N’ayons pas peur, parlons du pouvoir ! – Tract de l’Unité Communiste de Lyon

N’ayons pas peur, parlons du pouvoir !

La question du Référendum d’Initiative Citoyenne revient sans cesse dans les revendications des Assemblées populaires. Elle est réclamée par de plus en plus de Gilets Jaunes, par une part toujours plus grande de la population. Cette question dépasse les cadres traditionnels des revendications.

Derrière le RIC se cache une question beaucoup plus profonde, beaucoup plus centrale, beaucoup plus importante. C’est celle de la légitimité du régime dans lequel nous vivons.

Car la France vit sous le joug d’une dictature qui ne dit pas son nom. Un régime organisé, orchestré par et pour une poignée de profiteurs, de milliardaires, de grands patrons, de banquiers, de rentiers… Un régime qui se déguise en démocratie pour être accepté, mais qui ne tient compte que des ordres des conseils d’administration d’immenses corporations, toujours de mèche avec l’Etat.

Un régime qui n’est conçu que pour exploiter et opprimer ceux et celles qui produisent toutes les richesses. Pour envahir d’autres pays et y imposer des dictateurs et des pantins.

Nous pensons que poser la question du RIC est une question juste et cruciale ! Cependant, s’imaginerait-on que ceux qui nous écrasent et nous exploitent reculeraient devant un référendum ?

Hélas non ! Ils ne respectent même pas leurs propres lois !

Quand Sarkozy est inculpé, il est traité comme un prince. Quand Benalla est perquisitionné et que les preuves disparaissent, la justice ne trouve rien à redire. Quand un grand milliardaire fraude, triche, achète une éléction, il est blanchi immédiatement. Même lorsqu’ils sont condamnés à de la prison, ils n’y vont pas !

Par contre, la manière dont ils ont traité le mouvement montre qu’ils n’ont pas l’intention de discuter. Pour une simple histoire d’impôt, 10 morts, plusieurs centaines de blessés, plus de 5 000 arrestations. Pour quelques euros, le gouvernement propose des lois de fichage, des lois pour tabasser toujours plus, promet la prison ferme à qui se rebelle.

Marlène Schiappa peut se permettre, au mépris de la présomption d’innocence, de s’en prendre à la solidarité avec Christophe Dettinger en réclamant l’annulation de sa cagnotte. Les gens comme elle sont au dessus des lois.

Ce sont à ces personnes qu’il faudrait faire confiance pour organiser le référendum, pour compter les voix, pour transcrire ces décisions en lois, pour les appliquer ?

Eux qui ne reculent devant rien pour nous asservir, pour nous enchaîner ?

NON !

Nous sommes légitimes à parler de pouvoir !

Leur « démocratie », ce sont les salons parisiens où tout est joué à l’avance, où la loi des riches s’impose. Elle est celle des coups bas, des entourloupes, des votes cruciaux à 2h00 du matin devant des députés absents. Nous voulons proposer la notre.

Nous voulons une démocratie populaire !

Le RIC indique au gouvernement ce que nous voulons. Mais la vraie réponse est « comment le faire nous-même » ? Les politiciens professionnels disent que c’est trop complexe, qu’ils sont indispensables. Ils disent qu’ils sont les seuls qui peuvent parler légitimement au nom du peuple. C’est faux. Nous pouvons le faire. Les assemblées générales montrent que nous savons débattre, nous savons décider et que nous savons appliquer les décisions qui sont prises démocratiquement.

Pour faire diversion, Macron et ses sbires ont lancé le « Grand Débat ». Lui et sa clique en définissent les limites, l’ordre du jour, les questions. Ils choisirons des « idiots utiles » pour l’animer. Plutôt que d’ouvrir un véritable débat, ils préfèrent créer un faux-peuple, poli et soumis. Tout ce qui sortira de ce « débat » ne sera là que pour renforcer et rélégitimer leur pouvoir.

Ils font ce que décrivait Bertolt Brecht :

« Le peuple est contre nous ? Alors il faut en élire un autre ! »

Les Gilets Jaunes se transforment en ce que l’Etat bourgeois redoute le plus : une opposition extra-parlementaire.

Nous voulons parler de l’exploitation, des profits monstrueux qui se font sur notre sueur, sur notre sang ! Nous voulons parler de ces baisses de salaire, de cette casse de notre sécurité sociale, de nos retraites, de notre chômage ! Nous voulons parler des guerres qui se font en notre nom, pour semer la misère et la terreur dans d’autres pays ! Nous voulons parler des taxes qu’on nous fait payer pour les financer, pour financer une police qui nous écrase, une justice qui nous condamne.

Nous voulons parler du monde que nous pourrions construire, sans exploitation, sans misère, sans chômage, sans guerres, sans destruction de l’environnement. Nous voulons parler de la dictature qu’on nous impose. Nous voulons parler de la démocratie que nous devons gagner, arracher, à ceux qui nous volent nos vies !

Notre démocratie ne sera jamais celle de cette poignée de parasites. Elle est radicalement incompatible avec l’existence d’une grande bourgeoisie capitaliste. Nous ne leur laissons pas le mot «république» dont ils nous bassinent pour nous plier au respect de leurs lois. Nous opposons la République du peuple à celle du capital. La république est dans la rue. Eux ne sont que des usurpateurs.

N’ayons pas peur de dire que le changement ne surviendra pas par les urnes.

N’ayons pas peur de dire qu’il ne viendra pas d’un parlement.

N’ayons pas peur de dire que le changement viendra d’une révolution.

N’ayons pas peur de dire qu’il faut travailler à en construire les outils.

Leur Etat n’est pas réformable. Nous avons besoin de construire le notre, populaire et révolutionnaire !

Faisons grandir nos assemblées ! Faisons les se rejoindre ! Faisons les devenir le centre de gravité de la vie politique ! Construisons une opposition extra-parlementaire !

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