Présidentielles en Bulgarie et en Moldavie: L’orbite russe s’agrandit-elle ?

Le 13 novembre dernier se sont tenues simultanément les élections présidentielles moldaves et bulgares. Ces élections ont vu dans les deux pays la victoire de deux candidats pro-russe, Igor Dodon en Moldavie, et Roumen Radev en Bulgarie.

Le premier, Igor Dodon, anciennement membre du parti communiste de la république de Moldavie, et ministre de l'économie de 2006 à 2009, aujourd'hui membre du parti socialiste, a été élu sur la base d'un programme comprenant l'adhésion de la Moldavie à l'accord de libre échange Russie-Biélorussie-Kazakhstan, la dénonciation et la renégociation de l'accord d'association entre la Moldavie et l'Union Européenne et une transformation de la république en fédération. Ceci ayant de quoi séduire le Kremlin, puisque cela reviendrait à reconnaître le statut autonome de la Transnistrie, micro-état niché dans une vallée majoritairement peuplée de russes, en conflit avec Chisinau depuis la chute de l'URSS. Une Moldavie pro-Russe complique également la tâche d'une Ukraine toujours en guerre larvée avec les séparatistes.
 

Le second a un profil plus obscur. Général de l'armée de l'air bulgare, indépendant soutenu par le parti socialiste bulgare, il souhaite un rapprochement similaire avec Moscou, sans remettre pour l'instant en question l'appartenance de la Bulgarie à l'UE et l'OTAN.

A l'heure actuelle, il est difficile de prévoir comment cette élection se traduira concrètement pour ces deux pays. Cependant, cette oscillation entre Ouest et Est forme une tendance grandissante dans les pays d'Europe de l'est.

En Hongrie, le régime fascisant de Viktor Orban, tout en maintenant le pays dans l'UE, assume clairement sa sympathie pour Moscou.

En Serbie, où l'autorité du premier ministre Aleksandar Vucic ne cesse de croître, le discours balance entre le rapprochement avec l'UE, et l'amitié russo-serbe.

Ces oscillations se sont également étendus au Monténégro et auxquelles nous avons déjà consacré une brève.

Déception vis à vis d'une adhésion à l'UE et l'OTAN, vue comme une entrée dans un Eldorado, mais finalement marché de dupe ? Nostalgie issues du pacte de Varsovie et du COMECON ? Realpolitik liée à l'affaiblissement Européen et Américain ? Le diagnostic est loin d'être terminé.

Ce qui est certain en revanche, c'est qu'entre une Amérique de Trump qui révèle un sentiment isolationniste dans l'opinion publique US et une Russie de Poutine montrant de plus en plus qu'elle semble avoir les moyens de sa politique d'affirmation, l'Europe, et notamment l'Europe de l'est, risque de redevenir un champs de bataille pour les impérialismes. Les tensions s'accumulent, et il est inéluctable que l'état actuel des choses, que les cartes que possèdent les impérialistes seront repartagées par la guerre.

Ces pays, vulnérabilisés par le politique de "division internationale socialiste du travail" de Khrouchtchev, cheval de Troie du social-impérialisme soviétique, transformés en satellites économiques, pillés  par la thérapie de choc vers le capitalisme, sont les réserves de mains d’œuvre peu coûteuse pour les entreprises occidentales et sont des cibles pour qui veut étendre son aire d'influence. Elles sont des test de la capacité de réaction d'une Europe toujours sonnée par le Brexit.

Dirigés par des cliques d'oligarques voraces, ces Etats sont mis devant un choix: une UE qui n'est qu'une alliance temporaire et fortuite de puissances capitalistes -France et Allemagne en tête- ou  une Russie se drapant dans une robe rouge qui cache bien mal sa nature toute aussi rapace et sournoise.

Dans les deux cas, les peuples d'Europe de l'Est feront les frais de l'impérialisme de l'un ou de l'autre. Il n'est ni salut dans l'UE, ni dans le pacte de Shanghaï.

L'impérialisme, c'est la réaction sur toute la ligne ! Il n'existe nullement une chose appelée "bon impérialisme."

Notre camp, c'est celui du peuple, celui des travailleurs, et des exploités. Nous rejetons la logique Atlantiste voyant Satan dans la Russie, tout comme celle -inverse- des discrets amoureux de Poutine, qui se voient déjà dans une alliance eurasienne contre le Démon américain.

 

Seul le front uni des masses laborieuses et la lutte contre l'impérialisme est gage d'indépendance. En Bulgarie, en Moldavie, dans les Balkans, en France et dans le Monde, un camp, celui du peuple !

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