Guyane : mobilisation massive dans la colonie.

Samedi 25 mars, 37 organisations syndicales ont lancé un appel à la grève générale. La Guyane est perturbée par des mobilisations massives, des grèves, des barrages routiers. A tel point qu’un lancement de fusée, prévu à la base de lancement de Kourou, a du être reporté. Air France annonce qu’elle repousse ses vols jusqu’au lundi 17 mars, obligeant même certains long-courriers à faire demi-tour.

La colonie vit à un rythme ralenti depuis déjà plusieurs jours. Écoles, universités, installations portuaires, administrations sont fermées ou en solidarité, ou sous la pression du mouvement de grève. La liste est longue et s’allonge encore.

Les agents EDF, le personnel hospitalier, les employés de la Caisse d’Allocation Familiale, les transports, les agriculteurs…en somme l’ensemble de la société guyanais à par les laquais les plus zélés de l’impérialisme, s’est joint à la grève.

Un collectif, nommé « Pou Lagwiyann dekolé », rassemblant la quasi-totalité des acteurs de ce mouvement de protestation, s’est fondé. Militants syndicaux, notamment de l’UTG, mais également politiques, anticolonialistes et indépendantistes. La société civile n’est pas en reste, et prend activement parti dans ce mouvement de colère. Ainsi, les « 500 frères », organisation d’autodéfense, s’est invitée dans le débat, prenant notamment à partie Ségolène Royal.

Les raisons de ce mouvement : la Guyane, bien que « département français », vit dans une situation digne d’un des Pays les Moins Avancés. Rongée par la misère, vivant d’expédiant, une partie de la population verse dans la criminalité pour tenter de survivre. Ceux et celles qui, pensant trouver un eldorado mirifique, franchissent la frontière avec le Surinam voisin, viennent s’entasser dans des quartiers ghettos crasseux. Tout cela alimente un racisme latent, savamment entretenu par un colonisateur qui redoute l’union des exploités.

La Guyane n’est pas une carte postale. La gendarmerie ne rechigne pas à faire disparaître les orpailleurs clandestins. La légion, qui protège le centre de lancement de Kourou, s’en donne à cœur joie, par ailleurs, entretenant une affluence de proxénètes et de leurs réseaux de vente de chair.

L’Etat français s’y accroche avec vigueur: ce joyau tropical est la base de lancement de l’ESA, ce qui glorifie notre coq national. Le sous-sol guyanais n’est pas avare de richesses et la terre est volée, sans ménagement, aux amérindiens, lesquels ont rejoint le mouvement. Cerise sur le gâteau, la façade maritime de la Guyane contribue à agrandir la Z.E.E., tant vantée par les chauvins.

Si nous ne connaissons pas encore bien les acteurs de ce mouvement, si certains semblent prendre des postures plus progressistes, d’autres plus réactionnaires. Un travail d’enquête est encore à mener pour discerner les différentes lignes. Cependant, nous ne pouvons que saluer la direction générale que prend ce mouvement, qui rejette fondamentalement la tutelle de la métropole.

L’ennemi, c’est l’impérialiste français. L’ennemi, l’exploiteur, celui qui vit de leur travail, qui usurpe les infrastructures que les habitants ont construit, qui exploite la forêt, le pas de tir. La France doit partir, doit être chassée !

L’élection, qui approche, n’a qu’une seule ligne sur laquelle chaque candidat est en accord : l’impérialisme français prévaut !

L’Etat français envoie ses sbires, ses agents, pour calmer le jeu, pour corrompre, pour acheter. Si cela n’est possible, il viendra détruire. Les manifestants ont refusé de reconnaître la légitimité de la délégation ministérielle.

Du FN jusqu’au tribun Mélenchon, si avisé d’épingler ses adversaires dans les débats, mais si pressé de se faire complice des impérialistes, en twittant « la Guyane, c’est la France.  » Nous ne doutons pas qu’en d’autres temps, un autre nom de colonie aurait aisément remplacé celui de la Guyane.

« Nous écoutons leurs malheurs », nous disent les sociaux impérialistes. Mais le plus grand malheur de chaque partie  du globe dominée par les impérialistes, c’est leur présence. Le plus grand coup de poignard qu’il est possible de leur infliger, c’est de faire de la possession de ces terres une chose logique, cohérente, légitime.

 

 

D’une seule voix, les peuples dominés réclament le départ des occupants.

Nous joignons nos voix aux leurs, pour leur signifier notre soutien sans faille.

Halte à l’impérialisme français ! Halte à ses agents !

Vive la lutte de libération des peuples opprimés !

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