Le Parti Socialiste, l’hydre opportuniste aux mille têtes. Tranchons-les une par une !

 

Entre 2012 et 2017, 5 années de direction de l'Etat par le Parti Socialiste laissent un goût particulièrement amer en bouche. Le bilan est plus désastreux mériterait des pages et des pages noircies d'encre, pour couvrir tous les "services" que ce parti -et sa coalition- ont pu rendre.

Une stratégie de campagne ventant monts et merveilles aux électeurs, des promesses à la pelle, de grandes et belles phrases sur la manière dont Nicolas Sarkozy avait pu gérer les affaires de l'Etat… Et au final, le néant. Et encore, le néant aurait été préférable tant les maigres réalisations ont été dangereuses et contre productives.

Le mariage pour tous, qui fut une des rares mesure progressiste mise en œuvre par le Parti Socialiste, a été conduit d'une manière outrageusement malhabile, si longue qu'elle a laissé le temps à une boite de Pandore de s'ouvrir. Des réactionnaires d'une virulence sans bornes ont pu ainsi défiler, scander leurs slogans haineux et rétrogrades, mais également se renforcer et reprendre une place perdue dans l'échiquier politique.

Cette mesure, qui émerge seule au milieu d'un océan d'échecs et de retours en arrière, illustre à elle seule la faillite de la social-démocratie.

Le programme économique du gouvernement a été intégralement dicté par les appétits voraces d'une bourgeoisie qui pouvait s'en donner à cœur joie. Qu'avait-elle a perdre ? Le Parti Socialiste endosse les responsabilités. La pire issue , à l'heure actuelle, serait une alternance politique avec la droite. Rien qui puisse inquiéter la bourgeoisie. Mieux encore, elle a soutenu l'élection du Parti Socialiste.

Rendons pourtant un brin justice aux membres de ce parti, ils sont arrivés au pouvoir à un moment où cela arrangeait bien les bourgeois et les bourgeoises. Le quinquennat de Nicolas Sarkozy avait laissé des tensions sociales importantes.Cela tant du fait du climat économique que du style même de direction de l'équipe présidentielle, qui avait -pendant ces 5 années- soufflé sur les braises ardentes du racisme et de la réaction. Que ne soient pas oubliés les débats sur l'identité nationale, tenus, de plus, à Vichy. Que ne soient pas oubliés les cadeaux aux milliardaires, tout comme la visite d'un Kadhafi par la suite éliminé.

Un modus vivendi était donc nécessaire, pour les capitalistes, avec les partis de gauche. Soutenir le Parti Socialiste, pour la bourgeoisie, cela signifiait anesthésier ses courroies de transmission syndicales, associatives, culturelles. Cela signifiait neutraliser un certains nombre d'élus locaux et de députés. De fait, cela signifiait laisser les mains libres à la bourgeoisie pendant cinq années qui s'annonçaient -dans tous les cas de figure- difficiles. Certes cela aurait des conséquences sur leur agent servile, mais cette perte était acceptable. Après tout, le Parti Socialiste a t'il été un jour autre chose qu'un paillasson ?

 Dans le fond, la meilleure chose qui aurait pu arriver au PS aurait été de perdre ces élections. Cela lui aurait évité de se ridiculiser intégralement en appliquant une politique encore plus agressive et ambitieuse que celle de Nicolas Sarkozy. Avec Sarkozy, la bourgeoisie devait négocier les formes pour ne pas perdre son poulain, mais avec Hollande, qu'importe !

D'une manière assez intrigante, ce scénario s'est reproduit avec la Police. Les policiers aimaient, dans l'ensemble, l' "ex-premier flic de France." Or, cela tendait à neutraliser en partie leur agressivité individuelle. Le pouvoir allant dans leur sens, il aurait été malvenu de lui créer des tracas trop visibles. La répression policière des mouvements sociaux fut donc très dure, mais relativement cadrée. A l'inverse, dès le début du quinquennat de Hollande, dès le premier rassemblement dont nous avons été témoins devant leur local de Lyon, la police a immédiatement chargé sans la moindre retenue, nous laissant pantois.

D'une manière générale, les mouvements dans les périodes sous la direction de la droite sont massifs, mais peu politisés. Les opportunistes et les réformistes tentent d'y imposer leurs mots d'ordres, disposent de relais et d'appareils bien rodés et d'une manière générale trustent les apparitions médiatiques, donnant le ton du mouvement.

A l'inverse, dans les périodes où le Parti Socialiste est aux affaires, les mouvements sont toujours plus complexes à mettre en œuvre. Les relais sont neutralisés ou hostiles, et tentent de saper les mobilisations. Mais d'une manière générale, elles sont intensément politisées. C'est ainsi que la dialectique opère. La mise sur le banc de touche du réformisme traditionnel a joué un rôle important.

Pour autant, le mouvement contre la Loi El-Khomri, même si il a poussé des formes de contestation allant plus loin que celles sous Sarkozy, avec l'émergence d'une conception politique de la lutte, s'est pourtant enlisé et n'a pas débouché sur une remise en cause du système capitaliste en général. Le mouvement n'a pas posé la question, cruciale, du pouvoir. Une percée s'est même faite de la part des complotistes.

Nous sommes les premiers à nous blâmer de cet échec, étant donné que les communistes n'ont pas eu une influence importante dans ce mouvement, n'ont pas réussi à lui donner une direction. Nous devons en tirer des conclusions quant à nous même. Le mouvement spontané des masses est réformiste, et c'est à nous de lui apporter la conception révolutionnaire.

C'est notre tâche à accomplir.

Au final, le bilan de ce quinquennat est glaçant et le Parti Socialiste est aux abois, sans la moindre crédibilité restante.  Pour autant, nous ne sommes pas à l'orée de son arrêt de mort.

Mais deux choses permettent de surnager et de surmonter cette crise. C'est le caractère fondamentalement primitif, idéologiquement parlant, de ce parti, ainsi que le fait qu'il n'ait aucune unité interne.

Nous, communistes,  adhérons à la conception du parti de type nouveau développée par Lénine. Rien n'est, pour nous, plus impensable qu'une organisation sans la moindre homogénéité, qui ne cherche pas à être à la pointe idéologiquement parlant, et qui tolère des fractions et des cliques en son sein.
Pour nous, cela n'est pas tolérable, car notre conception du parti est basée autour de l'affrontement avec la bourgeoisie et de la conquête du pouvoir contre elle. C'est pour cela que nous rejetons, entre autres raisons, le Parti Communiste Français.

Cette conception des choses fait que notre Parti doit prendre une forme particulière, avoir un fonctionnement particulier pour lui permettre de remplir ces tâches. Ce fonctionnement vise à l'unité maximale dans l'action ainsi qu'a une recherche théorique et un combat idéologique de chaque instant.
Pour nous le Parti Socialiste est une clique dont le but est la conquête par les urnes du pouvoir, donc une coterie où chacun peut s'exprimer tant qu'il rapporte des voix. C'est cet aspect qui permet l'unité de Gérard Filoche -trotskiste- jusqu'à Valls -droitier au possible. C'est ce qui permet de tolérer dans un même parti, dans son bureau national, autant de conceptions antagonistes -ou prétendument antagonistes.  Clamant leur indépendance, ces frondeurs ne sont que des rabatteurs pour les majoritaires du PS, leurs laquais les plus prompt à la courbette.

Dernièrement le Parti Socialiste s'est illustré par un certain nombre de déclarations pansements, tant de la part des candidats à la primaire "de gauche" que de la part du gouvernement.

La réhabilitation posthume des communards de 1871, lancée par les écologistes et certains membres du Parti Socialiste, est un exemple. Le journal l'Humanité les cite: "la République rende honneur et dignité à ces femmes et ces hommes qui ont combattu pour la liberté au prix d’exécutions sommaires et de condamnations iniques". Quelle hypocrisie sans nom. Tous les partis sociaux-démocrates ont combattu contre les révolutionnaires, dans chaque révolution de l'Histoire. Si la Commune de Paris avait lieu aujourd'hui, nul doute que ces organisations seraient les  fers de lance de la répression,  tout comme les Mencheviks ont lutté contre la Révolution d'Octobre, tout comme le SPD l'a été en Allemagne contre les Spartakistes et contre le KPD. Jamais les organisations de ce type n'ont agit autrement que comme des laquais de la bourgeoisie. Mais là, l'événement est suffisamment devenu consensuel pour que, sans risque, le PS et EELV puissent s'en emparer, le souiller, le salir. Tout est bon pour les opportunistes.

Malik Oussekine lui aussi, est instrumentalisé par ses marchands de mémoire. Tué sous la présidence de François Mitterrand, mais sous un gouvernement de cohabitation, le jeune étudiant assassiné en 1986 par les voltigeurs de Pasqua  est une cible parfaite pour les charognards. Toujours est-il qu'il est de bon ton de cibler la droite et non la Police pour ce crime. Cela serait gênant dans une ligne politique gouvernementale qui vise à octroyer plus de facilité pour les policiers, et qui réprime les soutiens à la famille Traoré. Mais la mémoire est élastique, et les opportunistes du Parti Socialiste s'en accommodent. Il est possible de broder sur la vérité pour en faire un habit de mensonge.

La pseudo-condamnation de Cahuzac, tout comme, dans une certaine mesure, la non-peine infligée à Christine Lagarde, font partie de ce jeu d'esbroufe. Le but est simple, condamner à demi-mot les dérives des opportunistes, tout en ne leur infligeant qu'une simple tape sur la main. En direction des masses, le signal serait de dire: "nul n'est au dessus des lois"; tandis que vers la bourgeoisie, cela forme un sympathique rappel de l'amour que leur portent l'Etat et les partis bourgeois.

Dernièrement, la grâce de Jacqueline Sauvage est également arrivée comme une démonstration de l'esprit progressiste, antisexiste, du gouvernement de gauche. Pourtant, le geste est avant tout publicitaire et électoral, histoire de redorer un blason couvert de crasse. Nul doute que notre gouvernement, qui tolère des Denis Baupin dans ses rangs, au sein du parti allié EELV, ne se penche sur les questions de sexisme que dès lors qu'elle rapportent quelques soutiens supplémentaires en période de disette électorale.

Voilà quels cadeaux nous offre, en cette période de fêtes, un gouvernement qui, de l'autre main, a liquidé le CDI, ravagé les acquis sociaux, bombardé d'autres Etats pour la grandeur de l'impérialisme français. Voilà quels cadeaux de misères nous offre un gouvernement "de gauche" qui offre, comme le mentionnait le Canard Enchaîné, des exemptions d'impôts immense à ses amis bourgeois. Voilà un état qui prétend être devenu le porte drapeau du progressisme pour quelques commémorations et grâces, mais qui maintient en prison ceux et celles qui luttent pour la vérité, celles et ceux qui combattent l'impérialisme, comme Georges Abdallah, qui se battent pour la libération de leur pays, pour la liberté des nations sans Etats.

Nous ne l'oublierons pas, nous ne le pardonnerons pas.

La primaire "de gauche" nous offre un spectacle d'un ridicule achevé, tant les discours des candidats sont à mille lieu de ce qu'ils ont pu produire au pouvoir. Bien des occasions vont nous être données de pouvoir disséquer quelles promesses fausses et ridicules sont émises par ces laquais de la bourgeoisie.

Que dire d'un Valls ou d'une El-Khomri qui lapident le 49.3 après s'en être abondamment servis ? Que dire qu'un Macron antisystème alors qu'il en l'est l'apôtre le plus zélé ?
Que dire, d'une manière générale, de ministres qui n'ont aucun mot pour justifier leur bilan calamiteux, mais qui, comme si tout était effacé, se relancent, tout sourire, vers la conquête du pouvoir ?

Que dire de candidats ridicules essayant de faire miroiter la peur d'une droite ou d'un FN qui auraient pourtant bien du mal à appliquer un programme plus droitier que celui d'un Parti Socialiste au pouvoir ?

Nous ne pouvons que leur dire merci.

Merci à eux, merci à la social-démocratie.

Merci à eux d'avoir démontré l'échec intégral du réformisme, qui tente de faire la synthèse entre deux positions intégralement contradictoires, entre les intérêts du peuple et des patrons. Merci à eux d'avoir illustré à la face de tous leur opportunisme, leur soumission aux vœux des bourgeois et des bourgeoises. Merci à eux de s'effondrer sur eux mêmes, comme un château de carte bancal.

Cette zone tampon, si utile à la bourgeoisie, cette illusion d'alternance, la voilà morte, ou du moins temporairement neutralisée.

Qu'il y aie des sociaux-chauvins prêts à la remplacer au pied levé, cela ne fait pas de doute. Le PCF, Mélenchon et sa bande, tous rêvent d'occuper la place du PS dans l'échiquier politique.

Nous communistes, nous ne devons pas prêter le moindre crédit aux propos des cliques réformistes "radicales." Nous ne devons pas nous effrayer, comme le fond déjà certains, de la destruction du PS. Ils se sont démasqués comme des ennemis du peuple, il est essentiel de les pourchasser et de les dénoncer.

La dialectique avance, et brisera sur son passage tous les opportunistes. Car il n'est pas possible de faire de concession, de synthèse, entre l'exploiteur et l'exploité, entre l'oppresseur bourgeois et ceux qu'il opprime.

Plus que jamais, nous avons besoin d'un Parti Communiste révolutionnaire, non pas de la clique révisionniste qui usurpe ce nom. Nous avons besoin de cette arme contre la bourgeoisie, car elle seule peut mettre fin à ce ridicule cycle d'alternance entre bourgeois et bourgeois.

Les élections ne doivent pas nous effrayer, car notre force est dans la lutte. Les appels au vote ne doivent pas nous méprendre car l'expérience de 5 ans de gauche montre leur absence totale de valeur.

Pas une seule voix pour les partis bourgeois ! Le Parti Socialiste est l'ennemi des travailleurs et des travailleuses !
Chassons l'opportunisme et le réformisme ! Vive la lutte des classes !

1917 – 2017 en avant vers de nouvelles victoires !

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