Les communistes ne rampent pas devant la parodie de démocratie des bourgeois.

Dans nos vœux d’une année de lutte, nous avons mentionné que 2017 serait une année où bien des masques tomberaient.

Nous maintenons cette affirmation, nous la maintenons et nous la considérons même déjà confirmée à plusieurs reprises.

Il est aisé, pour un grand nombre d’organisations, de se réclamer révolutionnaires. Cela, en temps normal, ne demande qu’une simple déclaration d’intention. Il est même certain qu’un grand nombre de militants d’organisations réformistes pensent sincèrement qu’elles forment un fer de lance contre le pouvoir de la bourgeoisie.

Seulement, les façades s’effondrent vite lorsqu’elles ne sont pas étayées. Souvent, il suffit d’une pression qui s’intensifie pour que les drapeaux se rangent, pour que la fierté teintée d’arrogance soit ravalée et transformée en soumission.

Que cela soit précisé, nous ne sommes pas opposés par principe à participer à des élections. Nous pensons qu’elles peuvent être un baromètre de l’Etat d’esprit des masses, une manière de tester quelle est notre influence dans la société.

Cependant, cette participation ne peut être que tactique, subordonnée à un objectif tout autre : celui de préparer la révolution.

Nous ne souffrons pas de la schizophrénie propre aux pseudo-révolutionnaires. Comment pourrions nous clamer que nous allons mettre telle ou telle avancée en place, si de l’autre nous clamons que la bourgeoisie l’empêchera par la force ?

Certaines tentent de concilier ces deux points de vue en optant pour un moyen terme bancal: le programme de transition. Cela consiste à exiger des choses impossibles à satisfaire sous le capitalisme, soi-disant pour en montrer l’inanité, et pousser les masses à adopter les positions révolutionnaires.

C’est surtout une manière de ne PAS poser la question de la révolution, de la dictature de la bourgeoisie contre celle du prolétariat. Irréalisable, cette ligne conduit sans rémission à la désespérance face à un échec inévitable.

Réclamer des assemblées ouvrières, réclamer l’interdiction des licenciements, réclamer des nationalisations forcées sous contrôle populaire, un salaire universel et suffisant pour tous… en somme exiger de la bourgeoisie des concessions qui formeraient un casus belli, voilà l’alléchant programme. Cependant, bien qu’admettant à demi-mot que celui-ci serait impossible à satisfaire, jamais ses promoteurs n’expliquent publiquement comment il sera possible de le surmonter. Tout cela par mépris pour les masses populaires, que ces intellectuels jugent incapables de se saisir des questions politiques et, surtout, de celle de la révolution.

Les exploités, les opprimés, les masses sont parfaitement conscientes de la réalité de la dictature capitaliste. Elles sont pleinement à même de se saisir des enjeux et des questions politiques.

« Les masses sont les véritables héros, alors que nous-mêmes, nous sommes souvent d’une naïveté ridicule. Faute de comprendre cela, il nous sera impossible d’acquérir les connaissances même les plus élémentaires. » [Préface et postface aux Enquêtes à la campagne, 1941] voilà ce qu’écrivait Mao Zedong.

Seulement, au lieu de réaliser les tâches de Parti, les organisations opportunistes et économistes briment l’avancée politique. Au lieu de parler politiquement du pouvoir, ces organisations ne posent que  revendications économiques.

Si une organisation comme L.O. mène souvent un travail d’enquête faramineux dans les usines, qu’en fait elle ? Elle s’en sert pour parler aux travailleurs, aux travailleuses, non pas de politique, non pas de révolution, mais uniquement des problèmes concrets qu’ils peuvent connaître. Problèmes que les ouvriers connaissent déjà, étant ceux qui les ont transmis aux militants.

La boucle est désormais bouclée.

Au lieu d’être des partis, ils sont des super-syndicats.

Au lieu de briser le 4ème mur de la pièce de théâtre de la démocratie bourgeoise, ces mouvements la confortent, la dote d’une crédibilité renforcée. ne pas indiquer la nature de dictature de classe du système politique actuel, ne pas promouvoir la nécessité de le briser, c’est s’en faire son agent.

Prétendre que le pouvoir se conquiert par les urnes, lorsqu’on brandit le marteau et la faucille, c’est mentir. C’est trahir son camp et passer avec armes et bagages pour celui de l’ennemi.

C’est donner des leçons d’histoire alternative. Dans les faits, la bourgeoisie ne cède pas un pouce, insulte, menace, frappe et tue.

Dans le monde magique où  vivent ces ignares et ces doux rêveurs, il semble que la bourgeoisie soit une chose morte, une chose statistique, et non cette force sociale capable de mener la guerre, l’exploitation, avide de richesses et -surtout- très consciente de sa nécessité de se maintenir au pouvoir.

Dès qu’une force anticapitaliste crédible montre le bout de son nez, la bourgeoisie se déchaîne: où par la moquerie, si la menace est faible, tournant en ridicule les tentatives de pouvoir s’exprimer ; ou par la calomnie, par le mensonge, par le matraquage d’images bien imprégnées dans le cerveau, grâce à l’Education Nationale et aux magazines « historiques » : « Le Communisme a fait 100 000 000 de morts ; Staline est un dictateur; Mao était un être méchant. » Si jamais ce candidat persistait malgré tout, que d’intimidations, que de menaces aurait-il à braver.

Mais une fois au pouvoir, dans le monde rêvé, comment serait-il crédible de penser que la bourgeoisie céderait le sien ?

Au mieux, un refus poli serait envoyé. Au pire…gare au fascisme ! La bourgeoisie ne s’embarrasse guère de lois et d’éthique quand il s’agit d’accroitre son profit. Faut-il être un incorrigible naïf pour croire qu’elle cédera l’intégralité de son pouvoir, de son statut social, de ses privilèges de classe, par respect des « règles du jeu » ?

Mais la bourgeoisie ne s’inquiète guère, et pour cause ! Au mieux les programmes de la gauche, pour les élections, sont chauvins, nationalistes et partisans de l’impérialisme, au pire, ils sont ceux de syndicats : ils exigent des euros en plus, des heures en moins, mais ne posent jamais la question du pouvoir.

Il est important d’acter ce fait : La démocratie bourgeoise, c’est la démocratie de la bourgeoisie, pour elle seule, pour gérer ses intérêts. L’Etat bourgeois n’est pas une chose inerte, il est l’outil conçu, forgé, mis en œuvre par la bourgeoisie pour la bourgeoisie.

Vouloir changer ce jeu de l’intérieur reviendrait à vouloir lutter un tenancier de casino à une table de blackjack.

A nos yeux, seule la lutte révolutionnaire peut fonctionner.

Les organisations politiques se revendiquant de la révolution, mais se présentant, montrent ainsi un visage bien triste :

Lutte Ouvrière dénonce le fait de ne pas être invité sur les plateaux, par les médias, de ne pas être mentionné par la bourgeoisie. Devrions-nous nous en étonner ? N’y a t’il pas une contradiction fondamentale entre le fait de se dire communiste et celui de s’étonner que la bourgeoisie ne soit pas jouasse à l’idée de diffuser ces idées ? Voilà bien une manière de se rouler au sol, de pleurnicher, de prendre à témoin les masses, non pas en pourfendeur de la bourgeoisie, mais bien en se ridiculisant.

Quant au N.P.A., il parvient à faire pire. Nous ne reviendrons pas sur l’humiliation subie par Philippe Poutou, au demeurant humiliation répugnante de la part d’animateurs d’un divertissement réactionnaire. Nous reviendrons sur la triste pétition lancée par ce parti, pour demander la participation de leur candidat.

2017 Poutou doit en être, pétition signée actuellement par 5900 soutiens, n’est non seulement pas une humiliation de plus, elle est révélatrice du rapport du N.P.A. aux élections. Quoiqu’ils s’en défendent, les militants et militantes de cette organisation implorent les élus de parrainer leur candidat, pour respecter la « démocratie. »

« Nous nous adressons à vous pour que vous permettiez à Philippe Poutou d’être candidat.
Il a toute légitimité pour cela et il serait antidémocratique qu’il soit victime de la censure des grands partis institutionnels. »
Mais, n’est-ce pas justement là, précisément, que le bât blesse ? La démocratie bourgeoise se caractérise par une démocratie creuse, de façade, conçue pour duper l’électeur et maintenir l’ordre.

« En 2002 et 2007 avec Olivier Besancenot, en 2012 avec Philippe Poutou son courant politique a été présent et entendu dans les débats des présidentielles, son absence serait un recul démocratique. » Son courant politique, au contraire, s’est cantonné à une participation aux élections de la bourgeoisie, en a respecté les règles et les principes, et s’est couché platement.

« Nous ne partageons pas nécessairement ses idées mais nous pensons qu’il doit pouvoir participer au débat de la présidentielle de 2017. » Cette phrase est révélatrice, en bloc, du fond du discours de cette organisation. Elle s’adresse au petit bourgeois démocrate, lequel soutiendra l’accès du N.P.A. à la grande foire aux élections -et aux remboursements de frais de campagnes.

Le N.P.A. démasque son opportunisme en ces quelques lignes. Il ne fait pas même appel aux travailleurs et aux travailleuses, en leur clamant : « votre parti est censuré, mobilisez vous pour le défendre ! » ; il ne s’en sert pas pour dénoncer la mascarade que sont les élections, pour mobiliser les masses, mais bien pour quémander, au nom d’une illusoire démocratie, une place aux côtés des exploiteurs et des vermines.

C’est là, un point qui révèle que les élections sont pour le N.P.A., comme pour Lutte Ouvrière, une fin en soi, l’aboutissement de leur stratégie, de leur programme. Nul part l’esprit révolutionnaire n’est autant absent.

De deux choses l’une, chacune étant, de part et d’autre, une position fausse :

Ou les naïfs découvrent la censure de la bourgeoisie et ils agissent en doux rêveurs.

Ou ce sont des cris de fausse révolte, de fausse surprise, et ils agissent en menteurs en ne révélant pas la supercherie des élections.

Nous ne devons jamais mentir aux masses quant aux étapes et à la difficulté d’avancer, pas à pas, vers la construction d’un monde plus juste.

Nous ne mentons pas sur les parodies de démocratie, sur le jeu truqué de la bourgeoisie, sur sa censure.

Nous ne mentons pas sur le fait que seule une révolution prolétarienne est à même de renverser l’ordre établi et de mettre en œuvre celui de la justice, du droit, celui de la liberté pour les opprimés et les exploités.

Ce ne sont pas les quémandages électoraux, qui nous trainent dans la boue, dont nous avons besoin.

C’est celui d’un camp du peuple, d’un Parti, qui ne s’abaisse pas à quémander à la bourgeoisie des droits, mais qui les saisit, par la mobilisation des masses, qui impose son contre-pouvoir à celui des bourgeois.

Un camp qui n’agit pas dans les parlements, sauf tactiquement, mais qui agit dans la rue, dans les usines, dans les lieux d’éducation, de socialisation et même de détention.

Nous voulons créer l’opposition extra-parlementaire pour lutter contre les attaques de la bourgeoisie, créer ce bouclier politique.

Mais nous voulons plus, nous voulons à l’échelle de ce que représente les exploités, les opprimés.

Les travailleurs sont le monde, et le monde est à eux !

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