Fin de Partie – VI – Les contradictions au sein du peuple.

Les contradictions au sein du peuple.

Les organisations progressistes ou se revendiquant de la révolution ont été -globalement- en situation de faillite politique au cours des dernières années. Les raisons sont multiples.

Les organisations communistes ont été, d’une manière générale, faibles ou absente. Le devant de la scène « radicale » demeure occupé par les organisations réformistes-radicales ou révisionnistes. Ce sont des raisons détaillées dans plusieurs autres brochures, telle que « les bases de l’opposition extra-parlementaire.« 

Mais d’une manière générale, l’ensemble des acteurs politiques révolutionnaires a fait preuve d’une faiblesse idéologique criante. Laquelle s’est ressentie dans tous les compartiments de la lutte, dans la stratégie comme dans la tactique.

Les débats publics, sur la politique générale ou sur les sujets de société, se sont traduits par des échecs. Dans un certains nombre de cas, la bonne volonté s’est transmutée en contre-productivité.

Les réformistes ont fait preuve d’un opportunisme virulent, charognard, illustrant le fait qu’ils sont prêt à tout pour gagner quelques places au chaud, quelque points dans les sondages.

Le mariage pour tous, ainsi, fut ignominieusement utilisé par le Parti Socialiste comme une bataille de fixation, permettant d’opérer des réformes ailleurs. Les médias, les masses et les organisations politiques opposées à ces projets étaient occupés par ces diversions – progressistes certes, mais diversion, tout de même.

Le PS a fait traîner les choses. Au lieu d’être une charge tambour battant, les longueurs, les langueurs, de l’avancée de cette loi ont permis à l’extrême-droite d’apparaître publiquement comme une force d’opposition.

Cette victoire, la seule progressiste que le Parti Socialiste puisse mettre en avant durant ce quinquennat, fut une victoire à la Pyrrhus pour les forces progressistes. Elles en sont ressorties lessivées, affaiblies, comparé aux gains de l’extrême-droite.

Ceci forme un exemple, particulièrement illustratif, mais relativement annexe comparativement à la grande bataille : la question de l’Islam et de l’immigration. Ce débat politique profond continue d’être un carnage. Ce terrain demeure le terrain de la victoire pour l’extrême-droite, pour ses conceptions. Il est un terrain de chasse pour tout ceux et celles qui veulent récupérer quelques voix. L’accusation d’islamo-gauchisme contre Benoît Hamon est une démonstration parfaite de ce qu’un opportuniste comme Manuel Valls peut employer comme armes.

La question de l’Islam est une tactique : la loi condamne le racisme, mais elle ne condamne pas l’islamophobie en tant que rejet de la religion musulmane. Le clamer demeure tout à fait légal.

Le discours d’extrême droite s’est ainsi dirigé vers une association « Arabes = Islam », permettant de former un paravent légal. L’amalgame est parfait. Aujourd’hui, au sein de l’Etat français,  « musulman » est devenu synonyme de « magrébin. » Les « bougnoules » ne sont plus pourfendus publiquement -sauf exceptions rares- mais deviennent des islamistes obscurantistes qu’il est nécessaire de chasser.

Ce maquillage du racisme par la religion permet d’opérer certaines manœuvres impossible auparavant.  Ainsi, de pourfendeurs de la laïcité, les fascistes en sont devenu les promoteurs les plus fanatiques. L’Islam doit quitter tout espace public, et, pour donner corps à la menace, les fascistes n’hésitent pas à fabriquer des fausses preuves.

Inventer des minarets défigurant les paysages, créer des statistiques fausses, des faits divers déformés, jouer la carte de l’insinuation, du sous-entendu…

Que l’extrême-droite défende, en revanche, les crèches publiques ou municipales, les symboles religieux de la chrétienté, est un paradoxe qui ne déstabilise pas un seul instant les réactionnaires. Lorsque confrontés, ces prestidigitateurs de la ligne politique invoquent alors les racines chrétiennes de la France et la sacro-sainte « liberté d’expression », bafouée par l’acculturation mondialiste, la loi Gayssot, ou d’autres excuses. D’une manière générale, une des caractéristique des idéologies réactionnaires est de ne jamais chercher la cohérence.

Tour de force que de parvenir à se placer en défenseur de la République, de la laïcité et de la liberté d’expression.

Les fascistes ne commettent plus, sauf dans leur intimité, ou lorsque leur vernis se fendille, à clamer des injures racistes. Dans leur communication, ils invoquent l’incompatibilité de l’Islam et de la République, de l’occident, ils invoquent le choc des civilisations de Samuel Huntington, ils invoquent le fait que « chacun doit rester chez soi. »

Les attentats ont contribué à jeter de l’huile sur un brasier déjà ardent. La rhétorique de Daesh est le miroir de celle de l’extrême droite.

Dans les œuvres de propagande de l’Etat Islamique, tout comme dans la théorie des fascistes, il n’existe pas de comptabilité entre l’Occident et l’Islam. L’un et l’autre s’excluent mutuellement et ne peuvent vivre ensemble. Les fascistes appellent donc à chasser les musulmans de l’Europe, Daesh appelle venir faire la Guerre Sainte au Levant et en Irak.

Chaque pas vers une situation davantage brutalisée, davantage excluante, désirée et appelée par les fascistes, donne raison à Daesh. Chaque action de l’EI donne raison aux fascistes. Nul surprise, donc, que les alliés objectifs fascistes fournissent des armes à ceux qui perpétuent des attentats. L’une et l’autre des parties en tire des bénéfices.

Les vagues migratoires ont toujours suscité des débats de société. Elles ont toujours causé des heurts, plus ou moins violents en fonction des embellies économiques et des crises. L’immigration récente -depuis les années 1950- ne forme absolument pas une situation différente. Elle ne présente aucune facette d’originalité, à ce sujet. Les polonais, par exemple, furent taxés de « trop catholiques » pour s’intégrer, trop marginaux, trop « racialement différents ». « Macaronis » italiens ; bretons baragouinant, « portos » ou « spingouins » ont eu à faire les frais du racisme et de la discrimination.

Les proto-fascistes n’ont jamais eu intérêt à résoudre ces questions, ni les patrons, qui tirent bénéfice de la division des classes populaires. Inutile d’attendre de leur part un changement, une volonté de progrès.

Les libéraux pourtant, généralement, sont plutôt hostiles aux thèses des ultra-réactionnaires. Leur fond idéologique, basé sur le darwinisme social, sur la méritocratie, se mêle mal aux accents raciaux des réactionnaires. Ils et elles apprécient de mettre en avant leur diversité, leur originalité, leur parcours atypiques, qui sont, à leurs yeux, tout autant de preuves que leur théorie marche.

Mais, dans la pratique, cela les arrange toujours de trouver des zones de fracture dans les masses populaire, de faire une politique de « terrorisme managérial. »

Les seuls et seules qui peuvent donner une issue positive à cette problématique sont les forces progressistes et révolutionnaires. Or dans l’ensemble, elles n’ont pas été à la hauteur. Pire, elles se sont fracassées sur une incapacité, en interne comme vis-à-vis du grand public, à produire une position correcte et convenable sur cette question comme sur d’autres.

De nombreux militants honnêtes et sincères ont tenté de s’attaquer à ces questions. Certains, une minorité d’organisations, ont trouvé des positions justes. La plupart n’ont, en revanche, pas pris part à ce débat, considérant qu’il était de nature explosive.

Deux lignes majoritaires se sont alors formées sur ces questions, les deux rivalisant de fausseté et d’opportunisme.

Une ligne laïcarde républicaine, chauvine.

Une ligne racialiste, postmoderniste.

Crier avec la meute.

Il serait aisé de qualifier cette ligne de droitière, d’en faire une ligne réactionnaire. Dans un sens, il est vrai que ceux et celles qui crient à la menace de la religion, qui réclament l’application stricte de la laïcité, d’une forme inquisitoriale de celle-ci, évoquent des pseudo-fascistes.

Pourtant la réalité est d’une complexité nettement supérieure.

Dans un sens, les tenants de cette ligne possèdent les mêmes traits que le gauchisme : tendance au sectarisme, surestimation de la possibilité de convaincre ceux et celles qui sont influencés par les conceptions religieuses.

Ils et elles comprennent l’aspect idéologiquement réactionnaire des religions, cet « opium du peuple« , que Lénine commentait de la manière suivante : Cette sentence de Marx, constitue la pierre angulaire de toute la conception marxiste en matière de religion. Le marxisme considère toujours la religion et les églises, les organisations religieuses de toute sorte existant actuellement comme des organes de réaction bourgeoise, servant à défendre l’exploitation et à intoxiquer la classe ouvrière.

Cette phrase est d’une justesse incomparable. Mais cependant, elle est utilisée d’une manière totalement décalée du contexte, de la situation.

S’attaquer au catholicisme, à l’Eglise, dont les réseaux, les ramifications, lui permettent de mobiliser dans un sens réactionnaire ; dont le poids politique et financier lui permet d’entraver l’exercice de certains droits : IVG ; contraception ; mariage pour tous… est une chose. C’est s’en prendre à une structure dominante, puissante, dont les adhérents sont loin d’être des opprimés. Cela revient à lutter pour le droit démocratique à la critique de la religion.

En revanche, traiter sur le même pied d’égalité l’islam revient à hurler avec la meute, et notamment avec les réactionnaires. Les tenants de cette position oublient que l’Islam est ce paravent mis en place par l’extrême-droite pour s’attaquer à l’immigration et aux immigrés.

D’autant que le débat est systématiquement placé sous l’angle de l’appel à la répression d’Etat : lois spécifiques, affaires scandaleuses comme le « burkini », entraves à la liberté de conscience.

Charlie Hebdo, par exemple, se défendait de ses unes en affirmant « taper sur tout le monde. » Malheureusement, « tout le monde » n’est pas logé à la même enseigne.

Lancer une campagne contre l’Eglise catholique, demander que soient supprimé les crèches dans les lieux publics, interdire les prêches de rue, fait avancer l’athéisme.

Agir de même envers l’Islam revient à entretenir une atmosphère pogromiste, raciste, de brutalité et d’exclusion.

Faire front renversé.

Une autre tendance, très importante dans les milieux militants, nourrie par l’influence du postmodernisme conduit à des erreurs pratiquement aussi graves.

Le postmodernisme mérite un détour, pour revenir sur les bases philosophiques et les thèses que développe ce courant de pensée. La partie suivant de cette brochure s’y attarde, pour tenter de décortiquer cette création toxique.

Indépendamment de cela, la position défendue par ses tenants est compréhensible pour certains aspects. Elle se place du côté de l’opprimé, du côté de celui dont on écrase les libertés, celui qui est stigmatisé. Tout ceci est quelque chose d’éminemment humain. De ce point de vue là ce courant a intégralement raison, contrairement à ce que peut ânonner la secte Lutte Ouvrière, parlant de la lutte contre l’islamophobie comme d’une erreur.

Malheureusement, cette raison de surface ne suffit pas. Le ver est dans le fruit.

Il existe un océan entre le « soutien négatif » – considérer que les libertés soient respectées, s’opposer à la répression étatique- et le fait d’apporter un « soutien positif » – accompagner le projet de société, le projet politique de celui qui est soutenu.

Cette difficulté à poser une séparation entre les deux est un des aspects fondamentaux de la position postmoderniste.

Bien que ses tenants s’en défendent, ils et elles parviennent à être plus condescendants que les premiers. En érigeant la religion en sujet au delà de la politique, au delà de l’idéologie, en ne comprenant que l’oppression culturelle et identitaire, ils et elles essentialisent les croyants. Ils et elles se forgent un idéaltype, apolitique, dépolitisé. Un monolithe qui se résume à une essence. Ainsi, au contraire de toute analyse fait par l’enquête, se forge des concepts grossiers et inadaptés.

Le maoïsme enseigne que, quelque soit l’échantillon pris, il existe invariablement des tendances de droites et des tendances de gauche. Que, quelque soit le sujet, certains seront plus progressistes et d’autres plus réactionnaires.

Or, dans l’analyse produite par de nombreux groupes, cela n’existe plus, cette pluralité de rapport, ce contenu idéologique, est volatilisé, annihilé, et le libéralisme, le démocratisme plat, est introduit en fraude à la place de la lutte des classes et de la lutte idéologique.

Au nom du respect de la sensibilité, la lutte contre les tendances réactionnaires a été remisée. Elle s’étend désormais, pour certains, au fait de ne plus critiquer l’Eglise, la religion, l’obscurantisme. In fine, au lieu de poser la question de la lutte contre l’expression de la réaction contenue dans la religion, ils et elles la défendent bec et ongles, considérant que toute critique est une attaque.

La tâche des communistes

Fondamentalement, la cristallisation sur la question religieuse est une position fausse. Nombreux sont donc ceux et celles  qui citent Marx « La religion est l’opium du peuple. » Certains, certaines, l’accompagnent de ce commentaire de Lénine : « Cette sentence de Marx, constitue la pierre angulaire de toute la conception marxiste en matière de religion. Le marxisme considère toujours la religion et les églises, les organisations religieuses de toute sorte existant actuellement comme des organes de réaction bourgeoise, servant à défendre l’exploitation et à intoxiquer la classe ouvrière. »

Mais, bien souvent, la suite est escamotée : « Pourquoi la religion se maintient-elle dans les couches arriérées du prolétariat des villes, dans les vastes couches du semi-prolétariat, ainsi que dans la masse des paysans?

Par suite de l’ignorance du peuple, répond le progressiste bourgeois, le radical ou le matérialiste bourgeois. Et donc, à bas la religion, vive l’athéisme, la diffusion des idées athées est notre tâche principale. Les marxistes disent : c’est faux. Ce point de vue traduit l’idée superficielle, étroitement bourgeoise, d’une action de la culture par elle-même.

Un tel point de vue n’explique pas assez complètement, n’explique pas dans un sens matérialiste, mais dans un sens idéaliste, les racines de la religion. Dans les pays capitalistes actuels, ces racines sont surtout sociales. La situation sociale défavorisée des masses travailleuses, leur apparente impuissance totale devant les forces aveugles du capitalisme, qui causent, chaque jour et à toute heure, mille fois plus de souffrances horribles, de plus sauvages tourments aux humbles travailleurs, que les événements exceptionnels tels que guerres, tremblements de terre, etc…, c’est là qu’il faut rechercher aujourd’hui les racines les plus profondes de la religion. »

L’opium du peuple est une notion juste, raisonnable. Seulement elle ne signifie pas une marche forcée, une charge à la baïonnette. Elle signifie qu’il faut proposer quelque chose de supérieur à l’illusoire paradis offert par la religion. Il ne s’agit pas de stigmatiser ceux et celles qui croient, qui pratiquent, mais bel et bien le fait de proposer une appréciation du monde, rationnelle, logique et -surtout- révolutionnaire.

Si des penchants réactionnaires existent, ce n’est pas à l’Etat de les régler. Confier à l’Etat bourgeois le soin de régler les conflits au sein du peuple revient à accorder un blanc seing à la bourgeoisie pour diffuser sa propagande de division.

Les citations sont problématiques, car elles escamotent bien souvent le fond de l’affaire. Dans cet fameux texte où Marx inscrit la notion d’opium du peuple, Marx ne s’arc-boutait pas sur une position sectaire, nourrie de principes hautains, mais bien basée sur une compréhension du réel, des pratiques.

Dans Pour une critique de la philosophie du droit de Hegel en 1843, , ainsi, Karl Marx écrivait : « Voici le fondement de la critique irréligieuse : c’est l’homme qui fait la religion et non la religion qui fait l’homme. A la vérité, la religion  est la conscience de soi et le sentiment de soi de l’homme qui, ou bien ne s’est pas encore conquis, ou bien s’est déjà de nouveau perdu. Mais l’homme, ce n’est pas un être abstrait recroquevillé hors du monde. L’homme c’est le monde de l’homme, c’est l’Etat, c’est la société. Cet Etat, cette société produisent la religion, une conscience renversée du monde parce qu’ils sont eux-mêmes un monde renversé. La religion est la théorie générale de ce monde, son compendium encyclopédique, sa logique sous une forme populaire, son point d’honneur spiritualiste, son enthousiasme, sa sanction morale, son complément cérémoniel, son universel motif de consolation et de justification. Elle est la réalisation chimérique de l’essence humaine, parce que l’essence humaine ne possède pas de réalité véritable. Lutter contre la religion, c’est donc, indirectement  lutter contre ce monde là, dont la religion est l’arôme spirituel.
La misère religieuse est tout à la fois l’expression de la misère réelle et la protestation contre la misère réelle. La religion est le soupir de la créature accablée, l’âme d’un monde sans cœur, de même qu’elle est l’esprit d’un état de choses où il n’est point d’esprit. Elle est l’opium du peuple.

    Nier la religion, ce bonheur illusoire du peuple, c’est exiger son bonheur réel. Exiger qu’il abandonne toute illusion sur son état, c’est exiger qu’il renonce à un état qui a besoin d’illusions. La critique de la religion contient en germe la critique de la vallée de larmes dont la religion est l’auréole. […] La critique du ciel se transforme ainsi en critique de la terre, la critique de la religion en critique du droit, la critique de la théologie en critique de la politique. »

La tâche des communistes est de faire avancer les masses vers la libération de l’oppression, de l’obscurantisme, de les sortir des griffes de la réaction. Mais elle l’est en les faisant avancer vers l’idéologie communiste, non en appelant l’Etat et la bourgeoisie à réprimer les minorités ethniques, à réprimer les minorités religieuses, à réprimer les masses populaires.

Mao Zedong présentait dans De la juste résolution des contradictions au sein du peuple, la question, d’une manière large, de cette manière : « Nous sommes pour une liberté qui s’accompagne d’une direction et pour une démocratie à direction centralisée, mais cela ne signifie nullement qu’on puisse recourir à la contrainte pour résoudre les questions idéologiques et les questions portant sur la distinction entre le vrai et le faux qui surgissent au sein du peuple. Tenter de résoudre ces questions au moyen d’ordres administratifs ou de la contrainte est non seulement inefficace, mais nuisible. Nous ne pouvons supprimer la religion avec des ordres administratifs, ni forcer les gens à ne pas croire. On ne peut obliger les gens à renoncer à l’idéalisme ni à adopter le marxisme. Toute question d’ordre idéologique, toute controverse au sein du peuple ne peut être résolue que par des méthodes démocratiques, par la discussion, la critique, la persuasion et l’éducation ; on ne peut la résoudre par des méthodes coercitives et répressives. »

La lutte contre l’obscurantisme religieux ne se mène pas par l’oppression, mais par le fait de convaincre, de rallier, d’amener à démontrer, en premier lieu, que, quelque soit la position sur les questions divines, la lutte des classes est l’œuvre à mener jusqu’au bout.

Le matérialisme dialectique pose la négation de Dieu par lui même. Mais il n’est pas une chose dont on gave de force les interlocuteurs. Ce n’est que par la démonstration, que par la capacité à développer une ligne politique juste, que par le ralliement, que les masses avancent.

Placer la religion comme une contradiction irrésoluble, refuser de l’aborder ou la conforter sont tout autant de positions fausses. Mikhaïl Kalinine, président de l’Union Soviétique, expliquait qu’en URSS, il n’y avait pas de répression d’Etat contre les croyants, contrairement à ce que les historiens de la bourgeoisie présentent. La lutte contre la religion se faisait en la traitant comme une erreur idéologique et en étant dans une posture de débat et d’explication.

A l’exception des agents de la réaction, irréductibles, irrécupérables, la très large majorité de ceux et celles qui placent leurs espoirs dans la religion peut-être ralliée. La question déterminante, au final, est celle de l’engagement. Un membre du clergé, un zélateur, un prestidigitateur de la religion, peut se muer en ennemi implacable, en opposant au communisme, à la révolution. C’est un fait. En revanche, le fait d’avoir la foi, comme le mentionne Kalinine, est une déviation idéologique -comme une autre.

Or, la lutte idéologique que doit mener le camp de la révolution doit se heurter, ce fait est indéniable, aux conceptions fausses qui deviennent hégémoniques au sein de son propre camp, dont une, ravageuse, toxique, protéiforme : le postmodernisme.

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