Communiqué de l’Unité Communiste de Lyon concernant la nasse du 7 octobre 2017.

Communiqué de l’Unité Communiste de Lyon concernant la nasse du 7 octobre 2017.

L’Etat réprime de nouveau les antifascistes.

Aujourd’hui, les fascistes avaient prévu de défiler. L’extrême-droite lyonnaise avait ainsi voulu lancer une manifestation sous des slogans typiques de leur chapelle : « fin de la préférence étrangère ; rupture avec l’Union Européenne ; fermeture des frontières. « 

Après avoir tenté d’instrumentaliser la misère, l’an dernier, en prétendant aider les plus démunis -à condition qu’ils soient de la bonne race, les fascistes tentent de nouveau de faire parler d’eux.

Le climat politique et militant ne leur sied guère, il faut dire. Il leur est difficile d’argumenter sur la Loi Travail. Niant la lutte des classes, étant foncièrement des ennemis des intérêts des masses populaires, il ne leur reste qu’a agir en vautours et à trouver quelques charognes à ronger. Lorsqu’ils réussissent à faire parler de leur mouvement, c’est en commettant agressions et bris de vitre dans le quartier de Saint-Jean. Chaque époque à ses croisés, la nôtre les connaît pétris de courage et d’ambition, comme à Nantes, ou 5 fascistes, certains descendant de la noblesse, sont jugés pour avoir attaqué un couple.

Pour revenir sur le devant de la scène, les fascistes avaient ainsi prévu d’occuper l’espace public depuis place Carnot.

La préfecture les en a interdit pour cause de risque de trouble de l’ordre public.

Jusqu’ici, rien de novateur. Les fascistes déposent une manifestation qui n’a aucune chance d’être acceptée, la préfecture refuse, ils crient au complot franc-maçon ou judéo-bolchevique, selon le goût du jour. Bien souvent, ils tentent un coup de force, en comptant sur la tolérance de la part des forces de l’ordre, de la mairie, de la justice.

De notre côté, sous l’impulsion du Groupe Antifasciste de Lyon et Environs, un contre-rassemblement a été lancé. Ce contre rassemblement avait tant à la fois pour but de contrer la mobilisation fasciste et, de l’autre, de poursuivre une campagne d’information sur l’existence et le contenu politique de ces groupes, tout comme d’éclairer sur l’attitude de la bourgeoisie et des institutions.

Ce rassemblement fut, lui aussi, interdit pour les mêmes raisons. Le rassemblement s’est néanmoins tenu.

Il a été accompagné d’une diffusion de tract, bien accueillie par ceux qui les recevaient. Après une demi heure, la police l’a néanmoins nassé, sans qu’aucune provocation de la part des rassemblés ait lieu. Après l’avoir encerclé, il fut déporté à l’intérieur de la rue Victor Hugo, restant ainsi cloitrés pendant une heure et demi.

Ceux qui ne furent pas encerclés ont, logiquement, exigé que leurs camarades soient libérés. Quelle réponse ont-ils, ont-elles eues ? Une charge et des gaz.

Une libération fut faire, au compte-goutte, avec fichage et fouille. A noter qu’une dame âgée, ayant eu l’outrecuidance de refuser qu’une policière la tutoie, fut plaquée contre un mur et violentée. Il semble que cela soit une représentation fidèle de l’application du code de déontologie.

Trois arrestations ont été faites par la police, mais les charges sont -à l’heure actuelle- inconnues.

Voilà ce qu’il en coûte de vouloir braver un interdit.

Certains diront que cela découle d’une logique certaine : la suppression de l’un entrainant mécaniquement celui de l’autre. Mais cette logique revient à placer sur un pied d’égalité le fascisme et l’antifascisme, de considérer l’un et l’autre comme les facettes d’une seule pièce.

Nous considérons que le mouvement antifasciste n’est pas au stricto sensu une simple réponse aux fascistes, ce mouvement va plus loin. Il fait parti du front de défense et d’autodéfense des masses populaires, contribue à la lutte contre l’exploitation, contre l’atomisation, contre l’isolement, pour une culture populaire et combative.

En revanche, la mairie, la préfecture et les institutions voient les choses d’une manière tout autre.

Ce qui les embête, ce qui les gênent, ce sont les troubles que pourraient provoquer les petits agitateurs à la croix de bois ou aux bords plus crochus. Au final, ce qui leur importe c’est que Lyon soit une ville proprette, commerçante, touristique. Ce qui leur importe c’est que l’argent coule à flot.

C’est pour cela que lorsque Macron vient, ils intiment au migrants l’ordre de cacher leurs tentes. C’est pour cela que lorsque les fascistes défilent, ils leur demandent de ranger leurs swastikas et leurs blasons de la SS Charlemagne. C’est pour cela que quant les antifas s’opposent, ils les nassent et les gazent. Cela fait mauvais genre, dans la rue commerçante qu’est Victor Hugo, de voir les drapeaux rouge, rouges et noirs ou noirs flotter.

Dans le fond, leur préférence va aux petits agités du Vieux-Lyon, après tout, ils ne réclament que la stagnation et le retour en arrière. L’un comme l’autre convient parfaitement à une bourgeoisie qui rêve de retourner à l’âge d’or ou crier « droits sociaux » permettait de visiter de l’intérieur le bagne de Cayenne. Ne partagent t-ils pas un même amour du commerce international ? Les uns vendant des armes aux terroristes de l’Etat Islamique -tout en étant des indics de police- les autre finançant directement Daesh contre une sécurité pour exploiter le sous-sol syrien.

Après tout, le fascisme est l’enfant de la bourgeoisie, son rejeton de temps de crise. Le fascisme est le monstre difforme, nourri et couvé, que la bourgeoisie garde en réserve pour le lancer sur les masses, lorsqu’elle se rebellent trop.

Quant aux antifascistes, dans leur grande variété, ils ont ce grave défaut de vouloir que le monde change, de vouloir le transformer. Donc, ils sont par essence des ennemis de cet ordre public, bourgeois, exploiteur, putréfié.

Pour ne pas être gênés et nuire au bon plaisir des passants, la police encercle, gaze, frappe. En amont, elle avait déjà menacé directement certains militants et certaines militantes quelque peu dérangeants, en exigeant de leur hiérarchie professionnelle qu’elle transmette un ordre de convocation au commissariat. Une méthode scandaleuse.

Après tout, l’Etat d’urgence inscrit dans le droit commun, avec tout les traitements préventifs des « risques », n’est-ce-pas le fantasme nocturne de tout fasciste ?

L’Unité Communiste de Lyon déclare sa solidarité envers le mouvement antifasciste. La répression sans cesse croissante contre les mouvements sociaux, politiques, antifascistes illustre l’aggravation de la situation sociale. La politique de kamikaze de Macron emmène inéluctablement à ce que la situation se détériore encore, servant, en cela, de terreau aux réactionnaires les plus répugnants. Cette détérioration ne pourra pas connaître de fin par elle seule.

Le coup d’arrêt ne peut venir que des forces progressistes et révolutionnaires.

Elles doivent serrer les rangs, faire front ensemble pour stopper la déferlante.

C’est ainsi que les attaques pourront être stoppées.

Mais la fin du règne d’exploitation et de crime de la bourgeoisie ne pourra s’achever qu’au travers de la bataille suprême que représente la révolution prolétarienne. Elle seule pourra mettre fin à cette nuit sinistre de misère, de guerre, de souffrance.

Elle seule pourra enterrer définitivement ce valet du capitalisme qu’est le fascisme.

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