FO-PS, la ballade des traîtres.

FO-PS, la ballade des traîtres.

 

Nous avons écrit ce communiqué à la suite des annonces de Force Ouvrière et du Parti Socialiste. Ce dernier s’étant rétracté et ayant annoncé qu’il ne serait pas présent « en tant qu’organisation » à la manifestation du 12, certains changement ont été effectués. Cependant, sous leur drapeau ou non, ces individus, ces corrompus et ces compromis n’ont pas de place dans nos rangs. Nous maintenons le fait que nous considérons qu’ils n’ont pas à défiler avec nous, qu’ils se présentent sous la bannière d’une syndicat, d’une association, ou en leur nom propre. 

Dans notre publication du 31 Aout 2017, nous fustigions l’attitude de cavalier seul de Jean-Luc Mélenchon. Elle nous paraît inconséquente et dangereuse, tandis que se rapproche de jours en jours la rentrée sociale.

Cependant, Jean-Luc Mélenchon est loin d’être seul à tremper dans le cynisme et dans l’opportunisme de bas étage.

 A sa décharge, nous pouvons même affirmer qu’il est loin d’être le lauréat de la mesquinerie. La concurrence est bel et bien rude, cette année.

La bataille débute à peine que, déjà, les lignes se dessinent. Ceux qui penchent du côté du gouvernement et qui sont prêt à se vendre pour devenir ses interlocuteurs privilégiés. Ceux qui, au contraire, vont faire mine de lutter pour engranger des soutiens, une audience, une nouvelle virginité politique.

Ainsi, nous pouvons en épingler deux acteurs majeurs, d’entrée de jeu : Force Ouvrière et le Parti Socialiste. Ironie des ironies, ce dernier, par ailleurs, fustige Jean-Luc Mélenchon pour sa politique en solo et se réclame de l’unité avec les syndicats, avec la CGT, pour ensuite revenir sur ces paroles, du fait du tollé que leur participation a déclenché. Belle leçon de virvoletage la part des plus grands traitres de l’histoire sociale.

Jean-Claude Mailly, secrétaire confédéral de FO, l’a annoncé. Les treize membres du bureau confédéral de Force Ouvrière ont voté à l’unanimité. Ils ne participeront pas à la grande manifestation du 12 septembre, appelée notamment par la CGT, SUD, Front Social et sa myriade de composantes.

Officiellement, FO ne soutient pas le projet de loi « dans son intégralité », indiquant dans une entretient au journal « Les Echos » : « Je suis sûr qu’il y a des choses sur lesquelles nous serons en désaccord fort demain. Mais nous allons peser le pour et le contre. » Au cours de ce même entretient, Jean-Claude Mailly a déclaré qu’un véritable « dialogue social » avait eu lieu. Petite nuance cependant : « Ce n’est pas une négociation juridiquement, c’est une concertation. Mais cela ressemblait beaucoup à une négociation .» Comment ne pas être soudain rassuré ?

L’argument pour baisser les armes est le suivant « L’un des objectifs [de la réforme Pénicaud] au départ – qui était la poursuite dans d’autres domaines que le temps de travail de ce qui était fait l’année dernière [dans le cadre de la Loi El Khomri] -, c’était de dire – en gros -que l’on supprime la branche sur tout une série de points, et que tout allait dans l’entreprise [pour négocier] ». « J’ai dit dès le départ que c’était exclu. Il y a donc des thèmes qui sont garantis dans les négociations au niveau des branches […]. Tout n’est pas réglé je pense, nous verrons demain. » FO annonce donc que l’un des objectifs centraux de la réforme, un des points fondamentaux, la remise en cause de la hiérarchie des normes, serait soudain abandonnée. Pour quelle raison ? Le mystère règne avec une terrible opacité. Nul doute que la réponse à la question du revirement de FO ne se trouve pas ici.

Une piste cependant. Politis sous titrait un article du 24 mai 2017 ainsi : Stéphane Lardy, chargé de l’emploi et de la formation professionnelle à FO pendant neuf ans, devient directeur adjoint du cabinet de Muriel Pénicaud. Est-il possible d’y déceler une relation de cause à effet ? Nous ne pouvons exclure cette piste de la corruption pure et simple. Une autre piste possible est que FO table sur une défaite du mouvement, sur des hémorragies terribles dans les syndicats, et qu’elle veut d’ores et déjà tirer son épingle du jeu.

FO s’est, également, fait une réputation dans le fait de marcher seule, que ce soit dans les mobilisations ou dans les manifestations du 1er mai. Ce sectarisme particulier est sa marque de fabrique, tout comme sa très large tolérance politique, aux militants d’extrême-droite comme aux individus les plus nauséabonds. Comment ne pas penser à Luc Poignant, ce policier de SGP-FO, dont les propos sur le fait que le terme de « bamboula » soit « convenable » avaient défrayés la chronique après le viol commis, par des policiers, sur la personne de Théo.

Toujours est-il que FO ne participera pas.

Probablement, certains militants, certaines sections – celle du Finistère l’a ainsi annoncé – participeront néanmoins à la lutte. La direction les laissera faire. C’est une manière de jouer sur les deux tableaux. Ainsi, FO pourra prétendre, auprès des patrons, avoir collaboré ; auprès des ouvriers, avoir résisté. Même si la moquerie accompagne ce constat : « Je ne suis pas un PDG, je suis un secrétaire général qui a un mandat. C’est toujours arrivé dans l’histoire de FO, il y a des grognards fidèles et des grognons râleurs; bon ben, il y en a qui font partie toujours des grognons râleurs, c’est leur droit d’exister » a t’il ainsi déclaré le 1 septembre.

Coluche, même, dans son sketch « Le délégué syndical » se moquait de cette propension qu’a FO à trahir sans vergogne. « Si il penche trop du côté des ouvriers, les patrons payent plus. Et puis si il penche trop du côté des patrons, ça va finir par se voir ! Vu que c’est eux qui payent. Et c’est pas le but de la manœuvre ! «  La messe est dite.

Cette position ne peut que faire écho à celle d’une autre organisation : le Parti Socialiste.

Aujourd’hui, le PS rétropédale de toute urgence, devant la levée de boucliers liée à sa volonté de participer, en tant qu’organisation, aux manifestations du 12 et du 23 septembre. Ce retour en arrière urgent s’est accompagné d’une annonce indiquant qu’en tant qu’individu, les militants participeraient. Manière de continuer leur travail en sous-marin, d’être là, de conspirer dans nos rangs, tout en se proclamant neutres.

Existe t’il donc une limite à la possibilité de se montrer cynique et méprisant ? Existe t’il un fond aux abysses de l’opportunisme ? L’attitude du PS démontre que cette question est loin d’être tranchée.

Le Parti Socialiste est une organisation efficace, quand il s’agit de sacrifier les droits des travailleurs, quand il s’agit d’œuvrer à l’écrasement des contestations, à la mise en place d’une législation liberticide, d’un état d’urgence permanent. Le PS est également un maître dans le fait de servir d’Etat-major de l’impérialisme français, comme il l’a démontré tant sous Mitterrand que sous Hollande.

Les services rendus par cet parti politique, ainsi que par son réseau d’alliés -ne les oublions pas !- PRG et EELV, sont innombrables. Innombrables pour la bourgeoisie. Ils sont allés plus loin que l’UMP/LR dans la casse sociale, ils ont appliqué le programme réactionnaire du FN quant à l’accueil des immigrés, quant à la réduction des droits sociaux, ils ont privatisé tout ce qui pouvait encore l’être. La bourgeoisie a de quoi être fier de ses laquais. Ils ont parfaitement exécuté leur tâche.

Seulement, à être un valet trop servant, on ne peut décidemment servir deux maîtres. A trop se proclamer héraut du peuple tout en étant le fer de lance de la bourgeoisie, la contorsion est devenue ingérable. Le PS s’est démasqué au vu et au su de tous comme un ennemi des travailleurs. Sa base électorale l’a lâché sans regrets, le ravalant au rang d’un parti de second ordre aux présidentielles et aux législatives.

Mais l’hydre du PS se régénère sans cesse, c’est là sa force. Elle se régénère car il peu se permettre de dire tout et n’importe quoi, étant constitué de bric et de broc, de débris divers, de fractions et de cliques.

C’est ce qui lui permet de rabattre largement. Ainsi, ses portes paroles de « gauche », comme le trotskiste Filoche, ont continué leur travail, en entretenant le mythe que le PS pourrait être, pourrait revenir du côté du peuple. Il a vociféré contre la direction du parti, bien qu’il soit partie-prenante lui même. Son petit jeu revient à faire croire que le PS est victime d’une mauvaise direction, mais que tout peu changer si on le soutient et qu’on soutient sa clique de conspirateurs. Cette position était, par ailleurs, celle de Jean-Luc Mélenchon et d’Alexis Corbière durant des années. Elle est le poumon du Parti Socialiste.

Dès lors, tout est permis, puisqu’il suffit au PS de dire « nous avons changé ! » pour espérer que toutes ses trahisons soient effacées.

Dès le lancement de la campagne présidentielle, le Parti Socialiste s’est mis en marche en prétextant qu’il serait le bouclier contre la loi travail, contre la droite de Fillon et le conglomérat de Macron. Déjà, cette ligne nous avait paru le comble du ridicule. Les affiches « avec LR les français vont prendre cher » ne pouvait que faire rire aux éclats ceux dont les yeux étaient rougis de lacrymogènes.

Mais voilà que le PS réussit à faire plus fort ! Il se proclame, aujourd’hui, prêt à rentrer dans la lutte contre sa propre œuvre, prêt à marcher dans la rue, au côté des syndicats et des organisations qu’il a contribué à broyer cinq années durant.

Accepter de marcher aux côtés des Myriam El-Khomri ? De François Hollande ? Hors de question.

Déjà nous entendons les suppliques de ceux qui osaient déployer le drapeau à la rose : « nous étions du côté des frondeurs, tout du long. », « nous étions dans telle tendance, dans telle fraction, opposée -évidemment- à la politique du gouvernement. » « Nous étions hamonistes, filochiens ou autre. »

Lorsqu’on marche sous le drapeau d’un parti, on peut avoir certains désaccords, mais on assume le bilan de ce parti. On assume ses actes, la direction qu’il prend. Sinon, il faut le quitter. Songeons que ces individus n’ont pas jugé que les actes, devrions nous dire les crimes, de leur parti soient suffisamment répugnants pour justifier de jeter au feu leur drapeau.

Déjà nous entendons ceux qui se réjouissent de voir le PS reprendre le bon chemin, qui se ruent pour leur baiser les pieds et se pelotonner contre eux. Tout ceux et celles qui ne voient pas la rupture avec la social-démocratie comme un pas en avant, mais qui ne rêvent que de la ramener au centre, d’en faire le point central de la lutte, pour se terrer dans son ombre et dévorer les miettes qu’il laissera tomber.

Ceux là, qui sont compromis avec le PS et la bourgeoisie, en valent pas mieux. Ils ne sont que les valets des valets. Les laquais des laquais. Pourtant, ils sont nombreux dans nos rangs. Nombreux à faire appel à la social-démocratie, à l’Etat, aux institutions, à la police et à la préfecture. Nombreux à briser l’indépendance de classe.

Il n’existe pas de place pour l’opportunisme dans les rangs de la lutte. Pas de place pour les mercantis pourris du PS, pour ces laquais et ces serviteurs.

Le PS mérite d’être chassé d’être expulsé des manifestations, des rassemblements, des assemblées militantes. Il mérite d’être pourchassé jusqu’à ce qu’il disparaisse.

Nous ne marcherons pas avec les ennemis d’hier, qui sont les traitres d’aujourd’hui. Nous sommes pour l’unité la plus large, mais sur des bases minimales qui ne se négocient pas. Nous ne servirons pas la soupe aux traitres et aux opportunistes, au contraire, nous n’aurons de cesse de les dénoncer et de les attaquer publiquement.

Nous ne sommes pas les marchepieds des carrières, des élections, des postes des uns ou des autres !

FO – hors de nos usines !

PS – affichés ou non – hors de nos luttes !

Pas de place pour les opportunistes et les traitres !

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