Grève a Mayotte !

Grève à Mayotte !

Mayotte revient sur le devant de la scène, en grande pompe. Une nouvelle fois, le prolétariat de l’île se mobilise dans une grève massive contre les exploiteurs de la métropole. Aujourd’hui, l’île est paralysée, faute de carburant.

Pour mémoire, en 2016, un mouvement de grande ampleur, pour « l’égalité réelle » s’était lancé, poussant à un bras de fer important entre les populations locales et les représentant de l’Etat impérialiste. Au final, ce mouvement se termina par la signature d’accords par l’intersyndicale CGT, FO, CFDT, Solidaires, FSU et FAEN, très probablement sous la pression de la métropole. Les accords signés n’ont pas débouché sur une amélioration substantielle de la situation pour l’île, toujours marquée par la pauvreté, la misère, et la domination coloniale. Pourtant, les habitants n’étaient pas particulièrement exigeants. Ils réclamaient principalement l’application du Code du Travail.  Or, dans les « joyaux d’outre-mer », pour reprendre la phraséologie d’un certain tribun social-chauvin, l’application de la loi est déjà une lutte. Ironie des ironies, la mise en œuvre de l’accord est prévue pour le premier janvier 2018, à une date où le Code du Travail sera d’ores et déjà pulvérisé par les ordonnances Macron.

Aujourd’hui, la grève part de la lutte des travailleurs de Total. L’intersyndicale FO – CGTMA réclame une augmentation de 15% du salaire pour tous les employés. Pour appuyer leur demande, les travailleurs bloquent le dépôt pétrolier. Cependant, la réaction de la direction n’est pas particulièrement porteuse d’une impression de volonté de dialogue :  « Nous avons rencontré un employeur qui affiche beaucoup de mépris [Il est parti en vacances le 13 aout, en indiquant que les ouvriers choisissaient mal leur jour de grève.]. Nous avons proposé une augmentation générale de 15% des salaires et comme la direction nous avait promis hier mercredi qu’elle allait nous faire une proposition en ce sens, on a écouté ses propositions. L’ennui est qu’il n’y a pas de proposition » rapporte ainsi le porte-parole de l’intersyndicale, El Anziz Hamidou.

La direction prétend l’inverse. En revanche, elle appuie, quant à elle, ses arguments sur un raisonnement simple : bloquer le dépôt est un casus belli. Le 13 aout, le directeur, avant de partir en congé, a ainsi menacé le délégué syndical de représailles si la grève ne cessait pas. Du fait de la pénurie de carburant, la préfecture a indiqué, sous l’injonction du MEDEF, qu’elle ne respecterait pas le droit de grève des travailleurs, en débloquant certaines stations. Ainsi, le 19 aout, par exemple, les forces de l’ordre sont intervenues pour chasser les grévistes et permettre le passage de camion citernes.

BFM business indique : » Le président du Medef Mayotte, Thierry Galarme, a demandé au préfet d’étendre l’arrêté de réquisition pour l’ approvisionnement en carburant de tous les véhicules assurant la livraison de denrées alimentaires, des véhicules du BTP, des véhicules de transports scolaires – à quelques jours de la rentrée qui a lieu mercredi -, des véhicules des entreprises de sécurité privée concourant à la sécurité des personnes et des biens aux côtés des forces de l’ordre et de tous les véhicules commerciaux (sur présentation d’un Kbis) ». En somme, cela signifie que le droit de grève n’est qu’un mot creux, tout comme l’ensemble des droits formels accordés par la bourgeoisie.

Mais le directeur de Total ne s’arrête pas à cela. Le Journal de Mayotte du 20 aout explique :  » « Après avoir fait interpeller le délégué syndicat FO dans l’après-midi, le DG accompagne les forces de l’ordre dans l’intervention du dépôt de Longoni où les grévistes ont été séquestrés illégalement pendant plus de 3 heures et empêchant, entre autres, les mères de famille de rentrer chez elles », écrit le syndicat. « Le directeur de Total Mayotte se trompe de statut et de responsabilité car il a accompagné les gendarmes mobiles déguisé en militaire », affirme également FO. »

Voilà la réponse des impérialistes à Mayotte : répression et force militaire. Voilà le visage de Total à Mayotte, où le directeur se prend pour un barbouze. Il s’agit là d’une illustration parfaite de la méthode de traitement des conflits sociaux dans les colonies et néo-colonies de l’Etat français. Aveu, également, de la proximité entre les grands complexes industriels et l’armée.

Areva, Total, Bouygues, Lafarge…etc. Tous se nourrissent de ces liens.

L’Unité Communiste de Lyon ne voit, dans la possession de ces territoires, nulle chance pour ces habitants. Nulle chance pour ses travailleurs. Nulle chance pour ses intellectuels. La présence de l’Etat français, et il s’agit d’un point fondamental qui nous sépare des sociaux-chauvins, est une plaie purulente pour les habitants.

Total, comme la très large majorité des entreprises françaises à Mayotte, profite du caractère insulaire de l’île pour imposer un monopole complet et dégager des surprofits supplémentaires. Elle profite du caractère colonial des rapports pour extorquer davantage de plus-value des masses de ces îles ou de ces territoires.

Elle traite les habitants avec un mépris issu en droite ligne de la période coloniale, de la période impériale, laquelle ne s’est jamais réellement achevée.

L’Unité Communiste de Lyon affirme sa solidarité avec les travailleurs en lutte de l’usine Total. Elle affirme sa solidarité avec cette lutte pour un niveau de vie meilleur. Elle affirme également sa solidarité avec celles et ceux qui ne veulent plus du joug d’une métropole qui brime et opprime.

Certains esprits chagrins peuvent clamer que ‘sans la France, Mayotte serait les Comores.’ A cela nous ne pouvons répondre qu’une chose : « sans la France, les Comores seraient bien autre chose que ce qu’elles sont aujourd’hui.  » Il s’agit de l’occasion de rappeler que ce sont les mercenaires français et sud-africains, qui ont saboté l’expérience révolutionnaire des Comores de 1975 à 1978. Celle-ci, s’inspirant en partie de l’expérience de la Chine populaire et de la Révolution Culturelle, était la plus à même d’apporter espoir et émancipation à la jeune nation. A la place, ils ont installé des agents, des valets, qui enferment dans la misère et le désespoir les masses.

A nos yeux, les arguments qui légitiment le maintient de la France sur ses positions territoriales sont des arguments faux et creux. Ils ne servent qu’a instiller l’idée que notre impérialisme serait « mieux » que celui des autres.

Il n’en est rien.

Chaque lutte contre l’hydre impérial est une lutte que doivent soutenir tous les militants et militantes révolutionnaires.

Solidarité avec les travailleurs et travailleuses de Mayotte !

A bas l’impérialisme français ! A bas le capitalisme !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *