Migrants, santé, éducation, vie et mort. Tout est un marché en régime capitaliste.

Dernièrement, un reportage fait par l’émission Envoyé Spécial, diffusé le 12 janvier 2017, a soulevé des haut-le-cœurs parmi de nombreux spectateurs. En cause, une séquence -isolée par le média Taranis News- montrant un entrepreneur modifiant des containers pour en faire des logements à destination des migrants. Si l’acte en lui-même paraît bien inoffensif, le discours, quant à lui, a choqué.

Il est important de dire que le discours, effectivement, est loin de plaider l’humanisme. Il est plutôt même pétri dans une forme qui prête de flanc au racisme : « Le migrant toute la journée, je me demande ce qu’il fait. Il va jouer au ballon […] les journées sont longues quand on ne travaille pas !”
Les formulations, elles aussi, font froid dans le dos. Notamment cette idée de camps de cent migrants répartis dans chaque département, ne pouvant qu’évoquer de bien sinistres souvenirs. Quant à la déshumanisation de l’autre… « Moi je trouve qu’il est bien notre container à migrants. »

Mais ce qui a le plus marqué les esprits, c’est bel et bien l’appât du gain « 10 000 migrants fois 10€ la nuit […] ça fait 100 000 € par jours. » Le chiffre d’affaires a de quoi faire rêver plus d’un entrepreneur : 36 millions d’Euros par an. Cela créé des vocations à se placer sur une segment de marché neuf : « [il y a 8 ans] il n’y avait pas de migrants, il n’y avait pas de marché, il n’y avait pas de besoin », d’autant que se lancer dans le secteur n’a rien de hasardeux. « Il y a une commande de l’Etat, il y a une commande de l’Europe, donc forcément, vous avez un appel d’offre. » Le premier à remporter l’appel d’offre étant le grand vainqueur.

Le cynisme choque. C’est là quelque chose de tout à fait humain. Pourtant l’entrepreneur répond « Est-ce que celui qui vend de l’aspirine doit gagner de l’argent parce que il(sic.) exploite la misère des gens qui ont mal à la tête. », tout en ajoutant que « Je pense que les gens sont assez lucides pour comprendre. »
Il semble que non.

Tout comme nous avions, lors d’un article précédent, joué le rôle d’avocat du diable pour un Manuel Valls tentant péniblement de se défendre de l’usage du 49.3, nous ne pouvons que faire de même ici, et rappeler quelques vérités.

Il est légitime, bien sûr, d’être choqué par le discours de cet entrepreneur, de le voir poser des chiffres sur la vie d’individus, sur leur misère, sur leur souffrance. Les confiner dans des containers comme logement à effectivement de quoi choquer.

Mais, pourtant, cet individu respecte deux des lois inhérentes au capitalisme, deux de ses lois fondamentales.

 La première étant « tout est marché. » Dans le capitalisme, la loi du profit est la loi maîtresse. Tout ce qui peut être un investissement rentable, tout ce qui peut trouver des débouchés est potentiellement un marché. Il n’existe aucune exception à cette règle.

La seconde, qui est son corolaire direct : « si ce n’est pas moi qui en profite, ce sera mon voisin et après moi, le déluge. » Quel que soit le marché, à partir du moment où il peut être porteur, d’autant plus s’il est possible d’y être pionnier et de s’y établir en monopole, un capitaliste s’y implantera. Même si le secteur est le plus répugnant, le plus criminel, le moins éthique possible, un investisseur se présentera. Pourquoi ? Car si ce n’est pas lui qui s’en saisit, le risque qu’il lui échappe et qu’il tombe entre les mains d’un autre est suffisant pour justifier que tombent les barrières telles que la moralité.

Le marché migratoire choque. C’est légitime. Mais chaque chose, chaque compartiment de l’existence de chaque individu, dans ses hauts et ses bas, est un marché. Rien n’est trop répugnant pour l’investisseur. 

La santé est un marché.

Mais que dire également du marché de la Santé ?

Martin Shkreli, un investisseur de hedge-funds, fin 2015, a racheté une société pharmaceutique produisant un médicament contre le paludisme et contre des maladies opportunistes se déclarant chez les malades du VIH. Son premier acte à été de faire passer le prix de la pilule de 13.5$ à 750$ soit une augmentation de plus de 6500%.

D’une manière générale, la recherche et le développement des laboratoires pharmaceutiques ne réfléchit qu’en termes de rentabilité. Les maladies orphelines, dont les traitements ne seraient pas un marché suffisant, dépendent de la charité pour trouver des financements.
Les complotistes et les passionnés de légendes urbaines qui va jusqu’à lancer des rumeurs sur le sabotage de recherches. Qui n’a jamais entendu la légende de « quelqu’un qui a trouvé un remède miracle et qui a vu sa maison incendiée ? » Pour autant, le laboratoire qui développerait un remède miracle pour le cancer ou le Sida serait couvert d’or. Pour les investisseurs et les actionnaires, cela serait un pactole monstrueux. Ensuite, ils investiraient ailleurs lorsque ce laboratoire ne serait plus source de profit. Encore une fois, la loi du marché règne.

Que dire du scandale de l’homéopathie ? L’absence totale de valeur médicale de ces produits n’empêche pas qu’ils soient mis en avant, qu’il y ait un engouement pour ceux-ci. Pourtant la présence de principe actifs dans les produits est tout simplement nulle. Les produits « miracles » de parapharmacie sont également une source de profits monstrueux. Pourtant la lecture de leur composition révèle généralement que le seul effet qui peut être attendu de la prise de ces produits ne serait un effet placebo.

Que dire également de cliniques qui facturent des actes inutiles, radios ; scanners ; IRM ; actes payés à prix d’or ? En octobre, le journal Slate, lorsqu’il n’est pas occupé à défendre pas Finkielkraut, a rapporté le récit d’une famille de l’Utah qui s’est rendue compte qu’ils avaient payé 40$ pour l’acte d’avoir leur bébé remis entre les bras de la mère.

Le modèle de santé anglo-saxon frappe à notre porte. L’hôpital public souffre déjà de son alignement sur les cliniques, mais gare lorsque les patients deviendront des clients !

La chair et le sang, tout se vend.

Dernièrement, une publicité à fleuri dans les rues des Etats-Unis à destination de la jeunesse et -en particulier- d’une part endettée de la jeunesse : les étudiants. Cette publicité se résume ainsi: « Besoin de livres ? [les livres scolaires sont extrêmement chers aux USA] Pas d’inquiétude ! Donnez votre plasma [sanguin.] » Cette entreprise, ensuite, revend le plasma acquis auprès d’endettés pour 8000 $ à des personnes âgées voulant littéralement une dose de sang neuf. Le trafic d’organe prospère également, non pas par simple vice, mais bien parce qu’il existe des acheteurs prêt à payer des sommes colossales pour acheter un rein, un foie, un cœur ou une rétine.

Des populations dans la misère vendent leurs organes pour subsister, même si les conséquences sont bien souvent désastreuses pour eux et elles. Le système capitalisme est un grand consommateur de chair, et les industries qui les avalent font fleurir leur chiffre d’affaires.

La prostitution légale et l’industrie pornographique sont tout autant de placements financiers qui attirent les investisseurs. Qu’importe la maltraitance, qu’importe la culture du viol. Si cela s’achète, quelqu’un doit le vendre.  Aux USA uniquement, la pornographie représente un chiffre d’affaires de 10 000 milliards de $ par an, d’après le site Economy&co. Dans le Sud-Est asiatique, le tourisme sexuel représente entre 2 et 14% du PIB des pays. Si les actes en eux même sont du ressort de l’économie informelle, les tour-opérateurs qui font la promotion de ce tourisme n’en sont pas moins légaux et déclarés. Le gouvernement ukrainien faisait même, malgré la prohibition de la prostitution, une référence à peine voilée à celle-ci en vantant, y compris dans les fêtes consulaires, le « chaleureux accueil de la population. » Les libéraux argueront qu’il est possible de faire ce qu’on veut de son corps, que c’est une liberté. Nous paraphraserons Staline, lorsqu’il exprimait cette idée on-ne-peut-plus juste : Il n’existe pas de liberté pour celui ou celle qui doit se vendre pour survivre. Vendre sa chair n’est pas un choix, c’est un acte de survie à laquelle on est contraint et contrainte par la force des choses, par la force de l’exploitation. Nous n’y voyons pas le moindre romantisme.

Education rentable, éducation minable.

L’éducation est tout autant un marché. Les écoles privées fleurissent dans les pays nordiques et anglo-saxons, et le modèle s’exporte. D’après l’International Finance Corporation, le marché représente à l’échelle mondiale 380 milliard d’euro, de quoi attirer des investisseurs. Des sociétés comme l’anglais Pearson, leader mondial, trustent une grande part du marché, y compris par des filiales low-cost destinées aux pays en voie de développement clients de l’Angleterre.
Des professeurs formés à la va-vite, des impératifs de paiement, la recherche principale n’est absolument pas humanitaire, mais pécuniaire. Le conseil d’administration y veille. Dans les pays nordiques, les Friskoles des pays nordiques fonctionnaient au sponsoring par les entreprises. Le gain était une main-d’œuvre adapté parfaitement à leurs besoins. Lorsque ces entreprises se sont retirées, après la crise de 2008, celles-ci ont tout simplement rogné leurs budgets, au prix de la qualité de l’enseignement.

En Europe, le processus de Bologne ouvre la voie à une pénétration du capitalisme dans les universités, à une subordination de l’éducation supérieure et de la recherche aux intérêts privés. La Loi sur la Responsabilité des Universités à ainsi permis la création de master Philosophie-Véolia à Lyon III, de Licence Nintendo à Lyon I…etc. Lorsque les recherches environnementales seront financés par Total, nous sommes certains que les dégâts des fracturations hydrauliques, pour le gaz de schiste, seront passés sous silence.

Le marché des matières premières, de l’énergie, sont parmi ceux qui, dans l’histoire de l’humanité, ont généré les guerres les plus brutales et les plus violentes. Areva, Total sont probablement parmi les entreprises les plus criminelles de l’Etat Français, soutenant les juntes, armant des milices, arrosant d’argent des cliques de bandits. Lorsque Areva s’implante au Niger, elle s’entoure de sa milice, l’armée française. Si elle est menacée, la société réplique par l’or, en corrompant et achetant, puis par le feu.  Lorsque Total annonce qu’il s’intéresse à un gisement, gare à celui qui est assis dessus. Il est, dans les pays d’Afrique, quasiment devenu proverbial de dire « lorsqu’un européen trouve du pétrole, il est aux anges ; lorsqu’un africain en trouve, il pleure. »

Derrière le pétrole et l’électricité se niche le crime, les meurtres, les coups d’Etats.

C’est également valable derrière le café et les fèves de cacao. L’alimentation est un marché colossal dans lequel on ne s’encombre pas non plus d’une grande morale. Qu’importe si le dumping brise l’économie d’un pays, ou si le hype autour du Quinoa fait flamber les prix de celui-ci, jusqu’à le rendre inabordable pour les Péruviens. L’agroalimentaire est une industrie capitaliste comme un autre, avec sa recherche de rendements maximaux. Lorsque interrogés sur ce qui les avait le plus surpris aux USA, plusieurs individus ont répondu « tout est doux et sucré, même le pain. » Sucrer partout au mépris de la santé, tant que cela développe une addiction. Les industries versent en quantité sel et sucre dans les aliments, le but n’étant pas de nourrir, mais de faire qu’ils soient trouvés bon et qu’ils poussent à être rachetés. Le site santé magazine ainsi explique :

Le sel donne plus de saveur

Les industriels ont parfois la main lourde sur le sel car il relève et masque le goût de certains produits bas de gamme utilisés dans les plats préparés.

Ce nutriment contribue également à augmenter notre sensation de faim et de soif. Il accroît la quantité d’eau présente dans les aliments et augmente leur poids… Bref, l’ajout de sel est un réel bénéfice pour l’industrie agroalimentaire…

 Pas de morale en régime capitaliste, s’il faut empoisonner pour faire du profit, cela se fera. Ruiner la nature n’est pas un obstacle non plus. L’industrie agro-alimentaire, la production agricole engendrent ne nombreux maux, tant par rapport à la maltraitance des travailleurs, des animaux, que de la nature en général. La production éthique est aussi un marché, qui justifie de gonfler les prix pour une simple question de branding. Le marché du bio est un marché, avec ses investisseurs, ses mascarades, ses mensonges aussi. Dès lors qu’il est possible de générer des espèces sonnantes et trébuchantes, tout est bon.

La mort rapporte.

Si la vie est un marché, la mort en est un tout aussi porteur. Les vendeurs de tabac ne se gênent pas pour faire la promotion de leurs produits de manière détournée. Si ils ont été étrillés par les pouvoirs publics, ils n’en poursuivent pas moins un jeu typiquement libéral: si cela vous tue mais que cela rapporte, nous le produirons. Pour autant, le client est averti et cela n’est pas notre propos précisément. En revanche un secteur bien souvent oublié est celui des obsèques.
La mort d’un être cher est, sans l’ombre d’un doute, un des événements les plus durs qu’un individu puisse vivre. Pourtant, là encore, le capitalisme trouve une manière de s’insinuer vicieusement pour tirer un maximum de profit.

« 60 millions de consommateurs » les ont épinglé: les assurances obsèques sont des opportunistes de bas-étages. La mort est un marché particulier dans le sens où il s’adresse souvent à des personnes en situation de vulnérabilité. Faire payer chèrement une protection inutile est un jeu bien scandaleux. Nous citons BFM business au sujet des pompes funèbres : « Le prix total des obsèques, hors caveau et concession, s’établit à 3.350 euros en moyenne contre 3.098 en 2011, soit une augmentation de 8,18%, plus du double de l’inflation sur la période », constate l’association de consommateurs, qui a envoyé en mai-juin des enquêteurs anonymes dans 818 magasins funéraires.

Pour François Michaud-Nérard, directeur général des Services funéraires de la Ville de Paris, cette augmentation des tarifs n’est pas une surprise. Il juge même cette hausse supérieure à l’inflation « normale » car « 40 à 50% des charges des entreprises de pompes funèbres sont de la main d’oeuvre » qui augmente plus que l’inflation, précise-t-il. En outre, « au moment d’un décès, les familles ont souvent du mal à faire réaliser plusieurs devis », explique-t-il. Et quand bien même elles le feraient, « certaines entreprises cherchent à recréer des monopoles, ce qui fausse la concurrence », constate-t-il. Les consommateurs pensent interroger deux entreprises différentes et s’adressent sans le savoir au même groupe. »

Sans vergogne, tirer du profit du malheur des autres est un art. Et si ce n’est pas eux, ce sera un autre groupe qui prendra ce marché.

Causer le mort est un marché juteux et nous ne saurions finir ce petit tour d’horizon sans mentionner une industrie qui est passée maître dans l’art de l’infliger : l’armement.

401 milliards de dollars de ventes réalisées en 2014. Un marché dans lequel nous sommes, dans l’Etat français, 4ème derrière les USA, l’Angleterre et la Russie [les données chinoises sont fort opaques mais probablement plusieurs entreprises sont présentes dans le top 20, notamment la firme Norinco].

L’Etat Français est plutôt bien représentés, par ailleurs. Airbus Group ; Thales ; SAFRAN ; DCNS, quant à lui est 23ème.  Si pour certains, il y a de quoi sauter de joie et sortir le champagne, nous ne regardons cela qu’avec répugnance.

Tuer est un marché sur lequel les investisseurs se pressent, tant il est immense. La recherche est aiguillonnée pour trouver de nouvelles méthodes d’assassinats, de meurtre et de mutilation. Si la façade se couvre de non-létal et de précision chirurgicale, les bombes à sous-minutions, les mines, les pièges blessent et tuent. Areva ne se prive pas de fournir de l’uranium appauvri qui nucléarise les conflits et pollue durablement les champ de bataille. Les nanotechnologies ont connu une de leur premières applications pratiques dans les bombes fuel-air, les plus puissantes bombes non-nucléaires, réputées pour leur capacité à entrainer des barotraumas par l’effet de surpression [poumons perforés, tympans éclatés.. ]. C’est un marché mirobolant, dans lequel la publicité joue aussi un grand rôle.

Sans sauter à pied joint dans le point Godwin, même les exterminations d’êtres humains, le travail forcé, sont tout autant de secteurs dans lesquels l’investissement capitaliste fait merveille. Les camps de travail sont tout autant d’occasions de pouvoir employer une main d’œuvre à bas coût, y comprit des individus qualifiés. L’industrie allemande [et de France aussi] ne s’est nullement gênée pour employer des morts de faim, des condamnés, des opposants. Tant que l’argent coule à flot, tant que les profits s’accumulent, tout est possible.

Les prisons sont des centres à profit. Le programme de privatisation en France a donné naissance à un puissant marché dans le domaine, dominé par des sociétés comme Bouygues pour le bâtiment ou Sodexo pour la fourniture en alimentation. Mais le champion toute catégorie reste les USA, avec la plus grande population carcérale du monde. L’administration pénitentiaire du Colorado admet ainsi un chiffre d’affaires de 65 millions de dollars par an grâce à la vente de poissons et de lait de chèvre.

Nous citons Blasting news : « Les prisons privées sont gérées par trois entreprises : Corrections Corp. of America, le premier acteur du secteur, GEO Group Inc. et Management and Training Corp. Le secteur des prisons privées ne connaît pas la crise : CCA a ainsi vu son chiffre d’affaires augmenter de plus de 500% depuis sa création en 1983.

En 2012, le prix Nobel d’économie Paul Krugman dénonce l’influence des lobbyistes des prisons privées sur les politiques carcérales. Les entreprises de prisons privées favorisent ainsi l’adoption par le Congrès de lois contribuant à augmenter la population carcérale : la loi sur la seconde récidive (Three-strike laws), permettant une condamnation à perpétuité dès la troisième infraction, la loi sur les peines incompressibles (Truth-in-sentencing laws), ainsi que la très controversée loi anti-immigration en Arizona, permettant à la police d’arrêter quiconque ne pouvant pas prouver qu’il est entré légalement aux Etats-Unis. Les contrats des prisons privées avec l’Etat fédéral comprennent de plus une « clause d’occupation », affirmant que les autorités locales doivent garantir un taux de remplissage des prisons privées entre 80% et 100% pendant 20 ans, indépendamment de l’évolution du taux de criminalité́. »

Le capitalisme, c’est le crime cynique de l’exploiteur.

Ce petit tour d’horizon du capitalisme n’a pas pour but d’exempter de toute responsabilité notre entrepreneur en containers. Il est simplement là pour remettre les choses en perspectives. Le capitalisme ne se soucie pas d’être humains.

Le capitalisme n’est pas là pour répondre aux besoins, mais uniquement aux désirs, qu’il n’hésite pas à susciter lui-même.

Les investisseurs, les patrons et patronnes, la classe capitaliste ne voit que trois choses dans ses frères et sœurs d’espèce.

Une main d’œuvre servile et qui doit produire le plus à des coûts les plus bas.
Des clients et des marchés qui doivent payer le plus cher possible.
Des concurrents à assujettir et à éliminer.

C’est là la nature du capitalisme dans ses gènes. Elle n’est pas amendable ni contrôlable. Ceux qui prétendent dissocier un « bon » d’un « mauvais » capitalisme sont naïfs ou mentent. Les processus qui amènent à la rapacité la plus avide, la plus abjecte sont dans les fondements même de ce système qui ne se traduit que par la misère, la pénurie, la spéculation et la guerre.
Le capitalisme à visage humain n’est qu’un conte de fées écrit pour donner l’espoir d’un amendement, d’une amodiation. Mais il est impossible car nul ne peut changer la nature du capitalisme, qui est de faire du profit.

Les candidats aux élections présidentielles de 2017 s’inscrivent tous dans cette démarche mensongère. Du NPA au programme de syndicat, qui négocie la dimension des entraves au Front National qui se pare d’un voile rouge mais n’est que la forme la plus agressive de capitalisme, en passant par un Mélenchon social-chauvin et impérialiste, nul ne condamne le capitalisme et sa nature criminelle.

Nous ne coupons pas dans ce jeu. Nous ne sommes pas des réformistes masqués en révolutionnaires. Nous voulons briser le pouvoir de la bourgeoisie, le pouvoir de l’impérialisme. Nous n’avons pas honte de le dire, nous devons la combattre pied à pied sans lui laisser la moindre possibilité de riposter. Nous devons briser son Etat, son outil d’oppression. Nous devons la contraindre, s’il le faut par la force, à abandonner son pouvoir et à être jugée pour ses crimes et détruire en tant que classe sociale.

La bourgeoisie est un parasite mortel dont l’humanité doit guérir pour avancer.

Il nous faudra du temps, de l’énergie, de la résolution pour reconstruire ce que le révisionnisme a détruit, ce que l’opportunisme a saccagé. Nous avons besoin d’un Parti. Nous avons besoin d’une Internationale. Nous avons besoins, cent ans après, d’une nouvelle révolution!

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