Quand la police rit, le peuple pleure.

Après les manifestations de policiers, noyautées par l'extrême-droite et reprenant ses slogans les plus chers, le gouvernement PS / EE-LV / PRG n'a pas tardé à réagir.  Un nouvel arsenal juridique se met en place pour répondre à leurs désirs les plus ardents.  Le texte, qui sera soumis au parlement dès février 2017, prévoit plusieurs dispositifs.

 

Ainsi, une harmonisation avec les textes qui encadrent la gendarmerie au niveau de l'usage des armes. Les policiers pourront "faire feu lorsqu'ils sont agressés ou menacés par des individus armés, pour "défendre" une zone qu'ils occupent, si des sommations répétées restent sans effet, ou pour immobiliser des véhicules", comme le cite un article paru sur le site de Europe 1. Cette formulation floue a déjà de quoi inquiéter.

L'argument est que la police, contrairement à l'armée, n'est pas encadrée par une véritable doctrine d'utilisation des armes. Or, si en effet "la jurisprudence, au contraire, est favorable aux policiers, très rarement condamnés malgré leur absence de doctrine dédiée" comme le mentionne l'élu PS Pascal Popelin, les nouvelles règles ne brident pas la police.

Car, "l'objectif [est de] créer une harmonie entre les deux forces, en se calant sur la jurisprudence." Donc sur ce qui est favorable aux policiers, presque toujours blanchis lorsque leur arme est utilisée.

Cadeau final, pour ce texte qui satisfera grandement les policiers: "le texte permettra de faire passer les peines pour outrage à agent dépositaire de l'autorité publique de six mois à un an de prison et de 7.500 à 15.000 euros d'amende. Ces peines seront même portées à deux ans et 30.000 euros d'amende dès lors que les faits sont commis en réunion. Elles seront ainsi alignées sur celles qui sont encourues en cas d'outrage à magistrat."

Il est de notoriété publique que les outrages sont utilisés pour arrondir les fins de mois des policiers. Qu'ils sont, en outre, très difficile à contrer et que le bénéfice du doute ne joue pas en faveur des prévenus, mais bien pour l'intérêt des policiers assermentés.

L'inculpation d'outrage et rébellion est un classique de prophétie auto-réalisatrice.

Pour des individus arrêtés sans raison, les conditions de l'arrestation deviennent la justification de celle-ci. Une manière de pouvoir inculper tout individu gênant, et de pouvoir également le neutraliser, en faisant peser sur la menace d'un procès. Nous n'avons, hélas, pas la chance d'être tous et toutes traitées comme Christine Lagarde par la justice bourgeoise.

Heureusement que certains "communistes", comme les militants de Lutte Ouvrière, nous expliquaient qu'il fallait être solidaire des policiers en colère -travailleurs sous l'uniforme. Nous ne pouvons qu'être impatients de lire leur communiqué saluant la victoire qu'a pu obtenir la mobilisation des gardes-chiourmes de l'Etat. Il nous paraît complexe de pouvoir donner une explication sur les raisons qui fond de ce texte un bond en avant pour la lutte des classes. Pourtant, celui-ci ne saurait souffrir de déformation tant il correspond aux mots d'ordre des manifestations.

La police, en tant qu'institution, est notre ennemie. Elle est la première ligne de défense de la bourgeoisie et de son ordre. Chaque victoire de la police pour obtenir plus de marge de manoeuvre, de marge de répression, signifie plus de difficultés pour lutter.
Cela signifie aussi toujours plus d'impunité pour une police qui assassine, qui réprime les masses populaires. Cela signifie plus d'Adama Traoré, plus de Wissam el-Yamni chaque année, plus de deuils pour les familles des classes populaires.

Est-ce ainsi que certains comprennent le fait d'être du coté du peuple ?

 

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