Déclaration du premier mai.

1er MAI CRUCIAL !

Déclaration de l’Unité Communiste de Lyon

Ce premier mai 2017 est sous le signe de la croisée des chemins, tant à l’international, au niveau de la situation de l’Etat Français, que localement. Chacune des échelles est soumise à une pression terrible, issue des convoitises rapaces des différents impérialismes -dont l’impérialisme français, un des plus bellicistes-, aiguillonnés par la crise économique, laquelle ne se résorbe pas. Face à cette situation, il n’existe qu’un seul garant de la paix, des droits, des libertés, du progrès : la constitution d’un camp du peuple fort et uni.

A l’international, la diplomatie cède peu à peu le pas aux menaces. Les tensions prennent une tournure explosive. A l’échelle mondiale, deux camps hostiles se dessinent : l’un, celui des impérialismes déclinants, essoufflés, celui autour de l’Atlantique, de l’Amérique du Nord et de ses relais. En face, se dresse un nouvel axe, sino-russe, montant, neuf, dévoré d’ambition et de désirs de conquêtes.

Hostilité géopolitique, concurrence pour des ressources qui se raréfient, pour des marchés à conquérir, pour de la main d’œuvre à surexploiter… les raisons ne manquent pas. Elles sont mues par l’appel du profit, l’appel du gain, l’appel à écraser la concurrence. Elles indiquent un danger de conflagration, pour que les puissances redessinent la carte du monde. Si ce redessin ne peut s’effectuer par la douceur et la négociation, il se fera par la force.

Ces deux camps sont déjà passés de la rivalité à la guerre interposée. Le conflit syrien ; les coups de force en Lybie, en Côte d’Ivoire, au Soudan ; les menaces sur la Corée du Nord ; tout ceci est la résultante d’une opposition qui se prend un caractère frontal. La guerre fait son chemin dans les esprits, ne déclenche plus de réflexe de rejet, devient une option acceptable, appelée, même, par certains nouveaux croisés.

Au milieu de ce maelstrom guerrier, les peuples sont pris en otage, divisés, montés les uns contre les autres, sont utilisés comme chair à canon. Les morts deviennent des images utilisées pour peser dans la balance, pour exiger plus d’intervention, plus de bombardements, plus de massacres.

Au milieu du chaos, pourtant, l’espoir peut également naître. L’impérialisme apprend la guerre à tant et tant qu’il finit par forger les armes de sa chute. Ainsi, les forces combattantes Kurdes, en Syrie, montrent la voie à suivre. Leur résistance est exemplaire et illustre un fait indéniable : les armées populaires sont imbattables !

En Turquie, aux Philippines, en Inde, au Népal et dans bien d’autres lieux, la résistance aux oppresseurs, la résistance aux dictateurs fascistes et aux réactionnaires tient. Organisés autour de partis communistes révolutionnaires, léninistes et maoïstes, les combattants et combattantes des guérillas, les résistants, les révolutionnaires tiennent bon. Au sein des pays impérialistes, renaissent aussi la révolte, reparaissent également les drapeaux rouges de la révolution.

Même dans les dépendances de l’Etat Français, dans ses colonies, en Guyane, à Mayotte, le rejet de la domination impériale est total. Dénigrant totalement les injonctions de l’ONU, l’Etat Français campe sur un empire en lambeaux, dans lequel il entretient la misère.

Les régimes n’ont d’autre choix que de se durcir, de durcir le ton, de durcir la répression pour maintenir l’exploitation. C’est là la tâche des Etats bourgeois. A l’échelle internationale, l’extrême-droite, les xénophobes, les chauvins -de gauche ou de droite, les populistes tiennent le haut du pavé. La victoire de Trump, mais aussi les élections présidentielles que nous vivons actuellement, ne peuvent être regardées que comme les victoires de l’esprit publiciste, de la démagogie. Elles sont autant de gifles faites aux révolutionnaires et aux progressistes. Elles sont un signal.

 

Il est temps de se réorganiser, de serrer les rangs, d’avancer de nouveau !

Car au sein de l’Etat français, les tensions se condensent.

 

Le grand mérite du Parti Socialiste a été de briser le mythe social-démocrate. Il aura été de quitter la fange de l’alliance avec ses courroies de transmission, de hausser le débat et le niveau politique. Ne laissons pas ses successeurs reconstituer ce mythe ! Brisons définitivement l’illusion réformiste !

Impérialisme descendant, l’impérialisme français montre les dents, se mue en bête féroce, en monstre. Les grands monopoles recherchent les failles et les faiblesses pour déstabiliser d’autres Etats, pour les assujettir. Coups de force, coups d’Etat, corruption, chaos, sont organisés pour maintenir dans l’orbite française les pays dominés, les néo-colonies. Sentant la Françafrique menacée, l’armée française occupe, contrôle le Mali, le Tchad, le Centrafrique… ; pillant, violant au passage. L’impérialisme français forme le socle de toutes les questions politiques, forme la ligne de démarcation principale.

Au sein de la métropole, les discours vont bon train. Ceux de la présidentielle se divisent en deux camps. Aucun des quatre cavaliers de l’apocalypse, arrivés en tête au premier tour, ne l’attaque. Tous sont ses brillants zélateurs, ses agents.

Les optimistes, ceux comme Fillon et Macron, en sont fiers, voient dans le libre-échange, dans l’alliance avec les autres capitalismes, dans l’Union Européenne la clé du succès de l’impérialisme français.

Les pleurnicheurs, Mélenchon et Le Pen, qui le nient, ne voient d’issue que dans le protectionnisme, dans le repli. Pour ces tristes sires, la France est un Etat dominé, colonisé, par les USA, l’OTAN, l’UE ou l’Allemagne. Ces discours, social-chauvin et fasciste-chauvin sont deux discours qui se corroborent, qui se valident, qui se recoupent. Ils sont le socle d’un puissant danger.

Les communistes sont pour l’internationalisme, pour la révolution, pour la destruction du capitalisme et de l’impérialisme. Ils et elles sont pour le fait de cibler l’impérialisme français comme leur premier ennemi : il est celui sur lequel nous avons le plus de prise, mais il est également notre premier bourreau. Ceux qui s’éloignent de cette ligne ne méritent qu’un seul titre : agents de l’impérialisme français.

La situation économique n’a eu de cesse de se dégrader. Fermetures d’usines, délocalisations, paupérisation grandissantes, réformes dans l’intérêt unique des patrons. Depuis les années 90, les gouvernements successifs n’ont eu de cesse de racler jusqu’à l’os la protection sociale, les droits des travailleurs, les retraites, l’éducation. Cette dégradation a été « compensée » par plus de police, plus de dureté contre les pauvres, contre les exclus, contre les minorités. Elle est un rideau de fumée, une diversion pour détourner les masses de la lutte. Elle est le terreau des discours fascistes.

Les discours chauvins, les discours de laquais de l’impérialisme, les discours de l’absence de rupture avec le capitalisme ont formé les socles idéologiques de la monté de l’extrême-droite.

L’absence de Parti Communiste non-vautré dans le révisionnisme, d’un camp du peuple n’a laissé d’autre voie à la colère populaire que la réaction. L’anticommuniste, le révisionnisme, la falsification, mais aussi l’économisme plat et chauvin ont formé le boulevard des fascistes. In fine, ne pas dénoncer la dictature de la bourgeoisie pour ce qu’elle est, c’est marcher main dans la main avec les populistes les plus répugnants.

Les élections de 2017 ont montré que la majorité relative, au sein de nombreux lieux, appartenait désormais aux réactionnaires les plus virulents. Accompagné par la bourgeoisie, comme une contre-assurance, le discours réactionnaire s’est implanté fermement. La complicité -active ou passive- des autorités, des préfectures, de la police et de la Justice est une évidence. Cette complicité, ce bouclier, a été une contribution essentielle aux gains des xénophobes et des chauvins.

 La faiblesse des mobilisations à la suite de la nouvelle de l’accession de Marine Le Pen au second tour est illustrative. Tout comme à l’échelle internationale, l’hypothèse de la guerre ne déclenche plus de levée de bouclier, celle de l’irruption de l’extrême-droite non plus.

Comment en serait-il autrement après tout, quand, après 5 ans de direction socialiste, une copie carbone du programme du F.N. a été appliquée ?

Lyon dans la tourmente ?

Vivier de l’extrême-droite, dirigé par un maire opportuniste et soutien de la première heure à Macron, Lyon n’a jamais été un havre de paix pour les forces progressistes. La pression des réactionnaires se fait sentir avec une intensité croissante. Disposant d’une véritable assise, de locaux, de magasins, de bars dans la ville, ces apprentis-sorciers du fascisme se permettent d’opérer attaques et menaces. Locaux attaqués, militants agressés, journalistes menacés, voilà les services rendus par ces révolutionnaires du retour en arrière. Ces enfants de la bourgeoisie traditionnelle-catholique se perçoivent en nouveaux croisés, alors qu’ils ne sont que des auxiliaires de police, des auxiliaires de la réaction.

Economiquement parlant, la région lyonnaise reste dynamique, mais cela n’empêche ni les fermetures d’usines, comme Bosch, ni d’hôpitaux, comme Henri Gabrielle, ni la répression contre les militants et militantes syndicales et politiques. Les capitalistes ne cherchent qu’à trouver les rendements maximums pour leurs investissements, quitte à faire naître la misère, le chômage, quitte à expulser et à laisser vivre dans la rue.

 

Avancer et combattre !

Nous avons cinq ans devant nous.

Cinq ans durant lesquels les forces militantes, de Lyon comme de l’Etat français, doivent avancer et se préparer à combattre. Cinq années qui forment un sursis. Si nous ne saisissons pas celui-ci pour être plus forts, plus organisés, plus solides, les « on vaut mieux que ça » n’auront plus cours. Nous n’aurons que ce que nous mériterons. Aucune aide, aucune pitié n’est à attendre de la part de la bourgeoisie, du patronat, des fascistes. Nous devons assumer nos responsabilités.

Nous faisons le choix de refuser le jeu de la bourgeoisie car nous considérons qu’il est truqué. Nous considérons que quelque soit le gouvernement qui en sortira, il sera le fidèle serviteur des intérêts de la bourgeoisie. Seulement, la bourgeoisie de l’Etat français, elle aussi est à la croisée des chemins : Est ou Ouest, protectionnisme ou libéralisme, fascisme ou démocratie ?

Les forces communistes ont une autocritique à faire, sur leur dispersion, leurs erreurs, leurs manques. Le temps de l’unité est venu, d’unifier nos forces et de poser les bases d’où émergera le Parti Communiste dont nous avons besoin, dont les masses populaires ont besoin.

Quittons les mythes réformistes et opportunistes d’une illusoire renaissance d’une organisation qui n’est qu’une coquille vide, une marionnette, un croupion entre les mains de la social-démocratie. Mettons fin à cette course à récupérer une marque, un branding qui ne signifie plus que trahison et opportunisme. Quittons l’attentisme, forgeons nos armes.

Militants et militantes, avançons idéologiquement et politiquement. Renforçons les syndicats, les organisations politiques, les organisations antifascistes. Posons les bases communes d’une opposition extra-parlementaire, opposition progressiste, opposée à la compromission, au réformisme, à l’aménagement d’un capitalisme pourrissant.

 

Soyons solidaires, tant à Lyon que dans l’Etat français, tant dans l’Etat français qu’à l’échelle internationale. Faisons front commun, contre l’impérialisme français !

Serrons les rangs !

Chassons les idées fausses !

Développons la ligne révolutionnaire !

Vive le premier mai, vive le communisme !

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *