Ne laissons pas l’islamophobie devenir de centre des futures élections.

Ne laissons pas l’islamophobie devenir de centre des futures élections.

Nous considérons que la campagne islamophobe orchestrée par le gouvernement est un jeu cynique, hypocrite et dangereux.

Les discours racistes sont omniprésents. Le délinquant raciste Zemmour est devenu un faiseur de politiques, tandis que les médias d’extrême-droite, comme C News, sur Radio, mais aussi Marianne, le Point, le Figaro, ou d’autres encore, vomissent leur haine. Ces bandits amalgament consciemment la pratique religieuse, l’immigration, la délinquance, les trafics, pour construire un ennemi.

Ils sont aidés dans ce sens par des «  idiots utiles  », qui, sincèrement hostiles au caractère réactionnaire des religions, sincèrement mus par un désir progressiste, ne se rendent pas compte qu’ils hurlent avec la meute.

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Aujourd’hui, pas un jour de passe dans un scandale islamophobe. Descentes de police, vexations, intimidations, actes de violences. Ces politiques font naître un ressentiment, un sentiment d’exclusion, d’encerclement, qui forme le terreau des prêches des radicaux.

Centre de la bataille, la loi sur les séparatismes cristallise l’attention. Elle a été, sur le fond, saluée par le RN. Celui-ci a d’ailleurs été l’invité du ministère de l’Interieur. Il a été consulté sur son opinion quant à la loi. En fait de barrage, Macron ouvre les portes du pouvoir aux fascistes.

Le gouvernement français apparaît clivé entre une branche ouvertement favorable à une campagne débridée, autour de Darmanin. Celui-ci a accusé LFI d’être un agent de cet «  islamo-gauchisme  » explosif. De l’autre côté, les libéraux, y compris Macron, semblent essayer de rétropédaler, passant de séparatisme à séparatismes puis à une classique loi sur la laïcité.

En dépit d’une apparence d’équité dans le traitement des religions, l’hypocrisie ne tarde pas à poindre. Si le gouvernement avait la moindre once de sincérité dans sa lutte pour une laïcité étendue, il ciblerait l’anomalie du concordat de 1801, toujours utilisé en Alsace-Moselle1. Là, aucune laïcité n’existe (voire infographie).

Le régime concordataire

Ce système parallèle n’a jamais été évoqué dans aucun discours quel qu’il soit. Pourtant, il impacte toujours fortement le fonctionnement de cette partie de la France.

L’islamo-gauchisme, cette résurrection du judéo-bolchévisme, est un axe de bataille central. Il permet d’amalgamer dans une masse informe les luttes sociales, les luttes politiques et démocratiques, la défense du droit des minorités et le terrorisme. Il construit un ennemi intérieur, irréductible, incompatible, et donc à éliminer.

Il existe un grand nombre d’enjeux qui sont urgents, vitaux. La crise sanitaire n’a pas été conjurée. La crise économique plonge une partie de la population dans la précarité, l’angoisse, la misère. Elle a permis aux grands bourgeois, aux grands capitalistes, d’éliminer des concurrents. Les milliardaires s’enrichissent plus que jamais. La démocratie française, démocratie autoritaire, s’étiole davantage.

Les partis politiques de la démocratie bourgeoise sont incapable de pouvoir répondre à ces problèmes sans se heurter aux intérêts des plus grands des exploiteurs. Ce n’est pas leur rôle ni leur désir. Il est uniquement de servir au mieux leurs maîtres.

S’axer sur une campagne raciste, xénophobe, islamophobe, est donc une mesure dérivative. Elle occupe de l’espace, elle occupe du temps, elle détourne des questions les plus brûlants, les plus centrales de l’actualité. Elle instrumentalise les peurs, les colères, les haines, et en font des poignards, avec lesquels les exploités et exploitées s’égorgent mutuellement.

Ces jeux électoraux, des dérivatifs, ne sont pas sans conséquences. Les architectes de ces discussions sont bien souvent des calculateurs, qui ne réfléchissent qu’en termes de résultats électoraux et d’effets de communication. Ces commerciaux de la haine se moquent bien des effets dévastateurs de leurs discours.

Ils nourrissent des idéologues qui, eux, bénéficient grandement de cette mobilisation réactionnaire. Et qui, eux, ont l’intention d’aller jusqu’au bout de leur logique. En espérant capter les voix qui vont à ces promoteurs de l’épuration ethnique, les démagogues ne font que légitimer leur discours et leur donner plus de poids.

Nous sommes en faveur de la laïcité. Nous sommes résolument hostiles, non aux religions en tant que telles, mais en leurs expressions réactionnaires. Or, la lutte contre ces aspects réactionnaires ne peut être faite par la chape de plomb de la répression étatique. Elle ne peut être faite que par un espace de dialogue, plaçant au centre de celui-ci ceux et celles qui pratiquent ces religions. Or, nous ne pouvons que constater que les musulmans et les musulmanes sont les grands absents et absentes des plateaux. Les seuls qui sont invités sont illuminés choisis expressément pour attiser la colère et la haine.

Nous rappellons que le véritable séparatisme est dans l’attitude des exploiteurs. Ils imposent une loi, un ordre, qui les arrangent. Dans le même temps, ils se privent de respecter leurs propres lois, volant, mentant, trichant dès qu’ils le peuvent.

L’unité populaire n’est pas un mot qui doit rester creux. La lutte contre les réactionnaires non plus. Nous avons un besoin impérieux, dans le climat actuel, de mettre en commun nos forces, de travailler le plus étroitement possible. De faire bloc, de tenir, car la campagne électorale ne fait que commencer, et que les discours iront croissant jusqu’à son aboutissement.

1 : “Concrètement, la loi de séparation de 1905 n’est pas appliquée en Alsace-Moselle et les quatre cultes catholique, luthérien, réformé et juif y bénéficient d’un statut officiel. Prêtres et laïcs en mission, pasteurs et rabbins y sont rémunérés par l’État. Les évêques de Strasbourg et Metz sont nommés par le chef de l’État. De fait, l’Élysée suit désormais le souhait du Saint-Siège. Le président de l’Église protestante de la Confession d’Augsbourg d’Alsace et de Lorraine (EPCAAL), dont le nom est proposé par un vote du consistoire supérieur de cette Église, est lui aussi nommé par l’État. Les membres laïcs élus des consistoires israélites des trois départements doivent avoir l’agrément du Premier ministre.” (Source Wikipédia)

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