Primaires de droite: Fillon, le candidat de la synthèse FN – LR.

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La primaire de la droite et du centre, vaste opération de communication et de sondage, fort lucrative, lancée par la coalition Les Républicains a vu son premier tour terminé. Celui-ci s'est traduit par plusieurs conséquences:

L'éviction de Nicolas Sarkozy, pour qui le retour aux affaires aurait été un confortable sursis, étant donné les casseroles que celui-ci traine dans son sillage: goodbye donc le leader historique de l'UMP.

Le score absolument ridicule de Jean-François Copé, 0.3%, reflet d'un électorat de droite à la recherche de pragmatisme et de réalisme dans son approche des questions. La honte dont s'est couverte ce candidat n'a, effectivement, pas dû l'aider à progresser dans les sondages.

Les deux gagnants sont ceux qui synthétisent, quelque part, les deux ailes de LR, Alain Juppé, celui qui se rapproche plus d'une coalition centriste, et, de l'autre coté, avec une marge d'avance confortable, François Fillon.

François Fillon propose un programme de choc libéral d'inspiration thatchérienne mêlé à un conservatisme des valeurs. Bref coup d'oeil sur son parcours:

– En 1975, François Fillon se prononce contre l'IVG et le droit à l'avortement.
-En 1982, contre la dépénalisation de l'homosexualité.
-En 1992, il prit une position souverainiste de type chauvine par rapport au traité de Maastricht.
-En 1999, il s'oppose au PACS.
-En 2009, fait illustratif, il refuse un poste de ministre à NKM, car elle est enceinte.
-En 2012-2014 contre la loi Taubira.

-Dans ses fonctions de ministre de l'Education, il est le responsable du projet d'autonomie des lycées, brèche ouverte pour permettre une suppression du recrutement centralisé des enseignants, pour gérer comme une entreprise le personnel des établissements, en somme une attaque pour une privatisation rampante.

-Il est également, pendant la présidence de Nicolas Sarkozy, où il sert de paillasson à ce dernier, l'agent principal de la réforme des retraites et de l'application d'un programme d'austérité, à partir de 2010, lequel s'est traduit par des restrictions budgétaires importantes, dans de nombreux secteurs. Ceci entrainant d'importantes non-reconductions de postes, des départs anticipés et une utilisation accrue de contractuels pour combler les brèches.

-Toujours dans l'éducation, c'est sous son gouvernement que se met en œuvre la Loi sur la Responsabilité des Universités, entraînant un rapprochement entre les universités et le secteur privé, la rentrée d'investissements de la part des entreprises en échange de sièges au conseil d'administration, le développement de licences et de maitrises adaptées uniquement aux intérêts du bassin d'emploi; en bref une politique de subordination du supérieur aux capitalistes.

-Le gouvernement Fillon est aussi celui où la ministre de la défense Michèle Alliot-Marie, en 2011, propose au dictateur tunisien Ben Ali de lui "prêter des CRS" pour mater la révolte du printemps arabe.

Ceci permet de dresser un portrait rapide du personnage. Cela ne saurait cependant être complet sans mentionner un tweet de sa main : "La colonisation servait simplement à partager notre culture." ou sans mentionner que son ouvrage phare est Vaincre le totalitarisme islamique, révélateur de la pensée réactionnaire et confuse de notre larron, mais de son talent -discret- de communiquant draguant l'extrême-droite.

Grand négationniste des crimes de l'impérialisme français,  apôtre de la nostalgie coloniale, candidat idéal des fanatiques de la manif pour tout, tout en étant libéral et doucereux avec les riches, et d'une dureté de fer avec les travailleurs, François Fillon représente un bel hybride FN – LR, donc un excellent candidat pour un vote de coalition.

Quel est le programme de François Fillon:

1) Suppression de la durée légale du temps de travail et  2) Refonte du Code du travail 

L'un des paradoxes de la candidature de François Fillon est qu'il se trouve plus dans la droite ligne de ce qui a été mis en place par le Parti Socialiste, plus que ce qui est issu de la présidence de Nicolas Sarkozy. Le PS a beau communiquer sur le sujet en jouant les Sainte-Nitouches, son œuvre de dévastation du code du travail, à travers la loi El-Khomri, a dépassé les rêves et les désirs les plus fous de la bourgeoisie. Ayant éventré la protection sociale, le gouvernement PS / EELV / PRG a détruit l'aspect fondamental du code du travail: l'échelle des normes. Comme les accords d'entreprise passent désormais au dessus des conventions collectives et même de la loi, tout est désormais possible. Pour autant, pour satisfaire son électorat, il est bien nécessaire de bombarder de nouveau ce champ de ruine, histoire de justifier la place des Républicains du côté de la droite, chose de plus en plus complexe face à un Parti Socialiste capable d'appliquer le programme tant du FN que de l'ex-UMP.

3) Retraite à 65 ans
Rien de neuf sous le Soleil, encore, allonger le temps de travail nécessaire pour partir à la retraite, user jusqu'à la corde les corps et les esprits des prolétaires, pour assurer la rentabilité maximale, tout en privant, mécaniquement, d'accès au marché du travail la jeune génération, par l'occupation plus longue des postes. Heureusement, comme ils n'auront pas pu cotiser pour le chômage, cela n'aura pas d'impact financier sur les caisses de l'Etat.

4) Suppression d'un demi-million de postes de fonctionnaires.
La suppression de postes de fonctionnaires est un peu l'un des delenda carthago de cette primaire: rivaliser en promettant toujours plus, en avançant les chiffres les plus extravagants pour plaire à l'auditoire. Cette mesure est à peine à commenter tant elle est une caricature de programme de droite, basée sur la "haine du privilège du fonctionnaire", et sur la théorie que "le privé peut tout", chose qui, pour autant, ne s'est jamais traduite par des réussites, quelque fusse le domaine.

5) Allocations chômages réduites et dégressives.
Autre delenda carthago partagé par tous les candidats, la question des chômeurs, considérés comme des plaies sociales, des incapables, des parasites par les ténors de la droite, lesquels les somment donc d'accepter chaque emploi qui leur est proposé sous peine de subir le couperet de la perte d'allocations. La encore, rien de neuf sous le soleil, si ce n'est que -merci la gauche au pouvoir- cette pression se répercute également sur ceux qui ont un emploi. Ainsi, il est plus aisé de leur faire accepter des hausses temps de travail et des baisses de salaire.

6) Suppression de l'ISF et allégement des "charges" qui pèsent sur la bourgeoisie.
Pauvre bourgeoisie, croulant sous les impôts, les charges, les dîmes et les gabelles. A peu de choses près, le portrait tracés pourrait évoquer cette caricature du tiers-Etat portant les deux autres ordres: la bourgeoisie supportant fonctionnaires et chômeurs, ces privilégiés. En vérité, ce cadeau, cette largesse, accordée par le programme de François Fillon ne fait que délester un peu plus les travailleurs de leur salaire. Plus la part qui reste -de manière effective- dans la poche du patron, de la patronne ou du rentier et de la rentière est élevée, plus le taux d'exploitation du travailleur, de la travailleuse augmente. Et encore, lorsque ces grands et grandes bourgeois et bourgeoises sont imposées fiscalement, ce qui est rare, comme a pu le révéler le Canard Enchaîné.

 La bourgeoisie ne produit aucune richesse. Elle spolie les travailleurs de leur dû et agit en parasite. En retirant ces charges, ces impôts, c'est une manière de laisser les charges collectives aux frais du prolétariat, d'en exempter ses exploiteurs.

7) Loi Taubira modifiée.
Petit clin d'oeil à ses amis réactionnaires, qu'ils fussent de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie-X ou simplement conservateurs, cette volonté de revenir sur la loi Taubira instituant une certaine égalité devant la Loi des couples, quelque fusse leur orientation sexuelle. C'est un retour aux jeunes amours de notre larron, homophobe, antiféministe et réactionnaire. Pour autant, pour éviter que tout lui saute au visage, la seule mention faite clairement est non une suppression, mais un amendement retirant la possibilité d'une adoption plénière par les couples du même sexe. Cela paraît pour autant douteux, car il entrainerait un chaos juridique sans nom.

8) Fermeture des frontières.
Autre geste de tendresse de sa part, vers le Front National, une ligne encore durcie par rapport à celle que le Parti Socialiste prônait, concernant l'accueil des immigrés et des réfugiés. Instaurations de quotas d'origine -vieux rêve des partisans du brain drain ou de l'immigration choisie- réduction de moitié des accueils, mais également accentuation des embûches pour la régularisation et l'accès à des aides. Autant de choses qui permettent de drainer des voix à droite.

9) Gendarmerie pour tous les opposants !
Le journal Médiapart a publié un article d'un intérêt indéniable  sur le rapport fascinant de François Fillon à l'opposition, qu'elle fusse syndicale ou politique.

Lors d'une intervention faite le 5 septembre 2016, le candidat s'est fendu d'une déclaration de guerre à peine voilée: Il propose l'envoi de la gendarmerie aux forces "arc-boutées sur leurs acquis", en somme, une onde de choc et de terreur pour imposer son ordre. Inspiré -il s'en vante- de la dame de fer, de Thatcher, il aborde la question d'une manière simple et brutale: pas d'intervention de l'Etat, pas de limite de temps de travail, et si "on l'emmerde", il gouvernera par ordonnances, pour mettre au pas le pays.

Notre cher Fillon représente donc une frange particulièrement réactionnaire, particulière synthèse de l'extrême-droite et du courant libéral, parfait champion de la cause.

Nous ne voterons pas PS.

UNEF trahira toujours ?

Face à un tel réactionnaire, effectivement, il y a de quoi avoir des sueurs froides. Cependant, qu'a révélé l'alternance ? Elle a révélé que les sociaux-démocrates ont plié sous les exigences du patronat, qu'ils se sont couchés a ses pieds et qu'ils ont mordu quiconque tentait de s'opposer à son agenda. Le Parti Socialiste tente de se montrer comme le seule rempart contre le chaos et contre le fascisme, le fer de lance du progrès. Hélas, trois fois hélas des "circonstances" l'ont empêché de pouvoir mettre en oeuvre son magnifique programme. Ces circonstances s'appellent l'intérêt des capitalistes. Et le programme appliqué se nomme "l'ordre du jour" de cette classe.
Cela est symptomatique, d'une part de la clique d'opportuniste que forme le Parti Socialiste, d'autre part de la démocratie bourgeoise en tant que telle.
L'Etat bourgeois, ses institutions, ses instances, ses ramifications ont été conçues par la bourgeoisie comme manière de pouvoir encadrer la société et l'exploitation. Rien de plus. Cela forme son royaume exclusif sur lequel elle veille d'un œil jaloux. En votant, seule la saveur change, mais le poison reste le même. Rose "rose" ou rose "bleue marine", cela reste le pouvoir des bourgeois.
Les candidats "à la gauche de la gauche" qui prétendent qu'il leur est possible d'accéder au pouvoir font fausse route. Ou ils sont d'une naïveté totale, ou ils avancent ces thèses pour séduire un électorat plus radical, pour ramener vers le réformisme les travailleurs. L'expérience du mouvement ouvrier et révolutionnaire devrait nous avoir vacciné contre la stupidité réformiste, contre ce poison, contre cette croyance que nous sommes dans un jeu démocratique à armes égales avec ceux qui nous exploitent. La bourgeoisie n'acceptera pas un gouvernement qui va à l'encontre de ses intérêts sans y être forcée. Et encore, elle ne concédera que de menues choses. La bourgeoisie préférera faire appel au fascisme pour écraser le mouvement ouvrier que de laisser toucher à ses intérêts de classe.

Les réformistes parlent de 1936 comme de la victoire d'un gouvernement, elle n'a eu lieu que parce que le pays était bloqué par la grève et la menace de l'insurrection.
Ils parlent de 1945 comme d'une victoire d'un gouvernement, niant le fait que les communistes portaient les armes, avant que le PCF, ignominieusement, contre la ligne de l'Internationale, leur ordonne de les rendre.
Ils parlent de 1981 comme d'une victoire, alors qu'elle n'a fait que consolider, par l'aide de l'Etat, un capitalisme français endommagé et vulnérable. Une curieuse victoire qui déboucha, dès l'orage passé, sur une privatisation acharnée, y compris sous un gouvernement PS avec à sa tête Lionel Jospin, vermine Trotskiste.

Depuis la chute de l'URSS même révisionniste -rendons à César ce qui revient à César- le capitalisme n'a plus eu besoin de s'encombrer de concessions, de s'encombrer de négociations. Les concessions qui avait été données sont reprises désormais, car le patronat juge que le prolétariat est trop faible et dispersé pour pouvoir riposter. Il faut dire qu'il a bien oeuvré a anéantir ses rouages ou a les corrompre.
Il fonce donc tête baissée pour profiter de son avantage. 
 

Que faire ?

Pouvons nous blâmer, au vu des forces que représentent le mouvement révolutionnaire dans l'Etat français, le fait que beaucoup ne voient que le vote comme possibilité de faire changer les choses, de faire évoluer la société ?

Nous ne le pouvons pas.

Le fait que le vote prenne autant d'importance, qu'il apparaisse comme la seule issue, alors que c'est une cul-de-sac est révélateur de la faiblesse actuelle des organisations révolutionnaires.
Pour autant, nous ne prendrons pas la position de "ni soutien, ni abstention", laquelle revient à ne pas se mouiller, laquelle revient à botter en touche et à ne pas vouloir se brouiller avec qui que ce soit. Ni celle du soutien critique, position trotskiste imbécile, où le parti qui en tire profit conserve le soutien, mais jette au loin la critique.

Nous appelons à une abstention militante.

Chaque fois que la participation baisse, c'est un aveu du manque de légitimité de nos dirigeants, c'est un aveu de l'absence de confiance des masse dans leur ordre, du manque de solidité de leur régime.

Militante car l'expérience démontre que ni le pouvoir, ni la démocratie, n'est dans les urnes, dans les jeux étriqués des bourgeois. Car seule la lutte paie, c'est la seule force qui batte en brèche les réformes au service du patronat, qu'elles soient issues de la gauche comme de la droite. C'est la lutte qui rend les aventures militaires politiquement intenable, qui pousse à ce qu'elles s'éteignent. C'est la lutte qui créé l'outil démocratique, l'outil de pouvoir dont peuvent se saisir les masses, ces assemblées où leur légalité remplace celle de la bourgeoisie.

Nous appelons à rejoindre et renforcer les organisations de combat de la classe ouvrière, ses syndicats ses associations. A rejoindre les cercles communistes, qui travaillent à fournir formation et cadre organisationnel pour combattre, pour fonder un Parti Communiste combatif et révolutionnaire, ce Parti qui nous manque.
Nous appelons à dénoncer le jeu pourri des partis bourgeois, laquais des patrons !
Refuser leur jeu truqué !
Combattre leur pouvoir, dans la rue, dans les entreprises, dans les administrations, dans les universités et les lycées.

Organiser le camp du peuple et passer de la résistance à la contre-offensive, de la contre-offensive à la révolution !

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