Mouvement « Ocupa Brasília » Situation d’Urgence au Brésil !

Le gouvernement illégitime de Michel Temer — arrivé au poste de président de la République du Brésil à travers un coup d’État parlementaire réalisé en avril 2016 en destituant Dilma Rousseff au moyen d’accusations qui se sont révélées fallacieuses par la suite — se caractérise par une politique ultra-libéral. Cette politique se caractérise, entre autres, par une proposition de loi visant à réduire les possibilités de nationalisation d’entreprises par l’État, permettant ainsi la pérennisation de la vaste politique de privatisation menée depuis l’arrivée au pouvoir du parlement le plus réactionnaire de l’Histoire du Brésil. Un tel projet de loi modifie la constitution brésilienne et réduit considérablement les pouvoirs étatiques au profit d’une autogestion exclusive de l’économie par les grands groupes privés. Le projet de loi vise, en outre, à congeler pour une durée de 20 ans tout investissement public dans les secteurs de l’éducation, de la santé et de la sécurité sociale, forçant par défaut ces organisme publiques à se privatiser ou à disparaître.

Approuvée en octobre 2016 par la chambre des députés, elle a été, conformément à la constitution brésilienne, soumise au vote du sénat ce 29 novembre 2016. Sans aucune surprise, le projet de loi a été approuvé à 61 voix contre 14. Il est intéressant de voir que les mêmes députés qui ont voté pour cette loi sont les mêmes qui ont voté pour la destitution du gouvernement de Dilma Rousseff, mais là n’est pas la question.

Les fervents défenseurs ce projet de loi agitent le même argument imparable : une privatisation totale des ressources, de la force de travail et des services permettra une croissance économique dans un Brésil qui subit la crise pétrolière de plein fouet. Vaste nuage de fumée avec lequel la bourgeoisie voudrait nous étourdir.

De grandes manifestations de contestation, rassemblant plus de 50 mille personnes, ont eu lieu à Brasília le jour du vote du projet de loi par le sénat. Les manifestants ont été violemment réprimés par du gaz lacrymogène, des flashball et des matraques des policiers qui les ont dispersés et chassés à travers les rues de la capitale. La situation est très confuse, et il est encore difficile de tirer un bilan clair de ce qui s’est passé, sur le nombre de personnes blessées par la police et sur le nombre de personnes arrêtées et mises en prison préventive.

Nous transmettrons des informations au fur et à mesure de leur arrivée.

Sauf mention contraire, les images sont la propriété de André Cohélo

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