivent des cours de marxisme et qui apprennent facilement doivent essayer de transmettre ce qu’ils ont appris.

Celui qui raisonne sur toutes choses par rapport à lui-même subit une déformation idéaliste.

Il dira, par exemple, d’une réunion où il a été dit des choses désagréables pour lui : « C’est une mauvaise réunion ». Ce n’est pas ainsi qu’il faut analyser les choses ; il faut juger la réunion par rapport à l’organisation, à son but, et non pas par rapport à soi-même.

Le sectarisme n’est pas non plus une attitude matérialiste. Parce que le sectaire a compris les problèmes, qu’il est d’accord avec lui-même, il prétend que les autres doivent être comme lui. C’est donner encore l’importance première à soi ou à une secte.

Le doctrinaire qui a étudié les textes, en a tiré des définitions, est encore un idéaliste lorsqu’il se contente de citer des textes matérialistes, lorsqu’il vit seulement avec ses textes, car le monde réel disparaît alors. Il répète ces formules sans les appliquer dans la réalité. Il donne l’importance première aux textes, aux idées. La vie se déroule dans sa conscience sous, forme de textes, et, en général, on constate que le doctrinaire est aussi sectaire.

Croire que la révolution est une question d’éducation, dire qu’en expliquant « une bonne fois » aux ouvriers la nécessité de la révolution ils doivent comprendre et que, s’ils ne veulent pas comprendre, ce n’est pas la peine d’essayer de faire la révolution, c’est là du sectarisme et non une attitude matérialiste. (Principes élémentaires de philosophie)  Pourtant, malgré les démonstration de sa vacuité politique, de son absence de pratique, de ses prises de position inconséquentes, elle persiste. Elle persiste à mordre tout ce qui est un miroir de son inutilité. Ainsi le « PCF(mlm) »  nous attaque comme étant des « réformistes » et des « révisionnistes. » A cela, nous répondons.

L’Unité Communiste de Lyon est une organisation jeune. Elle l’est doublement. Elle est jeune car elle n’a qu’un an et demi de vie active derrière elle. Elle n’a donc pas eu le temps de trancher toutes les questions qui se posent à elle. Elle est jeune car les militants et les militantes qui la composent sont, eux aussi, en grande partie, jeunes.

Pourtant, nous avons essayé d’avancer certaines thèses générales, certains positionnements, en somme, nous avons tracé des lignes de démarcation qui font notre physionomie politique. Si nous les comparons avec celles que nous avons précité chez le « PCF(mlm) », nous ne trouverons guère de points de jonction. Il est vrai que notre soutien va à la Palestine -même si nous ne soutenons pas forcément le programme politique de toutes les composantes de la résistance ; que nous condamnons les revendications -passées et présentes- des manifestations de policiers ; que nous avons appelé à la constitution progressive d’une opposition extra-parlementaire plutôt que de voter pour Emmanuel Macron. Il est vrai aussi que nous appelons aux manifestations contre la Loi Travail. Cela nous démarque de nos détracteurs.

Nous avons également formulés nos bases politiques dans divers textes, lesquels nous servent de références et nous serviront jusqu’au congrès. Ces textes sont disponibles sur notre site. Dans les brochures sur la question du socialisme, des bases du communisme, du maoïsme, sur la question de la dictature du prolétariat, nous avons, nous le pensons, bien établi nos bases théoriques. Celles-ci sont inspirée de l’expérience de la Commune de Paris, de la Révolution d’octobre, de la guerre civile chinoise. Celles-ci rejettent les conceptions réformistes de Karl Kautsky tout comme celles des trotskistes et des anarchistes.

Nous reconnaissons la nécessité d’une organisation révolutionnaire, le Parti Communiste, bâtie autour d’un objectif : la révolution prolétarienne, la destruction du pouvoir de la bourgeoisie ainsi que la construction du socialisme, fut-ce sur une seule portion de la Terre.

Nous reconnaissons la nécessité de la dictature du prolétariat et le fait que cette dictature du prolétariat soit l’outil principal de la lutte contre la restauration du capitalisme, mais également pour la construction du socialisme.

Cela pourrait n’être que des leçons bien apprises, et rester de papier. Après tout, malgré leur fonds documentaire immense et richement doté, les matérialistes ne sont pas capable de faire d’autres choses que d’ânonner des textes pour se légitimer. Bien qu’il soit probablement difficile de trouver des textes de Mao défendant la police de l’Etat bourgeois.

Dans nos prises de position publiques, ainsi que dans nos communiqués, nous avons défendu un embryon de programme, limité, temporaire, comprenant des étapes, dans le but de partir de la situation actuelle et de tenter de pouvoir avancer -politiquement et organisationellement. Ces mots d’ordre ne pouvaient se contenter d’être des appels à la révolution. Ils se devaient d’avoir un caractère intermédiaire -même très basique- et transitoire. Cela n’empêche pas que nous pensons que la stratégie générale est celle de préparer la Révolution Prolétarienne, non un bloc défensif autour de la démocratie bourgeoise.

Effrayés par le fantasme du fascisme, le « PCF(mlm) » s’obstine à avoir comme stratégie un front uni, une ligue défensive. Il n’a décidemment pas compris le fait que la bourgeoisie et le capitalisme ne se dirige pas immanquablement vers cela. Que la nécessité du fascisme correspondait, au moment de sa mise en place, au moment où la bourgeoisie lui a ouvert grand les bras, à la répression du mouvement révolutionnaire.

Dans la situation de l’enfant effrayé par l’ombre de l’homme qui a vu l’ombre du loup, la secte est tellement obnubilée par cette peur du fascisme qu’elle est prête à toutes les alliances, à tous les compromis, à toutes les reptations. Pour eux, être straight edge est une condition sine qua non  pour être quelqu’un de fréquentable -d’où leurs crachats sur les merguez-pastis CGT, ou encore sur le Kebab-bière des autonomes- mais en revanche, il est possible de marcher avec Gattaz.

Nous ne partageons pas cela. Nous pensons que nous sommes effectivement faibles, nous sommes dispersés, nous sommes atomisés et éclatés en sectes. Mais nous devons avancer avec cette stratégie générale : l’heure n’est pas à la compromission avec le patronat et la bourgeoisie, mais bien à la construction d’une force indépendante, offensive, révolutionnaire.

Nous ne sommes pas le parti communiste qui dirigera la révolution, nous sommes une organisation qui demeure au niveau du cercle, laquelle a pour vocation de s’unifier, d’avancer, de disparaître. Nous ne sommes donc pas sur un pied d’égalité, au niveau organisationnel, avec le Grand Parti qu’est le « PCF(mlm) », nous n’avons pas sa grandiose influence sur les masses non plus. Pourtant, nous ne considérions pas que des appels à la révolution, de but en blanc, soient le mot d’ordre de 2016, ni celui des élections de 2017, ni celui du mouvement qui vient. Sans outils adaptés, il nous est impossible de pouvoir faire autre chose que des sauts de cabri en l’air en criant « révolution. » C’est là un fait. Il faut mentionner que, pour lui, le Parti est achevé, le Parti est prêt, il est construit et architecturé pour sa mission : diriger les masses pour la révolution. Seulement, entre inscrire « Parti » partout et entre en assumer d’une manière réelle les tâches, un océan se forme, océan que les courtes jambes du « PCF(mlm) » l’empêchent de franchir. Nous reviendrons là dessus, mais toujours est-il que nous ne prenons pas de leçons de la part de ceux qui s’isolent et se coupent des masses, jours après jours.

Durant les élections, tandis que les révolutionnaires du « PCF(mlm ») appelaient à voter pour Emmanuel Macron -comme si leur influence changerait un tant soit peu la donne- nous développions le mot d’ordre d’opposition extra-parlementaire. Opposition qui se caractérise, effectivement, par un contenu réformiste – il s’agit d’une mesure transitoire – mais permettant une prise de parole, une prise de position, un gain d’influence de conceptions extra et anti parlementaires. Il s’agissait également de la possibilité d’initier des embryons de débat et de démocratie populaire, dans la mesure des moyens et de l’influence des forces politiques hostiles à la démocratie bourgeoise. Il s’agit, également, pour nous, de politiser les questions qui peuvent être développées dans des groupes comme Front Social, et de quitter la sphère de lutte économiste pour aller vers le politique.

De ce point de vue, tactique, nous avons agit d’une manière réformiste. Mais le fond de l’affaire se juge sur la stratégie. La nôtre est d’avancer dans le but de forger les organisations révolutionnaires. Le PCF(mlm) a également eu, durant les élections, une ligne réformiste. A la différence que ce dernier, après avoir vomi son communiqué, a replié son drapeau et est rentré paisiblement dans ses pénates. Nous avons, de notre côté, participé aux mobilisations antiparlementaires, tels que le rassemblement du 4février 2017 à Lyon, pour rejeter les candidatures de Le Pen, de Macron et de Mélenchon. L’Unité Communiste de Lyon à un bilan d’activité qui est le reflet de ses forces encore naissantes, mais qui n’a pas de leçon à recevoir d’un monde virtuel animé par des gourous, suivi par des zélotes.

Quant à l’accusation de révisionnisme, elle mérite d’être creusée. Nous avons expliqué plus haut que nous rejetons les conceptions de la seconde internationale, que nous rejetons celles des anarchistes et des trotskistes. Nous avons, dans plusieurs publications, attaqué les conceptions issues du XXème congrès du PC(b)US, de même que celles défendues par le PCF aujourd’hui. Nous pensons que l’attaque de « révisionnisme », chez le PCF(mlm), est un automatisme que ne sous-tend aucune recherche ou aucune logique. Dès que quelque chose rentre en contradiction avec ses délires de secte, il s’y attaque avec rage.

Peut-être s’empressent-t-ils d’attaquer le fait que nous ne tracions pas une ligne dans le sable entre Mao Zedong et Enver Hoxha. Nous ne l’avons pas tracé, non pas par volonté d’éclectisme, mais bien parce que nous considérons que ceux et celles qui, parfois hâtivement, tracent cette ligne dans le sable ne la tracent que se réfugier confortablement dans une case, la défendre avec fétichisme et dogmatisme, et être incapable de pouvoir faire un travail scientifique, un travail de chercheur, pour déterminer ce qui est juste et ce qui est faux. Nous pensons que ceux qui opèrent ainsi opèrent dans le dogme et non dans la réalité.

Dans notre brochure intitulée Fin de partie, nous abordions cette question. « Même parmi ceux et celles qui rejettent les thèses idéalistes, réformistes, trotskistes -ou crypto-trotskistes- et révisionnistes, le plus grand désaccord règne. Nous le comprenons dans un sens. Nombre d’organisations portent un héritage important, portent une tradition et une histoire. Elles sont nées à une époque où choisir la ligne pro-albanaise ou prochinoise avait une implication concrète, directe, réelle.

Ces décisions suivaient une logique, fille du temps d’alors.

Aujourd’hui, nous considérons que -même si elles ont un sens- ces questions n’ont pas le caractère d’urgence qu’elles pouvaient avoir auparavant. Nous considérons que considérer le traitement de celles-ci comme des préalables à toute unification est une fausse route. Nous pensons qu’elles ne peuvent trouver, au contraire, une issue positive uniquement à travers le débat dans un cadre unique et non par l’invective et le rejet.

Du fait de ce traitement sectaire, fétichiste, et nullement fait en direction des masses, le travail d’unification, de construction du parti, végète.

Combien maîtrisent réellement le marxisme ? le léninisme ? le maoïsme ? une poignée sinon moins.

Une tâche s’ouvre, pour les communistes de l’Etat français : celle d’avancer. D’avancer sur le terrain de l’idéologie, dans la lutte contre le sectarisme.

Un grand nombre de processus d’unification ont été menés jusqu’à présent. Il est essentiel d’en tirer un bilan critique et de saisir quelles sont les erreurs, les fautes commises. »

Bien des individus qui se revendiquent pas forcément de Mao Zedong sont prêts à reconnaître la nécessité de la lutte des classes sous le socialisme, de manière également aigue et révolutionnaire, sans pour autant adhérer à la forme du concept de la Révolution Culturelle. Pourtant, ils adhérent au fond de ce concept. Faut-il les vouer aux flammes ? Faut-il les exclure sans rémission ? Faut-il avancer avec eux et progresser, sur la base d’un travail commun, vers une analyse commune ? Nous pensons qu’on ne peut faire l’économie de ce travail. Ainsi, nous comptons inclure, au sein de notre congrès prochain, les thèses suivantes dans nos textes de référence.

« Nous nous revendiquons de l’expérience du mouvement communiste international, de son histoire, de son héritage. Certains de nos membres sont maoïstes, d’autres ne le sont pas. Notre organisation, au stricto sensu, ne l’est pas. Pourquoi ?

Nous considérons, dans notre majorité, que le maoïsme, que l’expérience de la Chine, mais également que les expériences qui sont menées par les groupes communistes révolutionnaires, à travers le monde, représentent les expériences les plus poussées, les plus abouties idéologiquement parlant.

Seulement, nous sommes dans un contexte qui n’est pas le même, nous sommes dans un niveau de développement organisationnel et idéologique dix crans en dessous de ce qu’illustrent les philippins, les afghans, les indiens ou bien d’autres encore.

Suffit-il ne s’en revendiquer comme d’un fétiche, de prétendre importer leur modèle dans l’Etat français pour parvenir à leur niveau ? Il s’agit d’une incompréhension de comment les choses fonctionnent, de comment la dialectique et l’organisation avance. Il s’agit d’une incompréhension de comment un parti se construit et de comment sa construction se manifeste par des bonds qualitatifs.

Il ne suffit pas de se retrancher derrière une adhésion, derrière un sponsor de radicalité, il reste à faire la démonstration d’une ligne juste.

Nous, dans notre grande majorité, considérons que la Révolution Culturelle est le pinacle de la lutte pour le socialisme, pour le communisme. Nous nous en revendiquons. Seulement l’événement en tant que tel n’a pas de sens si il est réduit à sa dimension historique, s’il n’est pas analysé pour son sens idéologique, politique, sa transcription pratique. 

Quand nous nous revendiquons de cette révolution, nous nous revendiquons d’une certaine conception de la lutte des classes au sein de l’organisation et du lien actif des communistes avec les masses, de leur mise en mouvement pour mener la lutte contre les déviationnistes. 

Des individus ou des groupes qui méconnaissent la Révolution Culturelle ne peuvent-ils pas adhérer cependant aux conclusions politiques que nous tirons de cet événement ? Nous n’en doutons pas.

 

Nous voulons mener la bataille d’anéantissement idéologique. Nous voulons croiser le fer et pourfendre les idées fausses. Nous voulons tirer à boulet rouge sur les défauts de la cuirasse des autres forces, tandis qu’elles fassent de même. Non par amour de la joute, mais bien car les plantes vigoureuses ne poussent pas sous serre.

Nous écoutons nos ennemis pour ces raisons. Nos ennemis nous apprennent beaucoup de nos faiblesses, cherchent et trouvent les failles, les erreurs, les manques. Ils sont nos éducateurs les plus dévoués.

Nous voulons pouvoir faire de même avec nos camarades. Nous voulons créer un espace de débat dans lequel les questions peuvent être exposées, les raisonnements illustrés et expliqués en détail, avec patience. Cet espace manque cruellement.

Ce n’est que dans cet espace que l’unification idéologique peut se faire.

Cette bataille se fait dans nos rangs comme hors de nos rangs.

 

Régénérer l’idéologie communiste passe par la démonstration de la véracité de celle-ci, de la véracité des apports de ses continuateurs. Certains camarades commettent une faute terrible, compréhensible, mais terrible tout de même, qui est de sauter directement aux conclusions et d’invalider tout processus de pensée, sous prétexte que sa conclusion est fausse. Certains camarades apportent des raisonnements justes, aux conclusions tronquées. Les communistes ont un travail de maïeutique à mener, faire accoucher les idées justes, lesquelles pointent souvent derrière des raisonnements incomplets ou trop étroits. Rejeter en bloc ce qui n’est pas parfait revient à s’enterrer dans un utopisme sans fin, comme le font les anarchistes.

N’oublions jamais nos propres failles, n’oublions jamais qu’aucun d’entre nous n’est né communiste. Nous avons appris la théorie, l’idéologie, l’histoire. Elle n’est pas innée, elle n’était pas métaphysiquement en nous. Certaines personnes, certaines organisations ont eu la patience de nous aiguiller, de débattre, de nous aider à nous débarrasser de nos idées fausses. Notre tâche n’est pas de faire tomber des couperets, sauf dans des cas où une ligne rouge serait franchie, mais de faire avancer et progresser l’ensemble de nos camarades.

Comme nous l’avons mentionné plus haut, nous comprenons des maoïstes dans notre organisation. Pourtant, nous ne rejetons pas comme un bloc les apports faits par Enver Hoxha, en les jugeant hérétiques, nuls et sans intérêt. De même que nous ne rejetons pas certains écrits de Plekhanov. La déviation de Hoxha après la mort de Mao Zedong rend elle caduque les apports du PTA à la lutte contre le révisionnisme soviétique ? La trahison de Plekhanov rend elle fausse la théorie sur la conception moniste de l’Histoire ? A l’inverse, ceux qui se plaisent à évoquer la rencontre Mao-Nixon ; celle-ci rend elle intégralement faux tout ce que Mao a pu produire, tout ce que l’expérience chinoise peut avoir développé comme matériaux à étudier ? »

Bien des attaques sur le « révisionnisme » servent en fait à camoufler une chose. Le Parti Communiste est un parti politique, l’adhésion y est sur la base de la politique défendue. Il n’est pas possible d’attendre et d’espérer que les adhérents maîtrisent de A à Z l’idéologie pour adhérer. Souvent, cet argument sert à maintenir dans des rangs subalternes, non-décisionnels, ad vidam eternam les nouveaux adhérents. Souvent, cela sert à faire du groupe dirigeant un référentiel ultime, en terme de pureté et de perfection idéologique. Souvent, cela sert à justifier l’existence d’une secte supplémentaire.

Pourquoi ? Parce que certains sont dans la terreur d’avoir à perdre leur petit royaume, parce qu’ils ont peur de la remise en cause, peur de la bataille idéologique, peur de devoir lutter pour défendre des conceptions idéologiques et pour faire progresser les individus. Ils capitulent devant la difficulté – ils capituleront devant la bourgeoisie -, ils capitulent devant l’angoisse, ils capitulent devant leurs propres lacunes, comblées à coup de dogmes, comblées à coup de folklore.

Nous avons construit l’Unité dans un but : faire l’unité. Nous l’avons construite dans une stratégie, celle de la faire fusionner -et non pas d’être phagocyté !- avec d’autres organisations, sur la base d’un débat franc et ouvert, bâti sur l’idée d’un accord stratégique minimal. Nous l’avons construite pour qu’elle meure, mais qu’elle engendre des descendants moindres, mais plus forts et plus influents.

Une base minimale qui soit celle à partir de laquelle il est possible de travailler conjointement, dans le cadre d’une seule organisation, pour avancer en commun. Cette base d’organisation n’a pas besoin d’être immense, elle n’a pas besoin d’être suraffûtée, elle à besoin d’être nécessaire et critique. Elle doit correspondre aux besoins de l’heure actuelle, doit correspondre aux attentes du moment, doit permettre d’initier la nouvelle machine de lutte et d’organisation.

Les groupuscules comme ‘Les Matérialistes’ et leur prétendu PCF(mlm) peuvent très bien choisir de poursuivre leur chemin idéaliste, leur volonté de pureté et de se placer sur un piédestal. Ils peuvent continuer leur chemin vers les cimes de la pensée, mais ils demeureront des cerveaux en bocal, isolés, rejetant tout.

Ce sont, après tout, pour ces raisons que personne ne les a jamais vu faire de diffusion, de manifestation, d’événement publics, d’intervention vers la classe ouvrière. Car ils ne sont que des sages de la montagne, ces même sages que nous évoquions dans notre brochure sur la dictature du prolétariat.

Nous avons expliqué, dans ce texte, les raisons de nos désaccords. Nous ne doutons pas qu’ils vont, à la lecture de ces lignes, bouillir de rage, se mettre dans une colère noire, répondre par un déversement d’injures, d’insultes, par un flot continuel de critiques et de menaces voilées. Ils ont d’ores et déjà commencé à fourbir leurs armes, blessés qu’ils sont dans leur orgueil.

Mais nous n’en avons cure. Nous nous adressons aux masses, aux militants, aux militantes, qui, les deux pieds dans la réalité, rencontrent la vie. Nous laissons la poussière prendre encore la poussière. Nous les laissons décanter, fermenter, et finalement rejoindre un humus de groupes en décomposition.

Nous ne répondrons plus à ces alchimistes dans leur tour d’ivoire, étant donné qu’ils rejoignent, par leurs prises de position, le camp des réactionnaires, des exploiteurs. Nous en avons fini avec eux.

Peut-être commettons-nous des erreurs, peut-être en commettrons-nous d’autres, des graves et des moins graves. Mais nous les ne les commettons que car nous nous confrontons à la réalité, au terrain, à ses évolutions. Que car tous travaillons, justement, dans la matière et non dans l’idée.

Nous continuerons à avancer, avec des erreurs et des manques, mais nous avancerons, notamment pour briser l’esprit de secte et de cercle qui parasite le mouvement communiste de l’Etat français.

Pour briser les chapelles et les ministères de prêtres qui se parent de rouge, mais ne savent qu’être les bergers de la bourgeoisie.

Sommes-nous, alors des acharnés, à vouloir répondre de la sorte ? Probablement. Mais, malgré son jeune âge, malgré ses faiblesses, malgré ses erreurs, l’Unité Communiste de Lyon ne tolérera jamais d’être conspuée de la sorte. Elle ne tolérera jamais qu’une secte d’adulateurs de la police, de crypto-fascistes, de petits intellectuels bas de gamme émette des injures à son encontre.

Nous leur avons rendu la politesse, en leur faisant l’honneur de les citer, d’apporter des preuves. Nous avons tracé une ligne de démarcation entre eux et nous, entre les philosophes et les alchimistes de l’idéalisme et ceux qui veulent avancer, combattre, et non se placer dans une tour d’ivoire.

Non un dogme, mais un guide pour l’action, voilà ce qu’est censé être le communisme. Les Matérialistes en ont fait un fétiche et un dogme de l’inaction.

Nous portons toujours haut le drapeau de la révolution prolétarienne, celui-là même que le PCF(mlm) rejette et salit.

En avant vers la construction d’un vrai Parti !

Le communisme est la jeunesse du monde !

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