6 juin 1944 – une bataille pour l’Histoire.

6 juin 1944 – une bataille pour l’Histoire.

La Seconde Guerre mondiale s’est terminée 72 ans auparavant. Elle est un événement dont bien peu de témoins directs subsistent. Pourtant, elle conserve une place importante, elle demeure un jalon sinistre dans l’histoire de l’humanité.

Les événements qui lui sont liés sont toujours célébrés avec vigueur. Ils sont également commentés avec intensité, surtout lorsque les dates approchent de chiffres ronds. Ainsi, le 70 ème anniversaire de la fin de la guerre fut l’occasion pour la Russie de procéder à une démonstration de force, déployant un matériel militaire renouvelé et à la pointe du progrès.

Les célébrations du 6 juin ne font pas exception à la règle. Celles-ci ont même revêtu un caractère diplomatique particulier au fil des années.

Les exemples ne manquent pas. Ces célébrations furent marquées par le boycott de la part du général de Gaulle, percevant cette célébration comme une manifestation de l’invasion américaine, par l’intégration de l’Allemagne, comme un geste de réconciliation, mais également -et même principalement- par un rapport très particulier envers l’URSS et la Russie.

Ainsi, régulièrement, le 6 juin est l’occasion de mettre de côté la Russie, d’ignorer le rôle de sa population ou, au contraire, de flatter son nationalisme en omettant les autres républiques soviétiques. Elle sert également à la réprimander, lorsque l’occident estime qu’elle dépasse les bornes.

Dernièrement, l’Ukraine fut également invitée, nullement pour rendre hommages à ses combattants, mais dans un but narquois d’instrumentalisation de ces célébrations.

Comment pourrait-il en être autrement ?

Le front européen de la Seconde Guerre mondiale s’est majoritairement joué sur le front de l’est. Les steppes de Russie, d’Ukraine, les marécages de Biélorussie, la toundra de la Carélie ont été les lieux où la machine de guerre nazie s’est embourbée, s’est épuisée, s’est brisée.

Cela, le monde ne peut l’ignorer, y compris chez les capitalistes. Il est gênant que les batailles décisives aient eu lieu à Leningrad, Moscou, Stalingrad, Koursk… Gênant aussi, le fait que le drapeau rouge soit celui qui flotta sur Berlin en ruine.

Les troupes qui libérèrent l’Europe portaient le marteau et la faucille, les chars étaient marqués de caractère cyrilliques, les hommes qui les maniaient venaient de toutes les républiques de l’URSS.

Dans ce contexte, le 6 juin apparaît comme la victoire alliée, celle qui permet de maintenir la parité. Le débarquement est ainsi mis en avant comme l’étape clé vers la chute de l’Allemagne nazie. Au sein de l’Etat français, elle est d’autant plus célébrée qu’elle se déroule sur un sol national humilié par 1940 et la collaboration. Elle est la jonction entre les alliés, les Forces Françaises Libres et la résistance.

Elle permet de mettre de côté l’URSS, maintenant la Russie, de choisir de l’ignorer ou au contraire de l’inviter comme si elle devait être redevable.

Il ne s’agit pas de nier l’effort de guerre allié. Les communistes et les honnêtes gens ne doivent pas écarter les sacrifices et le courages des soldats alliés qui sautèrent, dans la nuit, sur Sainte Mère-Eglise, dans les marais inondés du Merderet.

Pas plus, ils n’oublient pas les troupes qui débarquèrent à Utah, Omaha, Juno, Sword et Gold, ces plages rentrées dans l’histoire. Ils n’oublient pas la terrible guerre des haies, l’épreuve de nerfs, les combats sanglants pour un chemin creux, pour une butte, pour un ruisseau. Entre le 6 juin 1944 et le 31 juillet -prise d’Avranches- une lutte infernale s’est ainsi déroulée dans le bocage normand, dans un terrain où l’avantage était principalement à la défense.

Les communistes du monde entier n’oublient pas non plus ceux qui sont tombés à Dieppe, à Messine, à Salerne, à Anzio, devant le mont Cassino.

Ils n’oublient pas non plus les pilotes, les équipages, qui, nuit après nuit, jour après jour, s’enfermaient dans les cockpits de leurs forteresses volantes, de leurs spitfires pour affronter, dans la solitude du ciel, l’aviation ennemie.

Ils n’oublient pas les marins, affrontant le péril des sous-marins, pour livrer les vivres et l’équipement permettant de gagner la guerre.

Aucune personne ne bonne foi ne peut oublier les travailleurs et les travailleuses des usines et des champs, qui, avec ardeur, fournirent de quoi nourrir les soldats et les civils.

Les communistes n’oublient pas le front antifasciste, n’oublient aucune des personnes civiles ou militaire, qui apportèrent leur pierre dans la lutte contre le fascisme, le nazisme, le militarisme.

Nous ne l’oublions pas, nous n’enterrons pas cela sous un tapis, car nous ne faisons pas de la déformation de l’histoire. L’histoire n’est pas un champ de bataille mémoriel. Elle est une bataille pour la vérité.

L’occident veut oublier l’URSS sous la direction de Staline. Certains « communistes » veulent oublier l’occident. Les deux fautent.

Que l’allié d’hier soit devenu un ennemi, dès le canon tu, est une chose. Mais cela n’empêche pas qu’il fut un allié. Que Churchill, Macarthur, Patton, de Gaulle ou d’autres aient eu une part de cynisme, c’est un fait indéniable et impossible à oublier. Le fait que les considérations géopolitiques, politiques, économiques aient dicté, pour la bourgeoisie et les impérialistes, cette guerre, également. Mais ceux et celles qui se sont battus contre le nazisme, contre le fascisme, méritent un respect unanime.

Aujourd’hui, en ce 6 juin, nous n’oublions pas ceux qui sont tombés, ceux qui se sont battus.

Nous n’oublions pas le sacrifice des soldats alliés et des soldats et soldates soviétiques !

Vive la lutte antifasciste internationale !

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